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Marché : Une batterie de mesures annoncée pour faire baisser le déficit

Une batterie de mesures annoncée pour faire baisser le déficitUne batterie de mesures annoncée pour faire baisser le déficit

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a annoncé mercredi 12 milliards d'euros d'économies et de recettes supplémentaires pour 2011 et 2012 afin de tenir son objectif de réduction du déficit public malgré le ralentissement économique.

Une contribution exceptionnelle des contribuables les plus riches a été annoncée, d'une forte portée politique à huit mois de l'élection présidentielle, mais d'un rendement limité à 200 millions d'euros en 2012, soit moins de 2% du total des mesures annoncées. Elle sera toutefois complétée par une hausse des prélèvements sur les revenus du capital.

Les entreprises, notamment les plus grandes, seront mises à contribution à hauteur de plusieurs milliards d'euros sur 2011 et 2012 et les heures supplémentaires seront partiellement soumises aux cotisations patronales, une remise en cause d'une réforme clé introduite par Nicolas Sarkozy en 2007.

Le Premier ministre François Fillon a parallèlement annoncé l'abaissement des prévisions de croissance gouvernementales à 1,75% pour 2011 et 2012, au lieu de respectivement 2% et 2,25%, des prévisions qui étaient devenues supérieures à celles de nombreux économistes en raison du ralentissement constaté dans toutes les grandes économies mondiales.

"Le réalisme nous conduit à ajuster les hypothèses de croissance", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Pour 2012, la prudence est encore davantage de rigueur."

Les nouvelles mesures doivent rapporter un milliard d'euros en 2011 et 11 milliards en 2012. Une annulation de crédits de 500 millions d'euros en 2011 a également été annoncée pour compenser des dépenses exceptionnelles déjà engagées.

CONSERVER LA CONFIANCE DES MARCHÉS

Le Premier ministre a durci l'objectif de déficit public pour la fin 2012 à 4,5% du PIB au lieu de 4,6% auparavant et confirmé le déficit de 5,7% prévu pour 2011. La France s'est engagée à ensuite ramener le déficit à 3% en 2013 et 2% en 2014.

L'opposition a unanimement dénoncé ce qu'elle qualifie de politique d'austérité au détriment des plus faibles.

"Ce soir, la France plonge officiellement dans l'austérité", a déclaré Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, lors d'un point de presse. "Le seuil de tolérance des Français à la provocation et au cynisme est franchi".

Eva Joly, candidate écologiste à l'élection présidentielle, a estimé que les plus riches étaient à peine touchés.

"La remise en cause du 'travailler plus pour gagner plus' ou la taxation des revenus extravagants sont cosmétiques, mais elles confirment la défaite de l'idéologie du candidat Sarkozy", a-t-elle estimé dans un communiqué.

François Fillon a expliqué que la contribution "exceptionnelle" de 3% sur les plus hauts revenus (revenu fiscal de 500.000 euros et plus) resterait en vigueur jusqu'à ce que le déficit soit ramené à 3% du produit intérieur brut, soit fin 2013 selon les engagements français.

Il a annoncé une nouvelle étape de réduction des niches fiscales, une hausse des taxes sur le tabac, les alcools forts et les sodas.

Pour l'année 2011, la limitation du report des déficits des entreprises sur leur impôt doit rapporter 500 millions d'euros et une hausse de 1,2% des prélèvements sociaux sur les revenus du capital 200 millions.

CONFIANCE DANS LA NOTATION

La suppression d'un abattement dérogatoire sur les plus-values immobilières doit rapporter 200 millions cette année et la suppression d'une exonération de taxe sur des conventions d'assurance 100 millions d'euros.

La hausse de 6% des prix du tabac doit elle rapporter 100 millions dès cette année.

Ces mesures doivent permettre à la France de tenir ses objectifs de réduction du déficit, un levier important de la confiance accordée au pays par les prêteurs qui lui permettent de financer ses déficits et de refinancer sa dette.

"La confiance dont jouit notre dette, qui détient la notation la plus élevée, confirme la pertinence de notre stratégie et de nos choix", a dit François Fillon.

"Cette confiance est un bien précieux: c'est un bien précieux pour notre indépendance, c'est donc un bien qu'il convient de préserver", a-t-il ajouté.

Après l'abaissement de la note souveraine des Etats-Unis par Standard and Poor's, les trois principales agences de notation ont confirmé la note "triple A", la meilleure, dont bénéficie la France et qui lui permet d'emprunter à un coût avantageux.

"La réduction des déficits, j'ai déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, c'est un objectif intangible", a poursuivi François Fillon. "C'est une obligation économique mais c'est aussi une obligation sociale parce que notre pays ne peut pas vivre éternellement au-dessus de ses moyens, au risque de briser son pacte républicain."

Jean-Baptiste Vey et Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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