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Marché : Une banque d'asie aurait coupé son crédit aux banques françaises

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par Rachel Armstrong et Saeed Azhar

SINGAPOUR (Reuters) - Une banque en Asie a coupé ses lignes de crédit aux grandes banques françaises et cinq autres banques asiatiques sont en train de revoir leurs crédits, ont indiqué jeudi à Reuters six sources bancaires.

La hausse soudaine du sentiment de risque, associée à la chute brutale des cours des banques françaises mercredi, ont incité certaines banques en Asie à réexaminer leurs risques de contrepartie et à regarder si elles devaient réduire leur exposition aux établissements bancaires européens, ont expliqué ces sources, de six banques asiatiques.

Des rumeurs mercredi sur le "triple A" de la France, démenties par les agences de notation, ont contribué à provoquer le plus grand écartement de l'indice européen des dérivés de crédit (CDS, credit default swap) depuis la crise financière de 2008.

Le responsable de la gestion des risques au sein d'une banque basée à Singapour a expliqué avoir coupé ses lignes de crédit aux grandes banques françaises en raison de risques perçus de contrepartie.

"Nous avons coupé. Les limites ont été retirées du système. Il faut obtenir des autorisations pour chaque cas (de crédit, NDLR)", a-t-il expliqué, refusant d'être nommé en raison de la sensibilité du sujet.

Il s'est refusé à nommer les banques concernées.

Des banquiers et des responsables du risque au sein de cinq institutions financières asiatiques, qui poursuivent leurs activités de prêts aux banques françaises, ont indiqué qu'ils passaient en revue les lignes de crédit long terme sur tous les types de transactions, tandis que les opérations de prêts à court terme allant jusqu'à 30 jours étaient toujours en place.

"Il est évident que nous réexaminons (les crédits, NDLR)", a dit le responsable des risques d'une banque à Singapour.

"Tout est en rapport avec notre position sur le risque crédit des banques françaises qu'il s'agisse d'un swap ou d'une transaction de crédit interbancaire", a expliqué un autre banquier au sein d'une banque japonaise.

LES BANQUES FRANÇAISES NE COMMENTENT PAS

Interrogée sur ce changement de perception des banques asiatiques vis-à-vis des banques françaises, une porte-parole de BNP Paribas a répondu: "Nous ne commentons jamais les rumeurs de marché."

Le Crédit agricole n'a pas non plus souhaité faire de commentaire, tandis qu'aucun commentaire n'était disponible dans l'immédiat auprès de la Société générale.

"Les niveaux de capital (des banques françaises, NDLR) sont adéquats et les programmes de refinancement à moyen et long terme sont réalisés dans des conditions tout à fait satisfaisantes", a réagi de son côté Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, qui contrôle les banques.

L'ensemble des valeurs bancaires européennes ont été attaquées mercredi, en particulier les françaises et les italiennes, plombées par les rumeurs sur le "triple A" français et par un regain des craintes d'extension de la crise de la dette à l'Italie et des spéculations sur le plan d'aide grec.

L'action SocGen a dévissé en raison de rumeurs sur sa solidité financière et sur des problèmes de refinancement, démenties par la banque.

Plusieurs traders et banquiers en Asie ont indiqué qu'ils étaient très prudents dans leurs nouvelles opérations de trading.

"Elles sont passées sous surveillance en fin de semaine dernière chez nous. Nous ne pouvons pas prendre plus de risques de contrepartie sur les banques françaises", a expliqué un trader d'une institution financière à Singapour.

Ces restrictions, mises en place vendredi, ont limité les opérations de trading sur les classes d'actifs financiers qui entraîneraient une augmentation de l'exposition de cette institution aux banques françaises, a ajouté le trader.

Un responsable des affaires réglementaires au sein d'une banque européenne basée à Singapour a de son côté souligné que les banques étaient désormais beaucoup réactives aux changements de perspectives de risques que lors de la crise de 2008.

Matthieu Protard pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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