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Marché : Un économiste du fmi fustige les dirigeants de l'institution

Un économiste du fmi fustige les dirigeants de l'institutionUn économiste du fmi fustige les dirigeants de l'institution

par Lesley Wroughton

WASHINGTON (Reuters) - Un économiste du Fonds monétaire international (FMI) a accusé le bailleur de fonds d'avoir occulté des informations concernant la crise financière mondiale et la crise de la dette en zone euro.

Dans une lettre de démission datée du 18 juin, envoyée au conseil du FMI et à des cadres dirigeants de l'organisation, Peter Doyle estime que l'incapacité du Fonds à sonner l'alerte à temps sur les crises de 2007-2008 et de l'euro représente une "défaillance de premier ordre" et que ce type de comportement tend à s'ancrer plus profondément dans le fonctionnement du FMI.

Sa lettre, dont Reuters a consulté une copie, met en lumière les tensions internes qui couvent autour de la crédibilité du Fonds.

Des employés de l'institution, qui ont demandé à ne pas être identifiés, ont précisé à Reuters qu'ils sont nombreux à penser que le FMI a accordé des prêts à l'Europe sans respecter le même degré d'indépendance que dans d'autres dossiers, notamment pour le sauvetage des économies des pays émergents.

Peter Doyle, chef de la division pour la Suède, le Danemark et Israël au sein du département européen du FMI au moment de sa démission, reproche aussi à la direction du Fonds d'être "corrompue" par son processus de sélection qui garantit la nomination d'un Européen à la tête de l'organisation.

Il estime que le FMI a toujours eu un temps de retard dans les dernières tentatives pour sauver la zone euro. Le FMI fait partie de la "troïka" des trois prêteurs internationaux, qui comprend également la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE), engagée dans la mise en place des plans de sauvetage de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal.

DES NOMINATIONS "DÉSASTREUSES"

Peter Doyle, qui a travaillé pour le FMI pendant 20 ans, juge aussi que les nominations des dirigeants du Fonds au cours des dix dernières années ont été "désastreuses".

"Même la directrice en exercice est biaisée, ni son sexe, ni son intégrité, ni son élan ne pouvant compenser l'absence fondamentale de légitimité du processus de sélection", écrit l'économiste concernant la nomination de Christine Lagarde, première femme à prendre la tête du FMI, l'an dernier.

Le FMI a déjà reconnu dans le passé un certain nombre des manquements mis en avant par Peter Doyle, notamment dans des rapports de 2009 et 2011 qui avaient reconnu que le Fonds n'avait pas su dégager correctement les racines de la crise financière et n'avait pas été assez loin dans ses avertissements aux dirigeants politiques concernant la crise en cours.

"Les remarques de Peter (Doyle) sont clairement exposées dans des rapports publics, notamment des rapports publiés par le Bureau d'évaluation indépendante, via la revue de surveillance triennale, ainsi que dans de nombreux communiqués du directeur général, y compris sur les conclusions de ces différents rapports", a répondu le porte-parole du FMI William Murray.

"Nous n'avons aucune preuve que ses positions aient été occultées, ni (qu')aucune position n'ait été occultée."

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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