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Marché : Un abaissement de la note des états-unis pourrait être indolore

Un abaissement de la note des états-unis pourrait être indoloreUn abaissement de la note des états-unis pourrait être indolore

par Ellen Freilich

NEW YORK (Reuters) - Les États-Unis pourraient perdre leur note de crédit triple "A" auprès d'une agence de notation au moins cette année, mais, au bout du compte, ceci pourrait finalement s'avérer être un non-événement.

Aussi étrange que cela puisse paraître, une dégradation de la note américaine pourrait presque passer inaperçue dans les salles de marchés alors qu'un tel abaissement n'a cessé d'être présenté comme un cataclysme par des responsables politiques et monétaires au cours des derniers mois.

Après tout, pendant que le débat faisait rage à Washington autour d'un relèvement du plafond de la dette permettant d'éviter un défaut de paiement, les marchés ont eu tout le temps nécessaire pour prendre en compte les tergiversations de Standard & Poor's, Moody's et Fitch sur un possible abaissement de la note américaine.

"Les intervenants du marché disposent des mêmes informations que les agences de notation", rappelle Michael Moran, chef économiste chez Daiwa Securities America à New York.

N'ayant évidemment aucun mandat électif, deux agences de notation ont décrété que 4.000 milliards de dollars de mesures de réduction du déficit étaient nécessaires pour qu'elles confirment la note triple "A" des États-Unis.

Les parlementaires américains, qui eux doivent répondre des électeurs, se sont mis d'accord sur moins de 2.500 milliards d'économies budgétaires, dont seulement une partie sera immédiatement mise en oeuvre.

Cela signifie que S&P pourrait abaisser la note des États-Unis dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Moody's, quant à elle, confirmera sans doute sa notation, tout en y accolant une perspective négative, ce qui signalerait une possible dégradation dans les prochains 12 à 18 mois.

L'ÉCONOMIE DU PAYS INQUIÈTE PLUS QUE SES DÉFICITS

Et pourtant, l'histoire nous apprend qu'une dégradation ne susciterait sur le marché obligataire aucun des remous que certains redoutent tant. Le Japon a perdu son triple "A" il y a plus d'une décennie et bénéficie toujours des taux d'intérêt les plus faibles des économies développées.

Comme cela fut le cas pour le Japon, le problème majeur pour les marchés est surtout la faiblesse de l'économie américaine, qui pourrait ralentir davantage en réaction aux réductions de dépenses décidées en contrepartie du relèvement du plafond de la dette.

Cette rigueur budgétaire pourrait restreindre la consommation, les créations d'emploi et l'inflation.

Pour les investisseurs, la situation des États-Unis n'a rien à voir avec celle de pays en crise comme la Grèce. Aussi endetté soit-il, le pays est toujours en mesure de payer ses factures, tandis que les obligations du Trésor américain bénéficient toujours d'une demande et d'une liquidité solides.

Le marché obligataire est l'arbitre ultime des inquiétudes entourant les dettes souveraines. Or la faiblesse actuelle des rendements des Treasuries ne traduit aucunement l'anxiété qui avait fait flamber les coûts d'emprunt de la Grèce au plus fort de sa crise budgétaire.

Les rendements de l'emprunt américain de référence à dix ans atteignent actuellement 2,74%, soit seulement 0,7 point de pourcentage au-dessus de leur plus bas historique.

Mais une dégradation par Standard & Poor's de la note américaine de "AAA" vers "AA+" reste actuellement la préoccupation majeure des marchés, rappellent les analystes.

Alors que les obligations américaines s'en sont bien sorties, les marchés d'actions et le dollar ont pâti de l'impasse budgétaire à Washington, en passe d'être résolue.

L'administration Obama se montre de son côté de plus en plus agacée par les avertissements de Standard & Poor's, accusant l'agence de notation de changer ses règles de crédit en cours de jeu.

Depuis le mois d'octobre, S&P a en effet rapproché par trois fois sa date butoir pour un abaissement de la note de crédit américaine.

"Vu les commentaires qu'a fait Standard & Poor's jusqu'à présent (...) il est très probable qu'on assiste à une dégradation", estime Oliver Pursche, président de Gary Goldberg Financial Services, près de New York.

Mais une dégradation clairement communiquée aurait bien moins d'importance que les données signalant une économie américaine quasi atone, comme le ralentissement inattendu de l'activité manufacturière en juillet à son rythme le plus faible en deux ans annoncé lundi.

En conséquence, une dégradation de la note des États-Unis n'entraînerait pas une flambée de leurs coûts d'emprunt. L'effet domino se limiterait à d'autres taux d'intérêt, comme ceux sur les prêts immobiliers.

David Rosenberg, chef économiste chez Gluskin Sheff, estime que les réductions de dépenses fédérales pourraient mener le pays vers "une très profonde récession".

Dans ce contexte, qu'ils soient notés AAA ou AA+,"on verra beaucoup de gens prêts à acheter des Treasuries parce que c'est ce qu'on voudra détenir quand on connaîtra un taux de croissance négative", ajoute-t-il.

Natalie Huet pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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