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Marché : Ubs ouvre une enquête interne, ses dirigeants sur la sellette

Ubs ouvre une enquête interne, ses dirigeants sur la selletteUbs ouvre une enquête interne, ses dirigeants sur la sellette

par Catherine Bosley et Emma Thomasson

ZURICH (Reuters) - UBS a ouvert une enquête interne sur la défaillance de son système de contrôle des risques et ses dirigeants sont sous pression après une perte de 2,3 milliards de dollars (1,67 milliard d'euros) due à des transactions non autorisées d'un trader indélicat.

Le conseil d'administration de la banque suisse a constitué un comité présidé par David Sidwell, administrateur indépendant et ex-directeur financier de Morgan Stanley, afin de conduire une enquête indépendante sur les opérations frauduleuses et les systèmes de contrôle.

"Les attentes à l'extérieur de la banque sont que la durée de cette enquête se compte en semaine et non en mois", a déclaré à Reuters une source interne à la banque.

"Une coordination avec les régulateurs sera assurée sur leur propre enquête."

UBS a consterné les marchés jeudi en annonçant que des transactions non autorisées lui avaient coûté environ 2 milliards de dollars, un chiffre relevé dimanche à 2,3 milliards. Un trader de la banque, Kweku Adoboli, 31 ans, a été inculpé vendredi à Londres de fraude et de manipulations comptables remontant à 2008.

Le directeur général d'UBS Oswald Grübel, qui avait été tiré de sa retraite en 2009 pour redresser la banque, a dit que la fraude aurait des conséquences sur la stratégie du groupe et aussi pour lui-même.

UBS a précisé que le trader incriminé avait caché "des transactions spéculatives non autorisées sur divers 'futures' (contrats à terme, NDLR) sur les indices S&P-500, Dax et Eurostoxx au cours des trois derniers mois" en créant des positions de couverture fictives au sein des systèmes internes de la banque.

Aucun autre membre du desk mondial sur les actions synthétiques d'UBS auquel appartenait Adoboli n'est impliqué dans la fraude, a indiqué la source interne.

Ce desk continue de fonctionner mais ses membres interrompront leurs opérations lorsqu'ils devront répondre à des questions dans le cadre de l'enquête, a précisé la source.

"RESSENTIMENT CHEZ LES CLIENTS"

Cette fraude est catastrophique pour la réputation d'une banque qui commençait tout juste à se remettre non seulement de la crise financière qui avait nécessité son renflouement par l'Etat mais aussi de sa mise en cause par les Etats-Unis, qui lui ont reproché d'avoir faciliter l'évasion fiscale de riches Américains.

"L'explication donnée par UBS sur la fraude subie est similaire à celle évoquée sur les marchés dès vendredi mais elle n'en demeure pas moins aussi choquante une fois révélée au grand jour", a estimé Peter Thorne, analyste chez Helvea.

L'action UBS était quasi stable à 10,26 francs suisse à 12h40 GMT.

Cette nouvelle crise a suscité des appels à la démission des cadres dirigeants de la banque et à une scission de ses activités de banque d'investissement afin de les isoler de ses activité de banque privée, une option que les parlementaires suisses devraient soutenir dans le cadre de leur débat, ce lundi, sur un durcissement de la réglementation financière.

"Les salariés de la banque privée sont écoeurés", a déclaré un gérant de portefeuille dont la société de gestion détient des titres UBS. "De plus, cela génère beaucoup de ressentiment chez leurs clients. Donc en interne, il y aura des pressions pour un redimensionnement de la banque d'investissement."

UBS pourrait accélérer une restructuration dont la présentation était prévue le 17 novembre, même si plusieurs de ses principaux actionnaires ont fait savoir qu'ils pouvaient attendre jusqu'à cette échéance, le temps que la banque termine son investigation interne, a dit la source.

Alors que les détails filtrent peu à peu sur la fraude, les marchés n'excluent plus une sortie d'Oswald Grübel.

Si le scandale ébranle aussi Carsten Kengeter, directeur la banque d'investissement depuis la fin avril 2009 avant d'en devenir président en novembre 2010 et plus haut salaire du groupe, il n'épargne pas non plus Maureen Miskovic, directrice de la gestion des risques à UBS depuis le début de l'année.

Avec Pascal Schmuck, Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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