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Marché : tout se décidera dans les prochaines semaines”

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(CercleFinance.com) - Benjamin Melman, directeur du pôle Performance absolue d'Edmond de Rothschild Investments Managers et gérant des fonds Quadrim, a développé ce matin à Paris son point de vue sur les perspectives de l'économie mondiale. L'incertitude reste évidemment le maître-mot, mais les facteurs négatifs ne sont pas pour autant seuls en lice. Et la crise souveraine de la zone euro devrait connaître des développements décisifs dans les semaines qui viennent.

Du côté de l'Europe, le gérant insiste sur le caractère éminemment politique de la crise souveraine, dont le coût augmente d'ailleurs à mesure que le temps passe. M. Melman est aussi revenu sur le plan EURECA présenté le 26 septembre par le cabinet Roland Berger, basé à Münich, et visant à trouver une solution durable au problème grec. Schématiquement, l'idée serait de cantonner 125 milliards de dollars d'actifs détenus par l'Etat hellène dans une structure ad hoc, et de vendre le tout à l'Union européenne à ce prix (125 milliards d'euros). L'Etat grec disposerait alors de fonds pour acheter ses obligations à la BCE et au FESF. Cela pourrait permettre de réduire le taux de dette publique / PIB national de 145% à 88% et libérerait donc le pays d'un poids, tout en limitant la mise de fonds des autres intervenants et de la BCE. Athènes pourrait ensuite racheter ces actifs d'ici 2025.

Le gérant juge ce plan “très convaincant” et estime qu'il donnerait à la Grèce le temps dont elle manque cruellement, bien qu'il ait peu été commenté dans les médias. En outre, ce schéma pourrait disposer de la faveur de Berlin, Roland Berger étant l'un des cabinets de consultants qui avait participé à la privatisation des actifs d'ex-Allemagne de l'Est via l'organisme Treuhandanstalt.

“Tout se décidera dans les prochaines semaines”, pronostique-t-il quant à la crise souveraine européenne. En attendant, déclarations officielles contradictoires et rumeurs devraient aller bon train. Une forte volatilité devrait donc continuer d'être de mise sur les marchés.

Aux Etats-Unis, “le couple rendement/risque est meilleur”, les banques ayant réduit leur bilan sensiblement et le marché immobilier étant redevenu attractif, ce qui n'est pas le cas en Europe. Les points négatifs ne manquent certes pas : le chômage demeure élevé, les salaires sont sous pression et un resserrement budgétaire se profile. Riches de cash, les entreprises peinent à relancer leurs investissements, alors qu'un dispositif fiscal d'aide à ce sujet touche à sa fin. Bref, si Edmond de Rothschild IM n'identifie pas de facteur majeur de risque sur la conjoncture US, il ne distingue pas non plus de catalyseur.

Restent les pays émergents, qui ont toujours les faveurs du gérant. Si des problèmes de bulles immobilières et de créances douteuses pèsent sur certains secteurs bancaires, notamment en Chine, les pays d'Asie disposent des moyens de les régler. D'ailleurs, le taux de dette / PIB moyen des pays émergents, actuellement de l'ordre de 33%, devrait baisser d'ici 2015 alors qu'il devrait augmenter dans les Etats industrialisés. Enfin, la problématique inflationniste, qui touche plus durement ces pays que les autres, devrait refluer dans le sillage des cours des matières premières.

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