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Marché : Succès des adjudications françaises et espagnoles

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PARIS/MADRID (Reuters) - L'Espagne a adjugé jeudi 4,1 milliards d'euros d'obligations à 10 ans et 30 ans, soit un peu au-dessus du milieu de la fourchette annoncée, à des conditions qui traduisent une amélioration de la confiance des investisseurs mais qui restent encore élevées.

De son côté, la France, portée par l'aversion au risque et son corollaire, la fuite vers la qualité, qui a gagné les marchés financiers sous le coup des bouleversements politiques au Moyen-Orient et, depuis vendredi, de la catastrophe au Japon, a placé facilement 8,488 milliards d'euros de Bons du Trésor à intérêt annuel (BTAN) de maturité deux ans et cinq ans et 1,76 milliard d'euros de titres indexés sur l'inflation.

Ce montant se situe dans le haut de la fourchette annoncée (7,0 à 8,5 milliards d'euros) et le taux de couverture (demande sur total servi) est ressorti à 2,4, soit au-dessus de sa moyenne historique.

La dette souveraine espagnole a profité, dans certaines limites, de l'accord intervenu le week-end dernier entre les 17 pays de la zone euro pour pérenniser le dispositif de stabilité financière et étendre ses compétences en vue d'aider les pays en difficulté.

L'Espagne a pu placer 3,2 milliards d'euros d'obligations à 10 ans au taux moyen de 5,162% contre 5,6045% lors de la première émission, par syndication bancaire, en janvier dernier.

En revanche, elle a dû accorder un taux plus élevé (5,875% contre 5,488% en novembre) pour lever 911 millions à 30 ans, les investisseurs étant plus réticents à prêter à l'Espagne sur une maturité aussi longue.

"Certes, le taux de la 2021 est bien en dessous du niveau de la première émission par syndication mais celui de la 2041 est beaucoup plus élevé", a déclaré Marc Ostwald, stratégiste chez Monument Securities à Londres.

ENCOURAGEANT

"Ce qui est encourageant pour l'Espagne c'est le solide ratio de couverture (1,8 pour la 10 ans et 2,1 pour la 30 ans, ndlr) mais on doit admettre qu'il y a une forte résistance du marché à passer sous la barre de 5% pour le 10 ans espagnol", a-t-il ajouté.

L'adjudication française s'est faite à des prix supérieurs à ceux du marché secondaire, traduisant la très forte demande pour la dette souveraine de la France qui, depuis mi-février, a très bien performé, rapportent des professionnels.

L'écart de rendement entre le BTAN à deux ans et son équivalent allemand, référence de la zone euros, est tombé de 9 points de base début mars à 4 points de base ce jeudi, celui du BTAN 5 ans est stable autour de 2,8 tandis que le très regardé spread à 10 ans France/Allemagne s'est resserré d'un point de base à 36.

"Il y a une très forte demande pour du triple A à deux ans", a dit un spécialiste en valeurs du Trésor (SVT).

L'Agence France Trésor (AFT) a servi 1,848 milliard d'euros du benchmark à deux ans, le BTAN 4,50% 2013, pour une demande d'un peu plus de six milliards et 3,735 milliards d'euros d'une ancienne OAT de référence à 10 ans (dites "off the run" dont la maturité résiduelle la rapproche du BTAN), pour une demande de 7,085 milliards.

Des professionnels rapportent que la rareté du BTAN 4,0% 2013 explique l'intérêt pour l'OAT 2013.

L'adjudication d'une ancienne souche comme celle-ci au coupon élevé satisfait la demande et permet en même temps au Trésor français d'empocher des primes confortables.

La France a également émis jeudi 1,76 milliard de BTAN

indexés sur l'inflation française (BTANi) et d'OAT indexées sur l'inflation de la zone euro (OATei), le taux de couverture étant ressorti à 2,9.

Le montant émis se situe là aussi dans le haut de la fourchette annoncée (1,3-1,8 milliard d'euros) et traduit un appétit sérieux pour ce type de papier qui permet de se couvrir contre l'inflation dans un contexte d'envolée des prix du pétrole et des matières premières.

Depuis le début de l'année, l'AFT, qui gère la dette de l'Etat français, a émis 7,76 milliards d'euros de titres indexés sur l'inflation, soit 12,3% des 62 milliards d'euros de dette à moyen et long termes émise au premier trimestre.

Le programme d'émission d'OAT et de BTAN 2011 est ainsi réalisé à près de 35% comme au premier trimestre 2010.

Raoul Sachs, avec la contribution de Paul Day à Madrid et du London Government Bond Desk, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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