Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Succès de l'échange de dette grecque, le défaut évité

Marché : Succès de l'échange de dette grecque, le défaut évité

Succès de l'échange de dette grecque, le défaut évitéSuccès de l'échange de dette grecque, le défaut évité

par George Georgiopoulos et Lefteris Papadimas

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce a écarté vendredi le risque d'un défaut imminent, grâce à la forte participation de ses créanciers privés à l'échange d'obligations qui permettra au pays de réduire son endettement et de bénéficier d'un second plan d'aide internationale.

Les ministres des Finances de la zone euro devraient, en réponse, donner leur feu vert à l'octroi du deuxième plan de sauvetage grec, d'un montant de 130 milliards d'euros, d'après un projet de communiqué obtenu par Reuters.

Le problème grec est "réglé" et "la page de la crise financière et en train de se tourner", a estimé Nicolas Sarkozy, en marge d'un déplacement électoral à Nice, tandis que Berlin a mis en garde contre tout enthousiasme prématuré.

"La Grèce a obtenu aujourd'hui une opportunité claire de redressement. Mais il faut au préalable que la Grèce saisisse cette opportunité", a déclaré le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

"Ce serait une grosse erreur de donner l'impression que la crise a été résolue", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. "Ils ont l'opportunité de la résoudre et ils doivent en profiter."

A travers cette restructuration de dette souveraine, la plus importante de l'histoire, les créanciers privés d'Athènes doivent échanger leurs obligations grecques contre de nouveaux titres d'une échéance plus longue, affichant une valeur nominale nettement réduite et un taux d'intérêt plus faible. Au total, ils perdront autour de 74% de la valeur de leurs titres.

D'après le ministère grec des Finances, les détenteurs de 85,8% des 177 milliards d'euros d'obligations relevant du droit grec ont donné leur accord à l'échange de titres.

En prenant en compte l'activation des "clauses d'action collective" (CAC), une mesure annoncée par Athènes qui contraindra les récalcitrants à accepter l'échange, cette proportion atteindrait 95,7%.

Ce résultat ouvre la voie au déblocage du deuxième plan de sauvetage international de la Grèce, qui doit notamment permettre au pays d'honorer de lourdes dettes arrivant à maturité le 20 mars et d'éviter ainsi un défaut de paiement.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, devrait déclarer que la Grèce a pris toutes les mesures requises pour bénéficier de ce second renflouement, d'après un projet de communiqué obtenu par Reuters, qui doit être publié à l'issue d'une téléconférence des ministres en cours depuis 11h30 GMT.

Les premiers fonds du nouveau plan d'aide à Athènes devraient être débloqués dès la semaine prochaine, à l'issue d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe.

APAISEMENT RELATIF

Le ministre grec des Finances a salué "un très beau jour" pour la Grèce, rappelant que l'échange consenti par le secteur privé réduisait la dette du pays de 105 milliards d'euros.

"J'espère que tout le monde prendra conscience, tôt ou tard, que c'est la seule façon de maintenir le pays debout et de lui donner la seconde chance historique dont il a besoin", a déclaré Evangélos Vénizélos devant le parlement.

L'Institut de la finance internationale (Ifi), qui représentait les créanciers privés dans les négociations sur l'échange de dette, s'est également félicité du résultat de l'opération.

Athènes a informé les ministres des Finances de la zone euro qu'elle contraindrait les investisseurs détenant des obligations de droit grec ayant refusé l'échange de dette à participer à l'opération, en activant des clauses d'action collective (CAC).

Parallèlement, des responsables de l'Isda (International Swaps and Derivatives Association) sont réunis depuis 13h00 GMT pour juger si cette procédure justifie le déclenchement des "credit default swaps" (CDS), ces instruments d'assurance contre un défaut de remboursement.

"Le montant net en jeu mondialement, si les CDS sont déclenchés, est inférieur à 5 milliards d'euros", a tempéré Evangélos Vénizélos devant les députés grecs. "C'est une somme totalement négligeable pour les économies grecque et européenne."

Fitch Ratings a, comme attendu, abaissé la note grecque à "défaut restreint" (RD) dans la foulée de la conclusion de l'échange de dette. C'est la première agence de notation à classer la Grèce en catégorie de défaut.

Les nouvelles obligations grecques, qui seront émises lundi, se traitaient quant à elles sur le marché gris à 20% environ de leur valeur nominale, selon des traders et des données Reuters.

"Cela montre que le marché n'est pas du tout sûr que la Grèce puisse rembourser ses dettes, même en les reportant de 20 à 30 ans", décrypte un trader.

Le succès de l'offre ne suffit pas à faire oublier que l'économie grecque reste au bord du précipice, dans une récession profonde et soumise à des mesures d'austérité qui risquent de freiner son redressement.

Les Grecs sont appelés aux urnes pour élire en avril un nouveau Parlement, et la majorité qui en émergera aura une marge de manoeuvre réduite pour ramener le pays vers la croissance.

Le taux de chômage grec a atteint 21% en décembre, le double de la moyenne européenne, avec plus d'un jeune sur deux privé d'emploi, d'après des données officielles publiées jeudi.

Nicolas Delame et Natalie Huet pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI