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Marché : Standard & poor' sème le trouble sur l'issue de la crise grecque

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par Angeliki Koutantou and George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Standard & Poor's a jeté lundi de nouveaux doutes sur l'issue de la crise grecque en prévenant que les solutions proposées par Paris pour rééchelonner la dette grecque par des échanges de titres reviendraient à placer Athènes en situation de défaut sélectif.

La mise en garde de l'agence de notation a du coup donné un coup d'arrêt au rally boursier observé la semaine dernière sur les valeurs bancaires européennes alors que les ministres des Finances de la zone euro ont donné samedi leur feu vert à une nouvelle tranche d'aide de 12 milliards d'euros à la Grèce.

Par l'intermédiaire de la Fédération bancaire française (FBF), les banques françaises, qui sont les banques étrangères les plus exposées à la Grèce, ont proposé deux plans d'action pour le rollover de la dette grecque pour couvrir les besoins d'Athènes de 2011 à 2014.

Mais, selon S&P, l'un comme l'autre impliquent des pertes pour les créanciers privés de la république hellénique.

"Si l'une ou l'autre de ces options étaient mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et à défaut d'information complémentaire, nous considèrerions probablement cela comme un cas de défaut", prévient l'agence de notation américaine dans un communiqué.

"Dans ce cas, nous abaisserions probablement la note souveraine grecque à 'SD', ce qui indiquerait la restructuration dans les faits d'une partie, mais pas de la totalité, de sa dette obligataire."

En Bourse, les valeurs bancaires européennes, qui avaient profité la semaine dernière d'un certain optimisme autour du dossier grec, sont repartis à la baisse.

Vers 13h15, l'indice de référence Stoxx 600 des banques européennes est en baisse de 1%.

A Paris, les valeurs bancaires accusent les plus fortes baisses du CAC 40. BNP Paribas, Crédit agricole, et Société générale abandonnent respectivement 1,76%, 1,95% et 2,05%.

CDS GRECS EN HAUSSE

"Le soulagement venu la semaine dernière du vote des députés grecs est maintenant quelque peu éclipsé par cette annonce (de S&P, NDLR)", fait remarquer Marc Ostwald, stratégiste chez Monument Securities.

La mise en garde de S&P "pourrait venir perturber la succession d'annonces crédibilisant que la situation grecque était de nouveau sous contrôle à horizon 12 mois", soulignent de leur côté les analystes de CM-CIC Securities dans leur note de recherche.

Après le court répit de la semaine, les primes de CDS (credit default swaps) de la Grèce sont d'ailleurs repartis à la hausse. D'après le fournisseur de données Markit, les CDS à cinq ans, qui protègent contre un défaut de la dette publique grec, ont augmenté lundi de 48 points de base.

La FBF n'était pas en mesure de commenter dans l'immédiat la mise en garde de S&P tandis que les banques françaises se sont refusées à tout commentaire.

Le directeur général de la banque italienne Unicredit, Federico Ghizzoni, a toutefois estimé que la mise en garde de S&P allait un peu trop loin dans "l'interprétation technique" des propositions françaises.

"Les propositions françaises ne seront pas forcément la solution qui sera retenue", relativise de son côté une source bancaire française qui n'a pas souhaité être citée.

En Allemagne, on explique que les déclarations de S&P présentent quelques aspects positifs.

"Elles donnent une direction à suivre pour les banques allemandes sur ce qu'elles doivent modifier pour éviter un défaut", a réagi dans un communiqué l'association des banques publiques allemandes.

NOUVELLE TRANCHE POUR JUILLET

S&P a abaissé le mois dernier la note grecque de "B" à

"CCC".

L'agence rappelle avoir pris cette décision en raison du "risque croissant qu'un plan de financement amélioré visant à résoudre les difficultés budgétaires du gouvernement sur la période 2011-2014 n'ait besoin d'une restructuration de la dette du secteur privé sous une forme qui serait pour nous un défaut de fait sur ses obligations de paiement".

La Grèce doit recevoir d'ici mi-juillet une nouvelle tranche d'aide de 12 milliards d'euros après le feu vert samedi des ministres des Finances de la zone euro. Mais il faudra à Athènes attendre la mi-septembre pour qu'un second plan d'aide internationale soit finalisé et auquel devrait participer le secteur privé détenteur de dette grecque.

En fin de semaine dernière, le secteur financier, par la voix de l'Institut de la Finance internationale (IIF), a déjà fait savoir qu'il était prêt à s'engager dans un effort "volontaire, coopératif, transparent et large" pour soutenir la Grèce, via un "rollover" de la dette grecque.

Mais les négociations entre les institutions financières et les pouvoirs publics se poursuivent toujours.

Avec Matthieu Protard à Paris, Kathrin Jones and Alexander Huebner à Francfort, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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