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Marché : S&p dit que la zone euro pourrait avoir besoin d'un nouveau choc

S&p dit que la zone euro pourrait avoir besoin d'un nouveau chocS&p dit que la zone euro pourrait avoir besoin d'un nouveau choc

par Tova Cohen et Maayan Lubell

TEL AVIV (Reuters) - Standard & Poor's a de nouveau mis sous pression la zone euro lundi, son chef économiste pour l'Europe estimant qu'elle n'a plus beaucoup de temps pour résoudre ses problèmes de dette et qu'un nouveau choc financier pourrait être nécessaire pour faire bouger les lignes.

Jean-Michel Six, lors d'un colloque à Tel Aviv, a expliqué que le sommet européen de jeudi et vendredi constituait une avancée importante mais pas suffisante.

S&P a placé il y a une semaine les notes de 15 Etats de la zone euro sous surveillance avec implication négative.

Le délai entre un placement sous surveillance et une décision sur la note est généralement de trois mois environ, mais, dans le cas de la zone euro, S&P a laissé entendre qu'il pourrait être plus court.

"Il faudra sans doute un autre choc avant que tout le monde en Europe fasse la même analyse de la situation, par exemple une grande banque allemande ayant des difficultés sur le marché, ce qui est possible à court terme", a déclaré Jean-Michel Six.

"On admettrait alors que tout le monde est dans le même bateau, et que même les établissements allemands peuvent être affectés par cette contagion."

"J'ai peur que cela puisse être nécessaire", a-t-il ajouté.

L'accord conclu à Bruxelles par 26 des 27 Etats de l'Union européenne (la Grande-Bretagne refusant de s'y associer) ouvre la voie à une intégration budgétaire accrue au sein de l'Union. Mais les marchés financiers, qui l'on salué vendredi, sont repartis à la baisse lundi.

Pour Jean-Michel Six, le sommet marque un réel progrès "en ce qu'il prépare mentalement les gouvernements à s'engager - en l'inscrivant sous une forme ou sous une autre dans la constitution - dans une stratégie budgétaire à moyen terme qui permettrait à la BCE de devenir ce qu'elle n'est pas pour l'instant, au moins officiellement, à savoir un prêteur de dernier ressort".

BRUXELLES, UNE ÉTAPE, MAIS PAS DÉCISIVE

De nombreux observateurs jugent que confier officiellement à la Banque centrale européenne un tel rôle, qui assurerait qu'elle renfloue les Etats membres en difficulté, permettrait de résoudre définitivement le problème de confiance auquel la zone euro est confrontée.

Mais l'Allemagne s'y oppose de peur qu'une telle démarche libère la voie au laxisme budgétaire.

Jean-Michel Six a déclaré que la menace de dégradation des notes souveraines à laquelle équivaut le placement sous surveillance visait à adresser un message fort aux pays de la zone euro confrontés au double risque d'une récession et d'un assèchement du crédit en 2012.

Il a précisé que les décisions sur les notes ne dépendraient pas seulement des résultats du sommet de vendredi, et il a prédit qu'il y aurait bien d'autres réunions du même type avant que la crise soit résolue.

"Evidemment, nous ne déterminerons pas des décisions aussi importantes que des changements de notation sur la base d'un seul sommet. Mais nous avons dit que ce sommet-là était une étape très importante vers la résolution de cette crise de confiance", a-t-il expliqué.

Les marchés ont déjà en bonne partie anticipé une série de dégradations de notes d'Etats de la zone euro, France incluse. Mais les décisions définitives pourraient néanmoins susciter des réactions marquées de la part des investisseurs.

Pour Eugen Weinberg, responsable de la recherche matières premières de Commerzbank, à Francfort, "si S&P dégrade, les marchés vont encore accuser le coup. Cela n'a pas encore été intégré".

L'application des décisions annoncées vendredi à Bruxelles prendra du temps, chaque pays devant les ratifier.

"Le temps presse et il faut agir des deux côtés de l'équation, sur les plans budgétaire et monétaire", a souligné Jean-Michel Six.

Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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