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Marché : Selon l'onu, la bulle des matières premières doit éclater

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par Barbara Lewis

GENEVE (Reuters) - Une intervention gouvernementale directe serait peut-être nécessaire afin d'éclater la bulle qui affecte un marché des matières premières investi par une nouvelle meute d'investisseurs financiers, selon une étude des Nations Unies.

Une spéculation excessive a fait progresser les prix du pétrole d'environ 20% et a envoyé un faux message aux acteurs du marché, précise le rapport publié dimanche.

"Le changement de rôle du marché des matières premières, qui est en train d'évoluer en un marché financier, a d'énormes répercussions sur l'économie", a dit Heiner Flassbeck, l'un des responsables de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le développement (CNUCED) et l'un des auteurs du rapport.

"Je pense que nous devons mettre fin à ces mauvais messages en direction de la politique macro-économique".

Les réformes suggérées par le rapport sur la formation des prix dans les marchés des matières premières financiarisées incluent notamment une amélioration de la transparence financière dans les échanges des matières premières et du marché physique de gré à gré, ainsi qu'un meilleur inventaire des données et une action plus judicieuse des Etats dans l'utilisation de leurs stocks.

"La possibilité de permettre aux pays d'intervenir directement sur les marchés physiques et financiers doit être étudiée", conclut le rapport.

"Dans un marché des matières premières financiarisé, comme c'est le cas actuellement, une intervention permettrait aux acteurs du marché de mieux reconnaître les fondamentaux."

Depuis l'éclatement de la bulle boursière, aux environ de l'an 2000, le pétrole ainsi que d'autres matières premières attirent les investisseurs financiers tout comme les producteurs et les grands consommateurs historiquement toujours présents.

Le rapport cite des données compilées par la banque Barclays Capital précisant que les fonds liés aux matières premières avaient atteint un sommet en mars 2011 avec environ 410 milliards de dollars, soit presque le double du niveau de 2007, avant la crise.

La discussion s'est focalisée sur l'impact des sommes injectées aux fins d'investissement, beaucoup d'analystes estimant que cela exagère les tendances. Mais ces analystes y voient aussi un apport de liquidité utile et estiment que ce sont finalement les fondamentaux de l'offre et de la demande qui déterminent les cours.

Les auteurs de ce rapport, qui se concentre sur six matières premières, le pétrole, l'orge, le cacao, le maïs, le sucre et le blé, affirment que la distorsion des prix est un problème même s'il ne doit pas durer.

"L'inflation qui touche les prix de matières premières met en péril une reprise en douceur parce qu'elle provoque un resserrement prématuré de la politique monétaire", souligne le rapport. "Cela a déjà joué un rôle important dans le resserrement de la politique monétaire de la Chine et de l'Inde depuis 2010."

LA LOGIQUE DES MARCHÉS FINANCIERS S'ÉTEND

La corrélation entre les matières premières et les autres marchés s'est raffermie lorsque le monde a commencé à sortir de la crise financière en 2009.

Les traders de toutes sortes s'interrogeant sur la croissance et ses implications sur la demande, les investisseurs dans les matières premières ont réagi à des indicateurs économiques plus larges et pas seulement aux stocks ou à l'offre.

"Les prix des matières premières risquent d'être soumis aux bulles spéculatives; ils évoluent bien loin de leurs fondamentaux et affichent une haute volatilité", souligne le rapport.

Le pétrole, le plus grand marché des matières premières et qui a attiré le plus d'investissement financier, a atteint un pic au-dessus de 127 dollars pour le baril de Brent en avril, son record depuis le rally de 2008, avant de corriger brutalement et de revenir à 115 dollars.

Les auteurs du rapport des Nations Unies soulignent le risque d'un changement permanent de ces marchés. Pour ceux qui recherchent une diversification de leur portefeuille, les matières premières perde, une grande partie de leur valeur.

"Les prix des matières premières et plus particulièrement le prix du pétrole ont monté tout de suite quand la reprise a démarré", a observé Heiner Flassbeck.

Il a écarté l'argument voulant que les nouveaux investisseurs et leur instinct de meute soient bons pour la liquidité et a dit qu'il pourrait être ardu de trouver une bonne contrepartie pour prendre position.

"Lorsque tout le monde sur le marché se met en position longue, c'est alors exactement l'opposé de la liquidité", a-t-il dit.

Plusieurs initiatives sont actuellement en discussion afin d'instaurer une règlementation plus sévère des marchés, dont celui des matières premières.

La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine veut des réformes en masse, notamment un plafonnement du nombre de contrats spéculatifs qu'un courtier peut détenir.

Le G20 travaille lui à une plus grande surveillance du marché. Heiner Flassbeck a décrit l'initiative du G20 comme étant "un bon début".

Version française Robin Bleeker, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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