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Marché : Rösler veut des contreparties aux rachats de dette par la bce

Rösler veut des contreparties aux rachats de dette par la bceRösler veut des contreparties aux rachats de dette par la bce

par Gernot Heller

BERLIN (Reuters) - Tout rachat de dette souveraine par la Banque centrale européenne (BCE) devra s'accompagner, de la part des pays concernés, d'engagements clairs en matière de réformes structurelles et budgétaires, a dit mercredi à Reuters le ministre allemand de l'Economie.

Philipp Rösler, qui dirige le parti libéral démocrate FDP, membre de la coalition de la chancelière Angela Merkel, a estimé que l'euro ne saurait faire les frais d'un manque d'efforts de certains pays dans le redressement de leur économie.

"(Le président de la BCE, Mario) Draghi a lui-même souligné que les achats d'obligations ne pourront jamais se substituer aux réformes structurelles et à la discipline budgétaire. Nous le prenons au mot", a dit Philipp Rösler lors d'une interview.

Mario Draghi a signalé au début du mois que la BCE pourrait acheter de la dette souveraine pour faire baisser les coûts d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie, mais qu'il faudrait au préalable que les pays concernés en fassent la demande et acceptent de souscrire à des conditions strictes, une supervision européenne notamment.

Nombreux sont les responsables politiques allemands, notamment le président de la Bundesbank Jens Weidmann, à avoir récemment exprimé leurs réticences quant à la mise en oeuvre d'un programme de rachat d'obligations.

Ils redoutent qu'une telle intervention sur les marchés de la dette incite les gouvernements à faire moins d'efforts pour assainir leurs finances publiques et rendre leurs économies plus compétitives.

ÉCONOMIE ALLEMANDE "ROBUSTE"

"Nous avons tous convenus, dans le pacte budgétaire, de l'importance de la discipline budgétaire et des réformes", a souligné Philipp Rösler.

"Nous avons besoin d'une Europe forte avec une monnaie forte, mais cette monnaie ne doit pas connaître l'échec en raison d'un manque de réformes de certains Etats membres", a ajouté le ministre, qui a récemment estimé qu'une sortie de la Grèce de la zone euro n'était plus taboue.

Athènes ne parvient pas à atteindre les objectifs de réduction du déficit budgétaire et de privatisations fixés en mars dans le cadre du deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d'euros consenti par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

Le Premier ministre grec Antonis Samaras doit rencontrer Angela Merkel la semaine prochaine et pourrait demander un délai supplémentaire pour mettre en oeuvre les mesures d'austérité exigées par les bailleurs de fonds du pays.

Athènes reste donc une vive source de préoccupations pour l'Allemagne. Car si la première économie de la zone euro a bien résisté jusqu'ici à la crise de la dette qui ébranle l'Europe du Sud depuis trois ans, de récents indicateurs laissent penser qu'elle pourrait finalement en accuser le coup.

Interrogé sur la santé de l'économie allemande, Philipp Rösler a cependant balayé toute crainte de récession.

"Nous avons une économie robuste. Mais d'un autre côté, nous constatons que l'incertitude au sein de la zone euro a un impact sur nos entreprises", a-t-il dit, précisant que la prévision de croissance du gouvernement restait de 0,7% pour cette année et de 1,6% pour 2013.

Natalie Huet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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