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Marché : Quel avenir pour la banque d'investissement ubs après la fraude?

Quel avenir pour la banque d'investissement ubs après la fraude?Quel avenir pour la banque d'investissement ubs après la fraude?

par Pascal Schmuck

ZURICH (Reuters) - Les pressions pour vendre la banque d'investissement vont encore s'accroître après la découverte d'une fraude portant sur deux milliards de dollars au sein de l'établissement.

Un homme de 31 ans a été arrêté mardi matin à Londres dans un dossier de transaction non-autorisées, ce qui pourrait se traduire par une perte pour UBS au troisième trimestre.

L'affaire tombe d'autant plus mal pour UBS que le numéro un de l'industrie bancaire en Suisse n'avait pas ménagé sa peine pour restaurer une confiance mise à mal après avoir été sauvé de la faillite en 2009.

"C'est d'autant plus étonnant qu'UBS avait installé un système de contrôle plus strict afin de répondre aux problèmes que la banque avait enregistré avec l'affaire des subprimes aux Etats-Unis", commente un analyste indépendant à Genève.

"C'est incroyable qu'une telle affaire puisse se reproduire après ce qui s'est passé avec la Société Générale et l'affaire Kerviel", ajoute-t-il.

En janvier 2008, la Société Générale avait annoncé des transactions hors norme effectuées par Jérôme Kerviel. Le débouclement de ces positions avait coûté à la banque française près de 5 milliards d'euros et avait provoqué plus tard le départ du PDG Daniel Bouton.

Cette affaire criminelle réduit également à néant les efforts qu'UBS menait pour réduire sa base de coûts. La banque avait annoncé à la fin août qu'elle allait supprimer près de 3.500 emplois afin d'économiser environ deux milliards de francs d'ici la fin 2013.

Cette fraude pourrait sonner le glas des activités d'investissement, déjà sur la sellette depuis le début de la crise financière en 2007 en raison des pertes colossales qu'elle a causées au sein du groupe.

La banque d'investissement a accumulé entre 2007 et 2009 des pertes avant impôts de près de 57 milliards de francs. Elle n'a amorcé son redressement qu'en 2010, avec un résultat avant impôts de 2,2 milliards.

UN FORT DÉGÂT D'IMAGE

La fraude va fournir des arguments à tous ceux qui plaident pour un redimensionnement de la banque d'investissement. "Cette affaire donne une nouvelle raison de réduire sensiblement ce secteur d'activités et s'ajoute à une longue liste déjà existante", ajoute un autre analyste.

Une action qui serait d'autant plus nécessaire que la gestion de fortunes, qui a maintenu UBS à flots alors que la banque d'investissements prenait l'eau, pourrait être touchée par les remous. "Il y a le risque d'une influence matérielle et de répercussions sur les tendances opérationnelles futures."

D'autres se montrent plus implacables. "UBS va probablement vendre la banque d'affaire, Oswald Grubel n'a plus vraiment le choix, la crédibilité sur cette division est au plus bas. Le risque de réputation pourrait toucher la banque privée à court terme", explique Guy de Blonay chez Jupiter Asset Management.

Pour la plupart des analystes, la banque d'investissement aura du mal à rétablir son aura. "Le dégât d'image est sensible", souligne un trader basé à Zurich.

Il ajoute que cette affaire de fraude pourrait provoquer un remaniement de la direction, alors qu'Axel Weber, l'ancien président de la Bundesbank, doit rejoindre le conseil d'administration d'UBS avant de succéder dès 2013 comme président à Kaspar Villiger;

Un avis que partage Peter Thorne, analyste chez Helvea. "Gruebel a sauvé la banque et sa tâche est accomplie. Ce n'est qu'une question de temps avant son départ. Mais la banque d'investissement reste une catastrophe et certains vont demander la tête de Carsten Kengeter."

Carsten Kengeter dirige la banque d'investissement depuis novembre 2010 après avoir été nommé co-directeur en avril 2009. Il avait rejoint UBS en décembre 2008.

Avec Robin Bleeker, Nathalie Olof-Ors, Andrew Thompson, Emma Thomasson, édité par Matthieu Protard

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