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Marché : Progrès dans les négociations entre la grèce et ses créanciers

Progrès dans les négociations entre la grèce et ses créanciersProgrès dans les négociations entre la grèce et ses créanciers

par Renee Maltezou

ATHENES (Reuters) - Après plusieurs mois de négociations souvent difficiles, la Grèce et la "troïka" de ses créanciers internationaux semblent proches de conclure un accord global qui devrait permettre à la Grèce d'éviter la faillite.

Athènes, qui sera à court de liquidités le mois prochain, attend avec impatience le déblocage d'une tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros dans le cadre de son plan de sauvetage international.

Pour ce faire, elle a besoin de montrer à la "troïka" constituée par le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE) qu'elle est bien sur la voie des réformes promises, avec un plan d'austérité de 11,5 milliards d'euros et un programme de réformes tous azimuts.

"Je suis sûr que nous faisons tout ce qu'il faut pour parvenir (à l'accord) et l'obtenir bientôt, de façon à aller vers un redressement", a déclaré le Premier ministre grec, Antonis Samaras, en marge d'une réunion des partis de la droite européenne à Bucarest.

DROIT DU TRAVAIL

À Athènes, un haut responsable grec a confié qu'un accord existait "sur toutes les questions à l'exception des réformes sociales". Un second négociateur a abondé dans le même sens : "Il y a des progrès substantiels sur tous les fronts et seules quelques questions restent ouvertes, principalement concernant le droit du travail et en matière structurelle".

Dans un communiqué de presse publié mardi soir - fait rare en cours de négociations -, le chef de la mission du FMI pour la Grèce, Poul Thomsen, a lui aussi dit que les deux parties s'étaient mises d'accord sur "la plupart des questions de politique" et qu'un accord sur les points encore en discussion était attendu pour bientôt.

Poul Thomsen et ses homologues représentant les autres créanciers de la Grèce, à savoir la CE et la BCE, devaient quitter Athènes mercredi pour rendre compte de l'avancement de leur mission aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne qui tiennent sommet jeudi et vendredi à Bruxelles.

Une fois le plan d'austérité et de réformes totalement bouclé, la troïka FMI-CE-BCE doit présenter un rapport en bonne et due forme sur les progrès réalisés par la Grèce.

LIGNE ROUGE

Mardi, les deux parties ont résolu leurs différends sur l'ampleur de la récession à attendre en Grèce l'an prochain et sur les questions liées à la baisse des dépenses publiques dans le secteur de la santé, mais se sont retrouvés dans une impasse sur les réformes à mettre en place dans le domaine salarial.

L'estimation finalement retenue est une contraction de 4,2% du produit intérieur brut (PIB) de la Grèce l'an prochain - cela permet à son tour d'évaluer le niveau d'endettement supportable par la Grèce. Athènes penchait pour une baisse de 3,8% et les représentants de la troïka pour un repli de 5%.

En matière de réformes en droit du travail, le rapprochement des positions apparaît plus difficile.

Fotis Kouvelis, le chef du parti Gauche démocratique membre du gouvernement de coalition d'Antonis Samaras, est contre les propositions de baisse des salaires dans le secteur public ou contre la suppression de l'indexation automatique des salaires.

"C'est notre ligne rouge et nous n'allons pas céder là-dessus", explique-t-on au sein du parti.

Fotis Kouvelis a à ses côtés l'autre parti de la coalition au pouvoir, le Pasok du socialiste Evangélos Vénizélos. Les partis de gauche font valoir que la population ne peut pas se serrer davantage la ceinture.

La Grèce a prévu deux journées de protestations contre les nouvelles mesures d'austérité mercredi et jeudi. Mercredi, plusieurs professions ont été appelées à débrayer dont les journalistes. Jeudi, le pays devrait être pratiquement à l'arrêt en raison d'un appel à la grève générale.

Avec Luiza Ilie et Radu Marinas à Bucarest, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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