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Marché : Plusieurs points importants toujours en discussions sur la grèce

Plusieurs points importants toujours en discussions sur la grècePlusieurs points importants toujours en discussions sur la grèce

par Jan Strupczewski et Luke Baker

ATHÈNES/BRUXELLES (Reuters) - La Grèce a mené à bien le gros de ses discussions avec ses bailleurs de fonds étrangers dans le cadre d'un deuxième plan d'aide financière mais doit encore s'entendre sur des questions comme les salaires, les retraites et la recapitalisation des banques, a déclaré jeudi un porte-parole du gouvernement.

"Il reste encore trois ou quatre points d'achoppement. Le gros des négociations est terminé", a déclaré Pantelis Kapsis à la chaîne de télévision Mega.

Les ministres des Finances de la zone euro ont prévu de se retrouver lundi à Bruxelles avec comme objectif l'approbation définitive de ce deuxième plan d'aide à Athènes, dans l'espoir d'enfin endiguer la crise de la dette qui plombe la zone euro depuis deux ans.

Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, a déclaré que l'accord entre la Grèce et ses créanciers privés devrait intervenir d'ici la fin de la semaine, reprenant ainsi à son compte le calendrier annoncé mercredi par l'Institut pour la finance internationale (IFI), l'organisme parlant au nom des banques et des assureurs détenant des titres de dette grecs.

Le secteur privé devrait accepter une décote de l'ordre de 70% sur ses obligations dans le cadre du programme d'échange de dette. Cette mesure permettra de faire baisser de quelque 100 milliards d'euros l'endettement de la Grèce, qui représente actuellement 160% de son produit intérieur brut (PIB).

"Nous négocions un deuxième programme pour la Grèce (...) Un accord sur une implication substantielle du secteur privé pour réduire l'endettement de la Grèce est une condition clef pour cette deuxième assistance financière à la Grèce", a déclaré Olli Rehn lors d'un déplacement aux Pays-Bas.

"Je prévois un accord entre le gouvernement grec et ses créanciers privés d'ici la fin de cette semaine."

Les Bourses européennes et l'euro sont soutenus depuis mardi par la perspective d'un accord imminent entre la Grèce et ses créanciers, qui ouvre la porte au feu vert définitif au deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros élaboré en octobre dernier par les dirigeants de la zone euro.

Avec ce nouveau plan - l'actuel, de 110 milliards d'euros, arrive à expiration en cours d'année - la Grèce est assurée d'être financée jusqu'à la fin de 2014.

L'ECHANGE DE DETTE N'EST QU'UNE PARTIE DU PROBLEME

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a apporté un bémol à l'optimisme sur l'issue des discussions entre Athènes et ses créanciers privés. Il les a qualifiées d'"ultra-difficiles".

Celui qui est également le Premier ministre du Luxembourg a également déclaré que les décisions prises à l'issue du sommet européen de lundi étaient "largement insuffisantes" pour résoudre la crise de la dette.

Au cours de ce sommet, les dirigeants européens ont appelé à sceller un accord définitif sur le deuxième plan d'aide à Athènes d'ici la fin de la semaine.

Selon l'agenda du Conseil européen, le groupe de travail de l'Eurogroupe se réunira de 08h00 à 14h00 GMT lundi puis les ministres des Finances se réuniront à 16h00 GMT.

Le tout est maintenant de savoir ce que, au-delà de l'accord avec ses créanciers privés, la Grèce consentira comme nouveaux efforts pour que le deuxième plan d'aide soit débloqué.

D'autant plus, que de l'avis de certains responsables politiques et de banquiers, même avec une décote de 70% sur les obligations grecques, l'implication du secteur privé ne suffira pas à ramener le ratio d'endettement de la Grèce à 120% du PIB d'ici 2020, ratio jugé nécessaire, dans le cadre du plan d'aide du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne, pour rendre la dette supportable.

De ce fait, de plus en plus de personnes impliquées dans le dossier estiment que les détenteurs publics de titres grecs - la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro - doivent participer à la restructuration de la dette du pays.

Selon des sources bancaires et politiques, les discussions avec la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) sur le deuxième plan d'aide, d'un montant de 130 milliards d'euros, doivent être conclues avant que le plan de participation des banques privées, via un échange d'obligations, puisse à son tour être finalisé.

La troïka, soucieuse de s'assurer de l'engagement de la Grèce à mener des réformes structurelles, a demandé de nouvelles mesures pour faire baisser le coût du travail dans le secteur privé, avec une diminution du salaire minimum, et sur les systèmes de protection sociale et de retraite.

Autant de sujets qui rencontrent la résistance d'Athènes, qui redoute une aggravation de la récession et des mouvements sociaux. "Les discussions sont très rudes", a dit Pantelis Kapsis.

"D'un côté, il y a la pression pour rétablir rapidement la compétitivité économique. Nous disons clairement que c'est une question de compétitivité. De l'autre, il y a aussi la question de la récession, qui est très importante pour la Grèce."

La troïka devait rencontrer les représentants du gouvernement jeudi pour tenter de finaliser un accord. Le Premier ministre Lucas Papadémos rencontrera ensuite jeudi ou vendredi les dirigeants des partis politiques pour s'assurer de leur soutien à ces mesures, a indiqué Pantelis Kapsis.

Avec Angeliki Koutantou à Athènes; Jean Décotte, Dominique Rodriguez et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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