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Marché : Pessimisme sur la croissance de l'italie, adjudication décevante

Pessimisme sur la croissance de l'italie, adjudication décevantePessimisme sur la croissance de l'italie, adjudication décevante

par Catherine Hornby et James Mackenzie

ROME (Reuters) - Les inquiétudes autour de la situation économique de l'Italie se sont ravivées mardi avec des prévisions de croissance pessimistes et une adjudication de dette décevante qui a réactivé les tensions sur le marché obligataire.

Le directeur général adjoint de la Banque d'Italie Ignazio Visco a estimé que la croissance de la troisième économie de la zone euro pourrait être inférieure à 1% en 2011 et encore moindre en 2012, ce qui risque de compromettre l'équilibrage du budget et la réduction de la dette.

Dans le même temps, le Trésor italien a vendu pour 7,74 milliards d'euros d'obligations souveraines mais n'a attiré qu'une demande relativement faible malgré le soutien de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui aiguise les inquiétudes des investisseurs.

C'était la première fois que Rome revenait se financer sur le marché primaire depuis la poussée de fièvre de ses rendements début août, qui a contraint la BCE à racheter massivement du papier italien et espagnol depuis lors.

Malgré un rendement moyen à 5,22% pour les titres à 10 ans, soit moins que la précédente émission de même échéance en juillet (5,77%), l'opération de mardi a attiré une demande moins forte qu'attendu.

Les rendements du papier déjà en circulation ont alors grimpé et, d'après deux traders, la BCE est intervenue pour acheter des montants significatifs d'obligations à 10 ans pour détendre de nouveau les coûts d'emprunt.

"SOUTIEN CRUCIAL" DE LA BCE

Le rendement des titres à 10 ans se négociait autour de 5,14% en début d'après-midi, en hausse de 5 points de base (pdb) sur la séance.

La Bourse de Milan abandonnait 0,74% vers 13h00 GMT, tandis que le cours spot de l'or a grimpé de plus de 2% pour toucher un plus haut de séance à 1.823,94 dollars l'once, signe d'un regain de l'aversion au risque.

"Le marché va sans doute perdre un peu confiance après cette adjudication, jusqu'à ce que le papier italien à 10 ans se stabilise, ce qui est entre les mains de la BCE", estime Peter Chatwell, stratège taux chez Crédit agricole.

Cette adjudication, qui avait valeur de test, ne devrait pas rassurer les investisseurs sur la capacité de Rome à se financer sur le marché sans le soutien de l'institution de Francfort, alors que le Trésor italien doit encore émettre quelque 90 milliards d'euros de dette cette année.

"Le soutien de la BCE a clairement été crucial. Sans l'intervention de la BCE il y a quelques jours, les rendements ne seraient pas à ce niveau autour de 5%, ils pourraient facilement être supérieurs d'un point de pourcentage", estime Michael Leister, de WestLB. Des rendements à 6% sont jugés intenables pour Rome à moyen terme.

"Le fait que les rendements sont restés relativement stables (...) ce matin montre en effet que la BCE est parvenue à les stabiliser mais la grande question, c'est de savoir ce qui va arriver à l'avenir."

AVENIR SOMBRE ?

Un avenir qui s'annonce sombre pour l'Italie, si l'on en croit les perspectives esquissées mardi lors d'une audition face au Sénat par Ignazio Visco et par l'agence italienne de la statistique, Istat.

Son directeur Enrico Giovannini, qui s'exprimait peu après devant le même auditoire, s'est montré plus pessimiste encore en estimant peu probable que la croissance dépasse 0,7%.

Selon Ignazio Visco, l'économie mondiale donne de plus en plus de signes de faiblesse et la croissance de la zone euro au deuxième semestre ne devrait pas atteindre la moitié de celle du premier.

"Les ajustements budgétaires qui s'imposent pour éviter une situation encore plus grave vont inévitablement avoir des effets limitatifs sur l'économie (..) Cela aura inévitablement un effet sur les comptes publics, rendra l'équilibrage du budget plus difficile et ralentira l'allègement du fardeau de la dette", a-t-il dit.

Le programme d'austérité dont débattent actuellement les parlementaires de la péninsule doit contenir des mesures destinées à relancer l'économie, a plaidé le dirigeant.

Sous réserve que les mesures d'austérité soient appliquées, la banque d'Italie prévoit un déficit budgétaire de 3,8% du PIB en 2011, puis de 1,3% en 2012, et un excédent de 0,2% en 2013.

Dans les mêmes conditions, le ratio de la dette face au PIB devrait atteindre 119,9% en 2011, puis 117,8% en 2012, 113,6% en 2013 et 108,8% en 2014.

Toutefois, l'incertitude autour du contenu final du plan de rigueur risque d'alimenter la défiance des marchés à l'égard de Rome.

Cette tension pourrait bien contaminer l'Espagne dès jeudi, avec une adjudication de quatre milliards d'euros de dette par le Trésor espagnol qui sera suivi de très près par les investisseurs.

Avec William James; Gregory Schwartz, Natalie Huet et Jean Décotte pour le service français

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