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Marché : Pékin somme washington d'éviter un défaut sur sa dette

Pékin somme washington d'éviter un défaut sur sa dettePékin somme washington d'éviter un défaut sur sa dette

par Emily Kaiser

SINGAPOUR (Reuters) - Les parlementaires américains "jouent avec le feu" en envisageant que les Etats-Unis puissent faire défaut sur leur dette, même brièvement, a estimé mercredi un conseiller de la banque centrale chinoise.

Plus tard dans la journée, l'agence de notation Fitch a menacé les Etats-Unis d'une potentielle dégradation de leur note "AAA" si le plafond de leur dette n'était pas relevé en temps opportun, tout en avertissant qu'un défaut des Etats-Unis menacerait la stabilité financière dans le monde.

Les élus républicains du Congrès sont de plus en plus nombreux à penser qu'il pourrait être utile de pousser les Etats-Unis en défaut technique sur la dette afin de forcer la main au gouvernement démocrate pour qu'il accepte davantage d'austérité budgétaire.

Cette idée fait frissonner les marchés internationaux, qui craignent qu'un défaut de la dette américaine ne déstabilise gravement l'économie mondiale.

Un tel événement serait néfaste pour le dollar, a averti Li Daokui, un conseiller de la banque centrale de Chine, selon qui Pékin doit en dissuader Washington.

"Je pense qu'il existe un risque de défaut sur la dette américaine", a déclaré Li Daokui à la presse en marge d'un forum à Pékin.

"Le résultat serait très sérieux et j'aimerais vraiment qu'ils arrêtent de jouer avec le feu", a-t-il ajouté.

La Chine, premier détenteur de dette américaine, possédait en mars plus de mille milliards de dollars de Treasuries, selon des données américaines.

"IDÉE HORRIBLE"

Le Congrès américain peine à s'entendre sur un relèvement du plafond de la dette, alors que le déficit devrait dépasser 1.400 milliards de dollars cette année fiscale.

Le département du Trésor estime que ses possibilités de dépenses seront épuisées d'ici au 2 août à défaut d'un relèvement du plafond, et l'administration Obama a mis en garde dans ce cas contre des conséquences "catastrophiques".

"Avec les données macroéconomiques qui se tassent, les implications pour l'économie sont terribles. Cette idée est tout simplement horrible", a estimé Ben Westmore, économiste de la National Australia Bank.

Le raisonnement républicain est que les créanciers des Etats-Unis seraient prêts à accepter quelques jours de défaut de paiement en échange de garanties d'une meilleure maîtrise des dépenses publiques américaines.

Mais les responsables publics et investisseurs interrogés, qui considèrent un défaut américain comme une hypothèse lointaine et cauchemardesque, ne sont pas de cet avis.

"Ce ne serait pas possible. Ils rembourseraient leurs bons du Trésor en priorité, avant les autres titres, c'est aussi simple que ça", a avancé Barry Evans, gestionnaire de portefeuille obligataire chez Manulife Asset Management.

Les autorités indiennes, de leur côté, disent n'avoir pas d'autre choix que d'investir dans la dette publique américaine, celle-ci étant considérée comme l'une des plus sûres et des plus liquides au monde.

En mars, l'Inde détenait 39,8 milliards de dollars en Treasuries, selon les données américaines.

"Comment pourrait-on autoriser les Etats-Unis à faire défaut? Nous ne considérons pas cela comme une possibilité : cela créerait une gigantesque panique dans le monde entier", a déclaré un responsable de la banque centrale indienne.

Avec les bureaux de Singapour, Mumbai, Delhi, Pékin et Hong Kong; Gregory Schwartz et Natalie Huet pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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