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Marché : Pas de 'hard landing' en chine (east capital)

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(CercleFinance.com) - L'économie chinoise montre des signes de ralentissement depuis quelques mois. Karine Hirn, la co-fondatrice d'East Capital, une société de gestion indépendante spécialisée sur les marchés émergents d'Europe de l'Est et de la Chine, examine avec Cercle Finance les grands enjeux du moment et livre quelques pistes d'investissement.

Cercle Finance: Samedi dernier, la Chine a décidé d'abaisser les montants que les banques doivent détenir en réserve. Comment analyser cette mesure?

Karine Hirn: Il s'agit avant tout d'un message politique. La Banque populaire de Chine veut faire comprendre qu'elle est prête à soutenir la croissance dans l'hypothèse d'une poursuite du ralentissement économique. Le pays est coutumier de ces mesures de soutien. En 2008, en pleine crise financière, Pékin avait lancé un vaste programme de relance par les infrastructures qui s'était finalement traduit par une légère surchauffe de l'activité, notamment dans le secteur immobilier. Nous ne croyons pas pour autant au scénario d'un ralentissement brutal ('hard landing') de l'économie. En revanche, tout l'enjeu va consister à réussir le passage d'une économie basée sur les investissements en capital fixe, qui représentent déjà la moitié du PIB, à une économie portée par la consommation intérieure.

CF: Comment orchestrer une telle transition?

KH: Cela passera nécessairement par une augmentation du pouvoir d'achat. Dans certaines provinces, l'Etat contraint déjà les entreprises à relever le salaire de leurs employés, jusqu'à 20% par an. Il faut aussi que les chinois allègent leur taux d'épargne, l'un des plus élevés au monde. C'est une tradition de mettre de l'argent de côté pour parer aux éventuels coups durs de la vie. Pour que leur comportement change, il faudra imposer des réformes significatives dans la santé et l'éducation. Cela nous semble en bonne voie avec l'arrivée programmée dès l'automne d'un certain nombre de spécialistes des questions sociales au sein du bureau politique du Parti, un organe jusqu'ici essentiellement composé de technocrates.

CF: Basez-vous vos choix d'investissement sur cette thématique?

KH: Nous affichons effectivement de fortes convictions sur des thèmes comme la consommation, sans pour autant dédaigner les infrastructures, dans les deux cas sur une optique de long terme. Concernant l'immobilier, nous nous montrons plus positifs que beaucoup de nos confrères. Nous sommes à la recherche de sociétés cotées disposant de bilans et de positionnement solides, faiblement endettées et peu diversifiées d'un point de vue géographique. Nous apprécions par exemple China Overseas Land & Investment (COLI), qui a bien su s'adapter aux changements réglementaires selon nous.

CF: Les actions chinoises sont-elles sous-évaluées?

KH: A l'exception de la consommation et de l'énergie, tous les secteurs affichent aujourd'hui des niveaux de valorisation inférieurs à ceux de 2008 ou 2009. Pour les investisseurs de long terme, c'est le moment idéal pour profiter d'excellentes opportunités d'achat. Malgré cela, les valeurs de croissance, notamment, font toujours l'objet d'une certaine défiance de la part des investisseurs. Pour notre part, nous préférons privilégier la technologie grand public par le biais de sociétés comme Hon Hai, la maison-mère de Foxconn (sous-traitant d'Apple pour la fabrication de l'iPad). A l'échelle du continent, nous avons pris de grosses positions sur Samsung et Lenovo. Un autre de nos paris consiste à nous exposer à Shandong Weigao, un spécialiste des matériels de santé. En Chine, le marché chinois des ustensiles médicaux ne représente pour l'instant que 1/10ème du marché américain: le potentiel est donc énorme, d'autant plus que le développement du secteur est soutenu par le gouvernement chinois. De manière générale, notre portefeuille est très centré sur la thématique de la consommation intérieure.

CF: Vous êtres aussi présents sur les marchés émergents d'Europe de l'Est. Quelle est votre stratégie dans la région?

KH: Le portefeuille de notre fonds East Capital Eastern European Fund privilégie à l'heure actuelle la Russie, une économie très forte tirée par la consommation des ménages contrairement à la Chine. Dans ce pays, nous aimons la banque Sberbank, mais aussi M.Video, une sorte de 'Darty' local dont nous admirons l'équipe de management. Il s'agit d'une entreprise très bien gérée qui dispose d'une forte trésorerie et qui fait logiquement office de consolidateur au sein du secteur. Mais la société pourrait tout aussi bien faire l'objet d'une offre de rachat. En dehors de la Russie, nous sous-pondérons les pays d'Europe centrale, plus exposés aux problèmes de la zone euro, et privilégions des pays comme la Turquie, la Pologne et la Roumanie, tout en faisant preuve d'une certaine réserve. Nous commercialisons nos fonds partout dans le monde et beaucoup d'investisseurs se montrent réticents aujourd'hui lorsque l'on prononce le nom 'Europe'.

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