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Marché : L'euro au seuil des 1,31 dollar après la Fed

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(CercleFinance.com) - Sur le marché des devises ce midi, après l'annonce largement anticipée de prochains rachats d'emprunts d'Etat par la Fed hier, la monnaie unique européenne consolidait ce midi ses gains des derniers jours. En baisse de 0,10% à 1,3058 dollar, l'euro a marqué en matinée un sommet à 1,3100, sans avoir pu le tenir jusqu'à présent.

Face au yen, l'euro gagne 0,16% à 108,99 après une pointe à 109,55. Mais il reste pratiquement stable (- 0,03% à 0,8097) contre le sterling ainsi que face au franc suisse (- 0,12% à 1,2096).

L'actualité de la journée d'hier était toute entière concentrée sur le comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed, qui a donc débouché sur les mesures suivantes.

Tout d'abord, l'opération d'arbitrage surnommée “Twist II”, par laquelle la banque centrale US revendait ses Treasuries (obligations de l'Etat fédéral) à court terme pour racheter à la place des Treasuries de plus longues maturité (10 ans par exemple), prendra fin le 31 décembre. Afin que les achats de T-Bonds ne cessent pas dans un contexte budgétaire difficile, la Fed a donc décidé de lancer, au 1er janvier prochain, un “QE 4” : un nouveau plan d'achat de Treasuries d'un montant de 45 milliards de dollars par mois. Comme le QE 3 et à la différence des deux premiers, il sera d'un montant et d'une durée illimitée.

Cette opération non conventionnelle commencera parallèlement aux rachats de créances hypothécaires titrisées de 40 milliards de dollars par mois, en soutien au marché immobilier, telles qu'elle sont été décidées en septembre dernier dans le cadre de ce qu'on a appelé le “QE 3”.

Signalons aussi un changement de méthode important de la part la Fed pour ce qui est de sa politique monétaire conventionnelle : désormais, ses taux d'intérêt de court terme, toujours maintenus à 0-0,25%, ne resteront pas exceptionnellement bas jusqu'à une date (précédemment mi-2015).

Désormais, c'est la règle “6.5-2.5” inspirée par le président de la Fed de Chicago, Charlie Evans, qui est instituée : dorénavant, les taux resteront bas 'au moins” tant que le taux de chômage restera supérieur à 6,5%, l'inflation ne devant pas dépasser de plus de 0,5 point de pourcentage l'objectif de long terme de 2%.

Enfin, la Fed a aussi mis à jour ses projections macroéconomiques. Du côté de la croissance celle de 2012 est abaissée de la fourchette de 1,7-2% à celle de 1,7-1,8% quand en 2013, on passe de 2,5-3% à 2,3-3%, ce qui correspond également à un abaissement en milieu de fourchette. Les prévisions pour 2014 et 2015 ont aussi été écrêtées.

Cependant, du côté du taux de chômage, la Fed s'attend à un chiffre de 7,8-7,9% cette année, contre 8-8,2% précédemment. Le taux devrait potentiellement passer sous la barre des 6,5% à 2015, la projection pour cette année étant de 6-6,6%. C'est donc toujours à partir de 2015 que l'on peut s'attendre à une remontée des taux de la Fed, mais selon une méthode différente.

Pour mémoire, en novembre 2012, le taux de chômage US était de 7,7%, selon le Bureau of Labor Statistics.

En tout état de cause, l'inflation resterait enfin contenue sous les 2% d'ici là. La prévision 2013 a même été abaissée de 1,6-2% à 1,3-2%.

Voilà pour les communiqués de presse qui, publiés hier vers 18 heures 30, ont d'abord suscité la hausse des marchés. 'Dans l'ensemble, les décisions de la Fed correspondaient aux anticipations de la majorité des acteurs de marché', rappelle un cambiste nord-européen.

Mais 'les explications de Ben Bernanke durant la conférence de presse qui a suivi de quelques heures la publication de ce communiqué ont manifestement été moins convaincantes', souligne Aurel BGC.

'Les membres du FOMC se sont fixés un objectif de taux de chômage et de limite haute pour l'inflation. Maintenant que leurs mains sont liées, on ne peut plus qu'espérer que le chômage n'est réellement pas structurel”, écrit-on chez BNP Paribas.

Notons que Bruno Cavalier, économiste en chef chez Oddo, écrivait ce matin : 'pour la première fois depuis 2005, les ménages américains ont vu leur richesse immobilière augmenter en 2012. Cela améliore leur solvabilité et leur accès au crédit. Par ailleurs, il est vraisemblable qu'on n'est plus très loin du point où ce regain d'activité va se traduire par une hausse des embauches dans le secteur de la construction. Cela prolongera la baisse le chômage.”

Selon Alan Ruskin, chez Deutsche Bank, “ce qui semble sûr, c'est qu'au 1er semestre 2013, le bilan de la Fed s'alourdira significativement plus que celui du système européen des banques centrales. L'action de la Fed est de nature à soutenir les anticipations d'inflation, notamment par rapport à celle de la zone euro'.

Cependant, le sentiment négatif qui pourrait prévaloir contre le dollar au 1er semestre ne devrait pas se prolonger au-delà, selon M. Ruskin.

En attendant, le débat sur le “précipice budgétaire” (“fiscal cliff”) opposant les “congressmen” démocrates (et l'administration présidentielle Obama) et républicains ne donne cependant aucun signe d'avancée. En cas d'absence d'accord, la croissance envisagée en 2013 fera place à une récession en raison des baisses de dépenses et des hausses d'impôts automatiques. En dépit de ce risque élevé, l'opinion majoritaire reste que les deux parties finiront par s'entendre. Reste à savoir sur quoi.

D'ailleurs, 'le président de la Fed a rappelé aux diplomates américains de parvenir le plus rapidement possible à un accord concernant le budget américain pour ne pas enrayer la reprise économique actuelle', souligne de son côté Saxo Banque.

Seule donnée parue dans la matinée de ce côté de l'Atlantique, l'inflation annualisée a ralenti à 2,9% en Espagne, soit un taux inférieur de 0,6 point à celui d'octobre. L'indice des prix a reculé de 0,1% en rythme mensuel.

Cet après-midi, les marchés seront attentifs aux ventes de détail pour novembre, anticipées en hausse de 0,5% en moyenne par les économistes, du fait de ventes solides annoncées par les constructeurs automobiles. 'Hors automobiles, les ventes s'annoncent plus mitigées', prévient Aurel BGC, estimant néanmoins que la faiblesse des ventes sur les quinze premiers jours a été effacée sur la fin du mois, notamment durant le long week-end de Thanksgiving.

Les cambistes seront également sensibles à l'indice des prix à la production industrielle en novembre et des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage, puis des stocks des entreprises en octobre.


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