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Marché : Paris et les bourses européennes finissent dans le rouge

Paris et les bourses européennes finissent dans le rougeParis et les bourses européennes finissent dans le rouge

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont fini en baisse jeudi pour la sixième séance consécutive après qu'Angela Merkel a réaffirmé son opposition à toute modification du mandat de la Banque centrale européenne (BCE) et à la mise en place d'euro-obligations.

A l'issue d'un sommet à Strasbourg entre la chancelière allemande, le président du Conseil italien Mario Monti et le président français Nicolas Sarkozy, Berlin et Paris ont confirmé leur intention de présenter avant le Conseil européen du 9 décembre des propositions de modifications des traités de l'Union, qui ne porteront toutefois pas sur la BCE.

"Les propos sur la BCE sont un message clair à l'intention du marché pour qu'il ne s'attende à aucune décision à court terme", juge Veronika Pechlaner, gérante de fonds pour Ashburton European Equity Fund.

Les inquiétudes relatives à la situation financière de la zone euro restent vivaces, aiguisées par l'adjudication de Bund allemands jugée "désastreuse" mercredi et la décision du jour de Fitch d'abaisser à BB+ la note de crédit du Portugal pour la placer en catégorie spéculative, avec perspective négative. et

L'Allemagne et le Royaume-Uni ont par ailleurs confirmé leurs estimations de croissance pour le troisième trimestre par rapport au second, toutes deux à 0,5%. et

L'ensemble des marchés américains sont fermés ce jeudi pour Thanksgiving Day. La séance de vendredi aux Etats-Unis par les marchés d'actions et d'obligations.

Après avoir longtemps évolué en territoire positif, l'indice paneuropéen EuroStoxx 50 a fini en recul de 0,17% dans des volumes étroits. L'EuroFirst300 a perdu de son côté 0,30%.

Le Dax allemand a cédé 0,54% et le FTSE britannique 0,24%. À Paris, le CAC 40 a fini en très léger repli de 0,01% à 2.822,25 points, tandis que Madrid a perdu 0,23%.

Les indices ont néanmoins limité leurs pertes grâce à des soutiens techniques, notamment grâce à la bonne tenue des valeurs financières, survendues ces derniers jours. BNP Paribas (+3,31%), Société générale (+3,02%), ING (+3,31%) et UBS (+2,14%) ont notamment tiré leur épingle du jeu, tandis que l'indice sectoriel des banques en Europe reprenait 1,25%.

L'euro, qui avait repris quelques couleurs en matinée, s'est retourné pour toucher un plus bas de sept semaines, à 1,3316 sur la plate-forme EBS, sur fond de déception après la réunion tripartite de Strasbourg.

"La réunion a eu lieu et nous attendons toujours une réponse plus efficace en terme de politique, ce n'est pas un signe encourageant. La tendance baissière observée récemment sur l'euro se maintient", note Lee Hardman, économiste changes chez Bank of Tokyo-Mitsubishi.

Les risques baissiers semblent dominer à court terme pour la devise européenne et nombre d'investisseurs cherchent à vendre au moindre sursaut. L'euro pourrait revenir tester son plus bas du mois d'octobre, autour de 1,3144 dollar, même si les faibles volumes, liés à la fermeture des marchés américains, exacerbent les mouvements de changes.

L'obligation à 10 ans allemande (Bund) a touché son plus bas niveau depuis près d'un mois jeudi, plombée par l'adjudication de la veille, avec un rendement qui a atteint jusqu'à 2,2% en séance. Le rendement a clôturé à 2,14%, en hausse de 7 points de base (pdb) sur la journée.

Après la dégradation de la note portugaise par Fitch, le rendement portugais à 10 ans a lui grimpé d'un point de pourcentage pour atteindre 13,81%.

Le rendement du papier italien à 10 ans reste sous pression à 7,17%, soit bien au-delà du niveau où il est jugé soutenable, alors que le Trésor italien doit procéder vendredi à l'émission de 8 milliards d'euros de titres à 6 mois.

Les cours du pétrole regagnent un peu de terrain, portées par l'annonce mercredi d'un recul des réserves américaines de brut et par le climat de tension diplomatique autour de l'Iran. La France a annoncé jeudi qu'elle allait interrompre unilatéralement ses importations de pétrole iranien, avant de revenir sur ses propos pour préciser qu'elle le ferait en "liaison avec (ses) partenaires européens".

Les cours sont également soutenus par des indicateurs plutôt rassurants publiés en Allemagne, notamment une hausse surprise de l'indice Ifo.

Le Brent reprend 0,6% à 107,66 dollars le baril, tout en restant sous les 108 dollars, tandis que le brut léger américain se négocie autour de 96,9 dollars (+0,73%).

Jean Décotte pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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