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Marché : Noyer écarte le risque d'attaque de la france, sous condition

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par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Il n'y a pas de raison que la France fasse l'objet d'une défiance particulière des marchés financiers si le prochain gouvernement affiche clarté et constance dans la trajectoire de redressement budgétaire, a déclaré vendredi Christian Noyer.

Le gouverneur de la Banque de France a ajouté qu'il serait "extrêmement attentif" à tout ce qui pourrait se produire sur les marchés concernant la dette française.

A une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et ses proches mettent en garde contre une attaque si le candidat socialiste François Hollande l'emporte.

Leurs critiques portent en particulier sur le report d'un an par François Hollande de l'objectif de retour à l'équilibre des comptes publics, à fin 2017 contre fin 2016 prévu par le gouvernement actuel et le programme de Nicolas Sarkozy.

"A mon avis, ce que regarderont les marchés, c'est les premières années", a dit à Reuters Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, en refusant de s'exprimer sur tel ou tel programme présidentiel.

Nicolas Sarkozy et François Hollande promettent tous les deux de réduire le déficit public à 3,0% du produit intérieur brut fin 2013 contre 5,2% estimé fin 2011.

"Ce qui sera nécessaire, c'est que le gouvernement installé dans la nouvelle législature, quel qu'il soit, soit très clair sur la poursuite du chemin de réduction des déficits", a dit Christian Noyer lors d'un point de presse, quels que soient les choix en matière de réduction des dépenses publiques.

"Si cette clarté, si cette constance, si cette priorité affirmée au cheminement sont affirmées, il n'y a pas de raison à ce titre que la France fasse l'objet d'une défiance particulière des marchés", a-t-il ajouté.

"EXTRÊMEMENT ATTENTIF"

Interrogé sur le lancement d'un contrat à terme sur les obligations françaises lundi par la société Eurex, Christian Noyer a déclaré qu'il combattrait "avec détermination" tout éventuel mouvement spéculatif.

Il a estimé que ce type de contrat permettait normalement d'améliorer la liquidité "et par conséquent à moyen terme peut contribuer à améliorer, dans le sens de réduire, le coût de financement de l'émetteur".

"D'une façon générale (...) tout ce qui serait mouvement spéculatif sur la dette française est quelque chose que je combattrai avec détermination si ça devait se produire, ce que j'exclus", a-t-il ajouté. "Je serai extrêmement attentif à tout ce qui pourrait se produire sur la dette française."

Le nouveau contrat sur l'OAT d'Eurex sera disponible à partir de lundi sur les écrans Reuters avec le code.

Malgré la perte en début d'année de la note "triple A" donnée à la France par l'agence de notation Standard & Poor's, les coûts d'emprunt du pays restent très faible

Mais la France est regardée de près.

Sa note - toujours "triple A" pour les agences Moody's et Fitch - est placée en perspective négative par ces trois grandes agences, ce qui signifie que d'autres dégradations sont possibles à brève échéance.

Indicateur de la confiance donnée à la France, le "spread" franco-allemand (l'écart de rendement demandé pour détenir des obligations françaises à 10 ans plutôt que des obligations allemandes) est actuellement d'environ 130 points contre 30 à 40 points avant la crise des dettes publiques en Europe.

Le rendement de la dette française sur le marché reste lui inférieur à 3% pour la dette à dix ans.

Si l'on compare l'évolution des spreads de certains pays de la zone euro par rapport à l'Allemagne depuis le début de l'année, ils ont augmenté pour deux d'entre eux : les Pays-Bas et l'Espagne, et en proportion plus pour les Pays-Bas que pour l'Espagne.

En revanche, ils ont baissé pour la Finlande, la France, l'Autriche, l'Italie et la Belgique (par ordre croissant d'ampleur relative du recul).

Pour les CDS, des instruments d'assurance contre le risque de crédit, la plus mauvaise performance depuis le début de l'année est celle de l'Espagne qui a vu une hausse. Les CDS néerlandais, italiens, français, belges, autrichiens ont baissé, selon cet ordre, la plus forte baisse concernant l'Allemagne.

Edité par Yves Clarisse

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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