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Marché : Nouveau report de la décision grecque sur le plan d'aide

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par Lefteris Papadimas et Renee Maltezou

ATHENES (Reuters) - Les chefs de file des principaux partis politiques grecs ont a nouveau reporté de 24 heures la réunion prévue ce mardi pour valider les réformes exigées par les bailleurs de fonds d'Athènes en échange d'un deuxième plan d'aide.

Un responsable de parti qui n'a pas souhaité être identifié a indiqué que ce report était lié au fait que les dirigeants des trois formations n'avaient pas encore reçu le texte du projet d'accord sur ce plan de renflouement de 130 milliards d'euros.

Tandis que des manifestants réunis à Athènes brûlaient le drapeau allemand, la chancelière Angela Merkel s'efforçait d'apaiser les tensions. "Je ne ferai rien pour forcer la Grèce à sortir de l'Euro", a-t-elle assuré, répondant à un étudiant grec lors d'une rencontre avec des jeunes à Berlin.

Son homologue néerlandais Mark Rutte n'a en revanche pas exclu une telle sortie. "Le reste de la zone euro est maintenant assez fort (...) pour que nous puissions faire face à une sortie de la Grèce, une Grèce confrontée à de graves troubles", a-t-il estimé.

A une demi-heure de leur rencontre, prévue à 19h00 GMT, les chefs de file du Parti socialiste, de la Nouvelle démocratie (droite) et du Laos (extrême droite) qui soutiennent le gouvernement de Lucas Papadémos n'avaient toujours pas reçu le projet d'accord avec le FMI et l'Union européenne.

"Nous ne pouvons dire un oui ou un non franc sans assurances de la part des autorités compétentes de l'Etat que ces mesures sont constitutionnelles et qu'elles sortiront le pays de la crise", a déclaré George Karatzaferis, chef de file du Laos. "Nous avons le temps. Puisqu'il en va de l'avenir de l'Etat, nous trouveront le temps", a-t-il ajouté

Pour éviter de se retrouver en cessation de paiement à la fin mars, Athènes négocie depuis des mois avec la troïka (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne) l'octroi de la deuxième tranche d'aide.

Les négociations entre Lucas Papadémos et les bailleurs de fonds ont duré presque toute la nuit de lundi à mardi, jusqu'à 04h00 (02h00 GMT), au moment où débutaient les premiers débrayages dans les ports. "Aucun navire n'a quitté le port du Pirée ce matin, en raison de la grève des marins", a déclaré un porte-parole de la garde-côtes.

Le mouvement a été lancé à l'appel des principaux syndicats, GSEE (privé) et Adedy (public), pour dénoncer une politique qui, disent-ils, menace d'entraîner le pays dans une spirale destructrice.

L'Acropole a été fermée aux touristes, les transports publics ont été perturbés aux heures de pointe, le personnel des hôpitaux est réduit au minimum. Enseignants, employés de banques ou de télécommunications ont prévu de se joindre au mouvement.

Des échauffourées ont éclaté place Syntagma entre la police et des manifestants qui tentaient de monter les marches menant au parlement en scandant: "Non aux conditions de travail médiévales, ne baissons pas la tête, résistons!".

La participation semblait un peu plus faible que lors de précédents rassemblements ces derniers mois, la pluie ayant apparemment eu raison de la volonté de certains protestataires.

"Ils (le gouvernement) ont été sauvés par la pluie. La météo n'a pas permis aux manifestants de descendre dans les rues et de montrer leur colère", a dit à Reuters Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat du secteur public, Adedy.

"TROUVER UNE SOLUTION"

Lucas Papadémos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), doit maintenant convaincre les chefs des trois partis de la coalition hétéroclite qui le soutient d'accepter les conditions posées par l'UE et le FMI.

"Il faut trouver une solution aujourd'hui", a déclaré un responsable gouvernemental avant la réunion entre partis.

Le ministre grec des Finances, Evangélos Venizélos, a quant à lui indiqué que les discussions entre son gouvernement et la "troïka" des prêteurs - UE, FMI, BCE - étaient difficiles.

"Malheureusement, les négociations sont tellement difficiles que dès qu'un chapitre est clos, un autre s'ouvre", a-t-il dit lundi soir.

Mardi, de source proche des pourparlers on faisait pourtant état d'avancées dans les discussions. "Nos positions ne sont pas aussi éloignées qu'auparavant", dit-on, ajoutant que les deux parties travaillaient sur les contours du programme politique qu'Athènes devra appliquer pour accéder au deuxième plan d'aide.

Après des semaines de tractation, plusieurs questions majeures n'ont toujours pas été réglées.

COÛT DU TRAVAIL

La Grèce doit encore trouver 600 millions d'euros d'économies pour l'année en cours, sur un total de 3,3 milliards, dit un responsable du gouvernement.

La troïka exige en outre que le coût du travail dans le secteur privé soit réduit d'environ un cinquième. Elle propose d'y parvenir en abaissant le salaire minimum de 20% - ce qui se répercuterait sur toute l'échelle salariale -, en supprimant les primes de congés payés ou certains accords salariaux de branche.

L'Europe souhaite que la nouvelle cure d'austérité soit acceptée par la coalition gouvernementale grecque et approuvée par la troïka avant le 15 février, le temps de régler ensuite les procédures techniques complexes impliquées par un accord entre Athènes et ses créanciers privés sur un échange de dette.

L'Europe espère éviter un défaut de paiement "désordonné" de la Grèce, qui doit rembourser en mars 14,5 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a déclaré mardi qu'il n'avait aucun doute sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro, à condition que le pays respecte ses obligations vis-à-vis des autres membres de la monnaie unique.

Avec le bureau d'Athènes, Jean-Stéphane Brosse, Jean Décotte, Marine Pennetier et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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