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Marché : Nokia renonce à ses objectifs, l'action chute

Nokia renonce à ses objectifs, l'action chuteNokia renonce à ses objectifs, l'action chute

par Ritsuko Ando

HELSINKI (Reuters) - Nokia a renoncé mardi à atteindre les objectifs qu'il s'était fixés quelques semaines plus tôt, suscitant des interrogations sur la capacité de son nouveau directeur général à orchestrer le redressement promis en février.

L'action a dégringolé de près de 20% en séance pour toucher son niveau le plus bas en plus de 13 ans à 4,716 euros. Elle a clôturé sur une perte de 17,53% à 4,75 euros, alors qu'elle culminait à 65 euros en 2000.

Nokia, jadis leader incontesté des téléphones mobiles, a vu sa suprématie mise à mal ces dernières années, Apple et Google, ce dernier avec son système d'exploitation Android lui ayant brûlé la politesse dans le segment des smartphones.

Nokia reste le premier fabricant mondial de combinés mobiles en volume et son directeur général Stephen Elop a lancé voici trois mois une refonte de l'activité téléphonie qui s'est notamment traduite par l'adoption de l'OS de Microsoft au détriment du système d'exploitation maison Symbian.

Malgré tout, Nokia a fait savoir mardi que le chiffre d'affaires net tiré des services et des matériels serait au deuxième trimestre "nettement en deçà" de sa projection faite en avril qui variait de 6,1 à 6,6 milliards d'euros.

Stephen Elop, arrivé chez Nokia l'an passé pour redonner du mordant à l'entreprise finlandaise, a observé que la concurrence était particulièrement féroce en Europe.

"Android gagne en force et Apple, bien sûr, c'est Apple", a-t-il dit à des analystes en téléconférence, ajoutant que des problèmes de direction avaient également été préjudiciables pour l'entreprise en Chine.

"Compte tenu du changement inattendu de nos projections pour le deuxième trimestre, Nokia estime qu'il n'est plus pertinent de donner des objectifs annuels pour 2011", a précisé le groupe, ajoutant qu'il continuerait à fournir des mises à jour trimestrielles.

Nokia anticipe une marge d'exploitation non IFRS pour les matériels et les services à peu près au point mort au deuxième trimestre, au lieu des 6% à 9% attendus précédemment.

UN GRAND BOND EN AVANT ?

Ces nouvelles projections impliquent qu'une perte est probable au troisième trimestre, disent les analystes. Ils ajoutent qu'elles indiquent aussi que la position de Nokia sur le marché se détériore bien plus vite que prévu, les concurrents asiatiques en particulier renforçant de plus en plus leurs positions sur un marché tel que la Chine.

"Ce que nous trouvons vraiment étonnant, c'est le niveau auquel les marchés sont tombés; on parle maintenant de point mort ce qui, pour une glissade, est une glissade", dit Lee Simpson, analyste chez Jefferies.

"Je pense que ce niveau de dégâts pour l'actionnaire devient périlleux. Que peuvent-ils bien faire pour renverser la vapeur?"

"Il semble que c'est surtout son exposition aux marchés émergents en Chine dont il est question, avec une concurrence qui frappe dans le bas de gamme", observe Morten Imsgard, de Sydbank. "A court terme, ça va secouer pour l'entreprise."

Stephen Elop pense pouvoir livrer au quatrième trimestre les premiers combinés sous l'OS de Microsoft, qui n'a pas encore fait ses preuves, mais les analystes craignent que Nokia ait tellement perdu de terrain entre-temps que revenir dans la course soit pénible.

"Vu le désarroi interne que cette annonce va provoquer, on a de plus en plus de mal à imaginer que Nokia fasse un grand bond en avant et se retrouve à égalité avec la concurrence au début 2012", déclare Thomas Langer, analyste de WestLB. "Les investisseurs risquent de se préoccuper davantage de l'éventualité d'un dividende."

Un mois auparavant, Nokia annonçait la suppression de 7.000 emplois et l'externalisation de son logiciel Symbian pour réduire les coûts.

Avec Jussi Rosendahl et Tarmo Virki; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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