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Marché : Merkel douche les espoirs d'une sortie crise rapide en grèce

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par Luke Baker et Andreas Rinke

BRUXELLES (Reuters) - La chancelière Angela Merkel a douché mardi les espoirs nés de l'organisation d'un sommet jeudi sur la crise grecque, prévenant qu'il ne fallait pas en attendre plus que de raison.

"D'autres étapes seront nécessaires, un seul événement spectaculaire ne viendra pas tout régler", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion d'une visite du président russe Dmitri Medvedev.

Le souhait d'une solution unique et définitive qui viendrait mettre un point final à la crise grecque est irréaliste, a-t-elle ajouté, alors qu'au même moment, les responsables européens tentaient d'aplanir leurs divergences sur la manière de faire participer le secteur privé à un deuxième plan d'aide à la Grèce.

Selon un document préparé le 16 juillet et que Reuters a pu se procurer, les responsables de la zone euro ont défini la semaine dernière en téléconférence trois options principales en vue d'impliquer les créanciers privés.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se réuniront jeudi à Bruxelles afin de déterminer les modalités du second plan d'aide à la Grèce.

Une rencontre est prévue mercredi à Berlin entre Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy pour "préparer la réunion du lendemain", a annoncé mardi soir l'Elysée dans un communiqué.

Les options détaillées sous forme de tableau dans le document diffèrent par le degré et le type d'implication du secteur privé.

Les rédacteurs du document évaluent également les conséquences à attendre sur la note souveraine de la Grèce, en particulier concernant le risque de la voir placée en situation de défaut, complet ou sélectif.

RISQUE DE DÉFAUT COMPLET

La première option s'appuierait sur un rachat de dette grecque et un rehaussement de crédit ("credit enhancement") pour le secteur privé, mais elle entraînerait probablement un défaut sélectif, voire complet, du pays.

Le document ne précise pas la nature du rehaussement de crédit envisagé.

Les mécanismes fréquemment utilisés dans le cadre d'un rehaussement de crédit recourent à la titrisation, au collatéral et autres formes de garanties que le détenteur de dette pourra recevoir en guise de remboursement de sa créance.

Des sources au sein de la zone euro ont indiqué que dans l'un des scénarios envisagés, de nouvelles obligations grecques de maturité 30 ans seraient échangées contre de la dette grecque existante et que ces nouvelles obligations seraient garanties par du papier bénéficiant de la note AAA, émanant par exemple du FESF (Fonds européen de stabilité financière).

Aucun chiffre n'est mentionné, mais le document précise que le coût d'un sauvetage suivant cette première option serait la somme du plan de sauvetage grec, plus le coût des rehaussements de crédit, plus celui du rachat de dette, plus la recapitalisation des banques du pays, plus le collatéral apporté par la Banque centrale européenne, moins la participation du secteur privé.

TAXER LE SECTEUR FINANCIER

La deuxième option, qui pourrait s'appuyer sur la solution proposée par les banques françaises pour un roulement (rollover) de la dette, ne comprend pas de rehaussement de crédit et n'envisage pas de rachat de dette.

Elle entraînerait probablement un défaut sélectif, prévient le document.

Son coût pour le FESF serait celui du nouveau programme grec, augmenté de celui de la recapitalisation des banques grecques et du collatéral de la Banque centrale européenne (BCE), moins la contribution du secteur privé.

Cette solution nécessiterait que le FESF supporte des taux d'emprunt moins élevés et des maturités plus longues sur ses prêts.

L'impact final sur la dette grecque dépendrait de l'effort que pourrait fournir le FESF sur ces deux points.

La troisième solution, qui serait la moins susceptible de déclencher un défaut sélectif, prévoit la taxation du secteur financier, et proposerait également des taux plus bas et des maturités plus longues sur les fonds du FESF.

Cette solution ne causerait probablement pas de défaut. Son coût pour la zone euro serait moins élevé que celui des deux autres, puisqu'il ne comprendrait que le plan d'aide en lui-même, minoré de la contribution du secteur privé.

Là aussi toutefois, le FESF serait contraint d'abaisser ses taux d'intérêt et d'allonger la maturité de ses prêts afin d'accroître l'impact positif sur la dette extérieure grecque.

Cette proposition a provoqué une levée de boucliers quasi-simultanée des banques françaises et allemandes.

Interrogé sur ce projet, François Pérol a jugé qu'une taxe n'était pas la bonne réponse aux problèmes que traverse la Grèce. "Il ne me semble pas que ce soit la solution pour la Grèce", a dit le président de la Fédération bancaire française.

Gregory Schwartz, Nicolas Delame et Matthieu Protard pour le service français, édité par Gwénaelle Barzic

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