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Marchés de taux : Tout va bien, ou tout se détraque soudain ?

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(CercleFinance.com) - Le fait marquant de cette fin d'après-midi restera l'envolée des taux longs US vers 2,04% après un 1er coup de boutoir vers 2,01% autour de 16H30.

Le rendement du 'T-Bonds 2023' avait commencé par se détendre vers 1,89% dès que le communiqué lu par Ben Bernanke avait été divulgué aux marchés.

Le texte confirme globalement une attitude ultra-accommodante de la FED -sans horizon de temps- puisque la référence demeure le taux de chômage avec un objectif de 6,5%.

Compte tenu des 6 millions d'américains en âge de travailler qui ont cessé toute recherche d'emploi, cet objectif pourrait ne jamais être atteint.

Ben Bernanke répondant aux questions des membres du Congrès à réaffirmé que les fondements de la reprise actuelle restent fragiles: une inflexion de la politique monétaire ultra accommodante serait prématurée.

C'est exactement le message délivré par 2 collègues de Ben Bernanke mardi soir (W.Dudley et J.Bullard) et c'est exactement le message que W-Street voulait entendre: l'impression massive d'argent frais va continuer sans horizon de temps.

La chute de -5% des 'Treasuries' ne saurait s'expliquer par la hausse marginale des reventes de logements anciens de +0,6% (à 4,97 millions en rythme annuel): certains opérateurs auraient-ils détecté au travers du discours de Ben Bernanke un 'message codé' qui avertit que la stratégie de la FED pourrait évoluer plus rapidement que les marchés ne l'anticipent ?

Il faudra surveiller de près demain l'évolution du marché obligataire japonais car la chute des 'YGB' à 10 ans prend également des proportions alarmantes (leur rendement se tend à 0,905%).
Il a souvent été question dans les précédentes analyses d'un taux de référence de 0,6%: il s'agit de la moyenne observée du 28 février au 10 mai dernier.
L'écart de rendement atteint dans ce cas +50% en 10 séances, ce qui est déjà spectaculaire.

La tension devient vertigineuse par rapport aux 0,57% des premières séances de mai: +60%.

Elle s'avère carrément abyssale par rapport aux 0,4% testés début avril... mais ce plancher correspond techniquement à une aberration liée à des anticipations irréalistes: si le PIB japonais retrouve un rythme de croisière de 3% par an et que l'inflation rejoint l'objectif des 2% voulu par Shinzo Abe, alors les taux longs devraient déjà se situer au-delà des 1%.
Le problème, c'est que la correction subie par les emprunts nippons engendre déjà des pertes extrêmement sévères pour ceux qui ont acheté entre fin février et début mai... et les banques japonaises en détiennent une quantité considérable: heureusement que les gains sur les actions sont d'une ampleur historique depuis novembre dernier (+75%).

Face à la chute des marchés obligataires aux USA et au Japon, il a 2 visions qui s'affrontent: dans la version classique, une montée des taux et des marchés d'actions est antinomique et seul l'appétit irrépressible pour le risque et une complaisance coupable des banques centrales peut éviter temporairement une correction majeur des indices boursiers.

Dans la version 2013, tout ceci est très bon signe et d'excellent augure: les agents économiques ont commencé à enclencher 'la grande rotation' voulue justement par les banques centrales.

Les investisseurs vendent les placements obligataires (c'était le but de la politique monétaire menée depuis novembre dernier) et achètent des actions, même si elles sont déjà au plus haut absolu car il n'y a pas d'autre alternative.

Et cette hausse forcenée des actions va sauver les organismes de retraite qui sont confrontés au manque de revenu offert par les obligations.

Le présupposé, c'est que la FED réduira en douceur son 'QE-3', mais pas un seul économiste n'est capable de décrire le scénario d'une 'exit strategy' après des années de planche à billet: aucune n'a jamais été mise en oeuvre... et la Bank of Japan poursuit la sienne depuis 20 ans sans jamais avoir pu espérer en sortir.

Les taux longs grecs restent ancrés sous 8%, vers 7,9%: l'appétit pour le risque reste maximal en zone Euro... mais les optimistes appellent cela une 'normalisation' (peu importe les -5,4% du PIB grec et les -10% qui se profilent à Chypre en 2013).

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