Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Vivarte trouve un accord avec une partie de ses créanciers

Marché : Vivarte trouve un accord avec une partie de ses créanciers

Marché : Vivarte trouve un accord avec une partie de ses créanciersMarché : Vivarte trouve un accord avec une partie de ses créanciers

PARIS (Reuters) - Le groupe d'habillement Vivarte a annoncé mercredi être parvenu à un accord sur la restructuration de sa dette avec un groupe de douze de ses créanciers détenant plus de la moitié de sa dette.

L'entreprise, propriétaire de La Halle aux Vêtements, Naf Naf, Kookaï ou André, explique dans un communiqué que cet accord permettra de réduire sa dette de deux milliards d'euros via la conversion de créances en capital, les prêteurs devenant actionnaires de la société à l'issue du processus de restructuration.

Le groupe de créanciers, dont font notamment partie les fonds Alcentra, OakTree, Canyon ou encore GLG Partners, se sont également engagés à injecter 500 millions d'euros d'argent frais dans l'entreprise, conformément au plan de développement qui leur avait été présenté par son PDG, Marc Lelandais.

Ce schéma était présenté mercredi à l'ensemble des prêteurs qui devront se prononcer par un vote courant juin.

"Cette solution doit absolument être approuvée par 100% des créanciers. C'est compliqué parce que vous avez 170 créanciers", dit une source proche des négociations.

Plombé par une dette de 2,8 milliards d'euros, Vivarte réclamait à ses créanciers un abandon de dettes de quelque 2,3 milliards d'euros et avait annoncé le 9 mai avoir reçu cinq offres de restructuration de sa dette, ouvrant la voie à une possible reprise du géant français de l'habillement.

Vivarte avait suspendu ses remboursements et s'était engagé en mars dernier dans une procédure de conciliation avec un administrateur judiciaire afin de trouver un accord.

Si le projet est approuvé par les créanciers, il permettrait à l'entreprise de ramener sa dette à 800 millions d'euros contre 2,8 milliards actuellement.

PARMI LES PLUS GROS LBO EUROPEENS

Sa dette, qui compte parmi les plus gros LBO européens, avait été contractée par Charterhouse pour le rachat de l'entreprise en 2007, avant l'éclatement de la crise financière.

Ses grands actionnaires, le fonds Charterhouse (60% du capital), les fonds Chequers et Sagard (environ 8% chacun) et l'ancien management de l'entreprise (18%, dont environ 9% pour son ancien PDG Georges Plassat parti diriger Carrefour) devraient donc sortir.

Vivarte a souffert d'une conjoncture morose, d'une concurrence accrue des géants de la mode à bas prix, et a dû apurer des stocks pléthoriques comme d'importantes dettes fournisseurs.

Ses ventes ont reculé en 2012-2013, aux environs de 2,8 milliards d'euros, contre 3,0 milliards un an plus tôt et son excédent brut d'exploitation (Ebitda) a été divisé par près de deux en deux ans à moins de 300 millions d'euros.

Distancé par les géants de la mode comme Zara ou H&M, le groupe a souffert d'un sous-investissement massif mais veut repasser à l'offensive à l'heure où le britannique Primark s'installe en France.

Marc Lelandais a engagé un plan de transformation pour lequel il réclame aussi à ses créanciers une injection de 500 millions d'euros d'argent frais afin de pouvoir investir dans son parc de magasins.

Ce plan sur cinq ans passe notamment par une refonte de l'offre des marques et par la relance de La Halle. Vivarte a d'ores et déjà lancé le grand chantier de rénovation de son ancienne pépite qui pèse pour près de la moitié de son chiffre d'affaires et dont le modèle a été largement dépassé.

Loin des hangars des périphéries urbaines où les vêtements s'entassent en désordre, le nouveau concept qui vient de voir le jour à Paris dans le IXe arrondissement se présente comme un grand magasin de marques, regroupant les lignes "bis" de Caroll, Kookaï ou Chevignon et les autres marques du groupe comme Liberto ou Creeks.

Pour Marc Lelandais, il s'agit d'offrir une mode créative, passant par le recrutement de stylistes, sans renoncer à un positionnement de prix compétitif.

(Pascale Denis et Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...