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Marché : Pour la BCE, attirer les banquiers ne sera pas aisé

Marché : Pour la BCE, attirer les banquiers ne sera pas aiséMarché : Pour la BCE, attirer les banquiers ne sera pas aisé

par Eva Taylor

FRANCFORT (Reuters) - Pour la Banque centrale européenne (BCE), attirer des banquiers chevronnés au sein de son Mécanisme de supervision unique (MSU) ne sera pas chose aisée dans la mesure où les salaires sont moins élevés que dans le secteur de la finance.

Faire de la BCE l'organisme unique de supervision bancaire est l'étape la plus ambitieuse vers l'intégration européenne depuis le lancement de la monnaie unique voici 15 ans.

Embaucher les bonnes personnes dès le départ est vital pour la réussite du projet et la BCE se repose beaucoup sur les autorités locales pour trouver les 770 superviseurs qu'il lui faut d'ici novembre.

Depuis le déclenchement de la crise financière, qui a mis au jour des carences criantes en matière de réglementation, les compétences requises pour être un bon superviseur ont changé, explique Julie Dickson, du Conseil de stabilité financière, organe de coordination de la réglementation financière au sein du Groupe des Vingt (G20).

"On attend dorénavant des superviseurs qu'ils aient des discussions solides avec les directeurs généraux et les conseils d'administration et qu'ils creusent des questions telles que la chaîne de succession des banques d'importance systémique et la culture du risque", explique-t-elle.

"Ces compétences étaient rares dans les organismes de supervision il y a quelques années", ajoute-t-elle.

La BCE s'est d'abord préoccupée de pouvoir aux postes les plus importants de la hiérarchie avant de s'occuper du reste, reste pour lequel elle reçoit des centaines de curriculum vitae.

La rémunération minimale des superviseurs de la BCE est de l'ordre de 55.000 euros par an. Elle peut atteindre 120.000 euros. La fiscalité européenne, avec un taux qui varie de 8% à 45%, est souvent inférieure à celle des Etats membres.

La rémunération moyenne de la Deutsche Bank en 2013 était de 120.000 euros environ et pour la banque suisse UBS elle se montait à un peu plus de 275.000 euros.

La BCE met également en place des procédures de façon à ce que tout emploi qu'un superviseur occuperait durant une période de deux ans au plus après avoir quitté la BCE n'aboutisse pas à un conflit d'intérêt avec ce que furent ses responsabilités au sein de la banque centrale.

Mélanger des experts de la supervision et des banquiers venant du secteur privé pourrait s'avérer une combinaison gagnante pour le MSU, pour autant que leur intégration soit faite avec soin, observe Dickson.

Un conflit "culturel" était ainsi patent au sein de l'Autorité des services financiers (FSA) britannique, remplacée en 2013, après 12 ans d'exercice, par un nouvel organisme. "Il y avait des tensions entre la culture du secteur public et la culture de la City", explique un ancien de la FSA, faisant référence au centre financier de la City de Londres.

De fait, l'arrivée de nouveaux venus du secteur privé provoque un certain malaise chez certains salariés de la BCE. "Vont-ils nous manger ou allons-nous les manger?", se demandait une source de la BCE.

(Avec Laura Noonan à Londres, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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