Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Pays-Bas en berne, du mieux pour l'Espagne et Chypre

Marché : Pays-Bas en berne, du mieux pour l'Espagne et Chypre

tradingsat

(CercleFinance.com) - L'agence de notation-crédit américaine Standard & Poor's (S&P's) a révisé ses notations des dettes publiques de plusieurs Etats européens, dont les Pays-Bas, qui à leur tour perdent leur “AAA”. En revanche, grâce à une meilleure dynamique de leur économie, les pays du Sud de la zone euro s'en sortent mieux : si la note de l'Espagne est toujours 'BBB-', la perspective associée est désormais stable et non plus négative. Enfin, la note de Chypre est relevée de 'CCC+' à 'B-'.

En premier lieu, les Pays-Bas font désormais eux aussi partie des pays européens ayant perdu leur note maximale de 'AAA' au profit de la note immédiatement inférieure, 'AA+'. La perspective associée est “stable”. 'Les perspectives de croissance des Pays-Bas nous semblent maintenant plus faibles que nous ne l'anticipions précédemment, et leur croissance tendancielle nous apparaît inférieure à celles d'autres pays au même stade de développement', attaque la note.

Après une contraction de 1,2% en 2013, l'économie des Pays-Bas devrait croître de 0,4% en 2014 puis accélérer à 1,5% en 2016. Mais elle ne renouera pas avec la croissance moyenne de 2,4% enregistrée entre 1994 et 2009, estime Standard & Poor's. En moyenne de 2006 à 2016, le taux annuel moyen devrait s'établir à - 0,1%. Or durant cette même période, les pays comparables devraient afficher un taux annuel moyen compris entre 0,3 à 1,5%.

L'agence estime d'ailleurs que les Pays-Bas ne dépasseront pas leur PIB de 2008 avant 2017.

Le taux de chômage, soit 4% en 2009, passerait à 8% en 2014.

Certes, le taux d'endettement des ménages est revenu au 30 juin à 110% du PIB, les prix immobiliers ayant chuté de 20% depuis leurs sommets, puis continuer à baisser. La banque centrale estime qu'actuellement, les dettes hypothécaires portées par 16% des ménages néerlandais sont supérieures à la valeur de leur habitation. Le risque est cependant modéré par l'épargne financière des ménages, qui représente 280% du PIB mais est en bonne partie 'bloquée' dans des fonds de pension.

En raison d'un conjoncture moins porteuse que prévu, 'il sera plus difficile au gouvernement d'atteindre ses objectifs fiscaux, même si le consensus politique national visant à contenir la dette et le déficit publics devrait être maintenu'. De ce fait, la perspective associée à cette nouvelle note est 'stable', ce qui ne présage pas d'une nouvelle dégradation à court terme. Ainsi, le taux de dette publique sur PIB ne devrait pas dépasser la barre des 80% d'ici 2016.

En second lieu, S&P's se montre plus positif sur la dette de l'Espagne : si la notation à long terme des papiers d'Etat espagnols reste de 'BBB-', la perspective associée est relevée de 'négative' à 'stable', ce qui éloigne la perspective d'une nouvelle dégradation.

'La position extérieure de l'Espagne s'améliore grâce à la reprise graduelle de la croissance', sans oublier les conséquences 'des réformes budgétaires et structurelles doublées des politiques de soutien menées en zone euro'.

Ainsi, après une récession estimée à 1,2% en 2013, le PIB espagnol devrait croître de 0,8% en 2014, prévoit Standard & Poor's, puis + 1,2% en 2015, 'grâce notamment à de solides exportations'.

En moyenne sur la période 2013-2016, S&P's s'attend à une croissance de 0,6%, contre 0,3% précédemment. Cependant, le ratio dette publique/PIB devrait encore augmenter de près de 83% en 2013 à environ 96% à 2016.

En troisième et dernier lieu, Standard & Poor's a relevé la note de la dette publique chypriote de 'CCC+' à 'B-' (un cran de plus). 'De notre point de vue, le risque immédiat pesant sur les programmes (d'ajustement budgétaires) chypriotes et, de ce fait, sur la capacité de l'Etat à assurer le service de sa dette, semblent avoir reculé', écrit l'agence.

Selon l'agence, le gouvernement de Chypre, qui a déjà réussi à mener à bien les deux premiers accords signés avec la 'Troika' (UE, BCE et FMI), devrait continuer sur cette voie. 'Ce programme a amélioré le profil de la dette publique chypriote et couvre ses besoins de refinancement jusqu'à mars 2016'.

De plus, la contraction du PIB national s'annonce moins forte que prévu même si elle reste sévère : - 8% en 2013 et - 6% en 2014, sachant qu'un nouveau relèvement de ces prévisions n'est pas exclu étant donné le soutien donné à la consommation par l'épargne que les ménages ont utilisé.

Ainsi, le taux de dette publique/PIB devrait culminer à 135% fin 2016.

Enfin, la perspective associée à la note est 'stable' “alors qu'approche la fin du programme de trois fixé par la Troika, ce qui sera compensé par le potentiel d'amélioration que nous discernons pour l'économie chypriote. Après - 2% en 2015, la croissance devrait revenir en 2016 (+ 0,2%).

Copyright (c) 2013 CercleFinance.com. Tous droits réservés.

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI