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Marché : Les grands pays émergents pèsent sur la croissance globale

Marché : Les grands pays émergents pèsent sur la croissance globaleMarché : Les grands pays émergents pèsent sur la croissance globale

par Leigh Thomas et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le ralentissement en cours dans plusieurs pays émergents pèse sur la croissance globale, que les grandes économies avancées convalescentes n'ont pas la capacité d'entretenir à elles seules, estime l'OCDE dans ses prévisions économiques d'automne publiées mardi.

L'Organisation de coopération et de développement économiques a revu en conséquence à la baisse sa prévision de la croissance de l'économie mondiale en 2014, à 3,6%.

C'est plus que ce qu'elle escompte pour 2013 (2,7%) mais sensiblement moins que les 4% qu'elle attendait en mai dans ses précédentes prévisions semestrielles.

"Nous avons abaissé nos prévisions pour plusieurs raisons, mais la principale est le ralentissement de la croissance des pays émergents", a déclaré à Reuters Pier Carlo Padoan, le chef économiste de l'OCDE. Le ralentissement du commerce mondial et la faiblesse de l'investissement expliquent aussi ces révisions.

Chine mise à part, les grands pays émergents ne sont plus en mesure d'être les locomotives de l'économie mondiale, plombés qu'ils sont par des sorties de capitaux depuis que la Réserve fédérale américaine a évoqué la possibilité de fermer progressivement le robinet de la création monétaire.

Et pour Pier Carlo Padoan, les économies avancées ne peuvent prendre le relais.

"Les Etats-Unis sont en croissance mais il leur faut régler leurs problèmes budgétaires", dit-il. "La zone euro a renoué avec la croissance, mais elle est très faible, et si celle du Japon est plus forte, la question est de savoir si elle sera durable".

Pour l'OCDE, la politique monétaire américaine "doit rester accommodante pendant quelque temps". Mais dès que la croissance se renforcera, la Fed devra ralentir ses achats massifs d'obligations avant d'envisager une remontée de ses taux dans le courant de 2015.

RISQUES DE DÉFLATION

En attendant, l'OCDE voit le PIB des Etats-Unis progresser à un rythme annuel de 2,9% l'an prochain, ce qui constituerait un plus haut depuis 2005, après 1,7% en 2013.

Mais l'organisation s'inquiète dans le même temps de la "stratégie de la corde raide" de la politique budgétaire américaine et recommande l'abandon du "plafond de la dette" et son remplacement par "un programme crédible, à long terme, de redressement des finances publiques".

La reprise en zone euro s'annonce toujours fragile (+1,0% en 2014 contre +1,1% prévu en mai) et surtout inégale selon les pays sur fond d'inflation basse et de chômage toujours élevé, en particulier chez les jeunes.

L'OCDE y voit des raisons pour que la Banque centrale européenne, qui vient récemment d'abaisser son principal taux directeur à un niveau historiquement bas, de maintenir sa politique monétaire au niveau actuel au moins jusqu'à fin 2015, voire d'envisager de nouvelles mesures "non conventionnelles" si des risques de déflation apparaissent.

Elle revoit au passage en légère baisse, à 1,7% contre 1,9% précédemment, sa prévision de croissance 2014 pour l'Allemagne, la principale économie de la zone euro.

A l'inverse, elle la relève à 1,0%, contre 0,8% auparavant, pour la France, confortant le scénario macroéconomique retenu par le gouvernement pour le budget 2014.

En Europe hors zone euro, l'OCDE révise en forte hausse sa prévision de croissance 2014 pour le Royaume Uni, de 1,5% à 2,4%, et s'attend à ce que la Banque d'Angleterre commence à relever ses taux fin 2015, quand le taux de chômage reviendra à 7%.

Au Japon, la croissance devrait ralentir à 1,5% l'an prochain contre 1,8% cette année.

L'organisation recommande le maintien de la politique monétaire très agressive de la Banque du Japon mais presse dans le même temps le gouvernement de mettre en oeuvre "un plan d'assainissement budgétaire plus détaillé et plus crédible permettant d'atteindre l'objectif d'un excédent primaire d'ici 2020."

Edité par Marc Angrand

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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