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Marché : Le PIB de l'Allemagne soutenu par la demande des ménages

Marché : Modeste croissance de l'économie allemande au 3e trimestreMarché : Modeste croissance de l'économie allemande au 3e trimestre

par Michael Nienaber

BERLIN (Reuters) - Une hausse de la consommation des ménages allemands et une augmentation des dépenses publiques pour accueillir les réfugiés ont plus que compensé la faiblesse du commerce extérieur au troisième trimestre, permettant à la première économie européenne d'afficher une modeste croissance de 0,3%.

Avec un taux de chômage à 6,4%, au plus bas depuis la réunification du pays, des salaires en hausse, une essence bon marché et des prix qui ne bougent quasiment pas, les ménages allemands sont fortement tentés de dépenser, ce qui explique qu'ils soient devenus le principal moteur de la croissance.

En même temps, un nombre record de réfugiés, fuyant la guerre au Moyen-Orient, s'installent en Allemagne, ce qui conduit le gouvernement fédéral et les Länder à depenser des milliards d'euros pour leur trouver un logement, un emploi et à les intégrer.

Selon les chiffres détaillés du produit intérieur brut (PIB) publiés mardi par l'Office fédéral de la statistique, l'Allemagne a enregistré une croissance, corrigée des variations saisonnières, de 0,3% sur la période juillet-septembre par rapport au deuxième trimestre, comme annoncé en première estimation le mois dernier.

Au deuxième trimestre, la croissance avait été de 0,4%. Sur un an, la hausse du PIB a été confirmée également à 1,8% au troisième trimestre après +1,6% sur la période avril-juin.

La consommation des ménages a augmenté de 0,6% et les dépenses publiques ont bondi de 1,3%, du jamais vu depuis 2009. Dans son ensemble, la demande intérieure a contribué à hauteur de 0,7 point de pourcentage au PIB.

"Bien sûr, les coûts (liés à l'arrivée massive) de réfugiés ont joué un rôle. On voit les premiers effets sur les dépenses publiques", a commenté un responsable de l'Office fédéral de la statistique.

Selon Andreas Scheuerle, économiste chez DekaBank, la hausse des dépenses publiques induite par l'afflux de réfugiés devrait continuer de soutenir la croissance au cours des prochains trimestres.

Il ajoute que le faible niveau des investissements des entreprises allemandes demeure en revanche un problème pour l'économie.

HAUSSE SURPRISE DE L'INDICE IFO

Les exportations ont de leur côté moins augmenté que les importations, en raison notamment d'une faiblesse de la demande en provenance de la Chine et d'autres pays émergents. Le commerce extérieur a eu un impact négatif de 0,4 point de pourcentage sur le PIB, sa plus faible contribution en deux ans.

"Les exportations sont particulièrement faibles. Sans l'aide du bas niveau de l'euro et de la croissance dans les pays industrialisés, cela aurait pu être encore pire", a poursuivi Andreas Scheuerle.

Les récents indicateurs macroéconomiques allemands offrent une image contrastée de la conjoncture du pays.

En septembre, les exportations et importations ont rebondi après leur plongeon du mois précédent, mais la production industrielle a accusé sa plus forte baisse depuis plus d'un an.

Toujours en septembre, les commandes à l'industrie se sont contractées de manière inattendue, enregistrant un troisième mois consécutif de recul sous l'effet d'un ralentissement de la demande extérieure,

Mais le sentiment des investisseurs, mesuré par l'institut ZEW, s'est nettement amélioré en novembre après sept mois consécutifs de baisse.

Et, juste après la publication du PIB détaillé, l'institut Ifo a annoncé que son indice du climat des affaires avait enregistré une hausse surprise le mois dernier, ce qui suggère que les chefs d'entreprise allemands restent confiants malgré de moins bonnes perspectives en matière d'exportation vers les pays émergents.

Lundi, les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle Markit auprès des directeurs d'achats ont montré que la croissance du secteur privé allemand s'était accélérée en novembre.

(Avec la contribution de Klaus Lauer et de Rene Wagner, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison)

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