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Marché : Le pétrole brièvement sous 30$ pour la première fois depuis 2003

Marché : Le pétrole brièvement sous 30$ pour la première fois depuis 2003Marché : Le pétrole brièvement sous 30$ pour la première fois depuis 2003

NEW YORK (Reuters) - Les cours du pétrole à New York sont brièvement tombés mardi sous le seuil de 30 dollars le baril pour la première fois depuis plus de 12 ans, poursuivant un mouvement de baisse qui les ont fait chuter de près de 18% depuis le début du mois.

Le contrat février sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perdait 97 cents, soit 3,1%, à 30,44 dollars le baril en fin de séance après être brièvement tombé à 29,93 dollars, son plus bas niveau depuis décembre 2003.

Le Brent a quant à lui fini à 30,86 dollars, en repli de 69 cents, soit 2,19%, après un plus bas à 30,34 dollars.

Les cours affichent ainsi leur septième séance consécutive de baisse, un mouvement alimenté principalement par les doutes sur la demande chinoise et l'absence de diminution de l'offre mondiale.

"Le mouvement à la baisse est trop puissant même si, fondamentalement, rien n'a changé", a expliqué Dominick Chirichella, associé de l'Energy Management Institute.

L'annonce d'un attentat suicide qui a fait au moins dix morts à Istanbul et les déclarations du ministre nigérian du Pétrole sur la volonté de "quelques" pays membres de l'Opep d'organiser une réunion d'urgence du cartel ont provoqué une séance une brève remontée des cours mais la tendance s'est vite inversée.

Le ministre du Pétrole des Emirats arabes unis (EAU) a écarté l'hypothèse d'une initiative de l'Opep, jugeant que la stratégie actuelle fonctionnait.

UN REBOND SOLIDE JUGÉ PEU PROBABLE AVANT FIN 2017

L'organisation, malgré l'opposition de certains de ses membres, poursuit une politique de production maximale pour défendre ses parts de marché, dans l'espoir notamment de faire baisser la production nord-américaine de pétrole de schiste et de sables bitumineux, plus coûteux à exploiter.

La baisse ininterrompue du prix du baril sur les sept dernières séances, qui peut aussi s'expliquer en partie par l'appréciation du dollar américain, est sans précédent depuis la crise financière.

Ajoutant aux motifs d'inquiétude des investisseurs, des sources de marché ont rapporté que l'Irak, deuxième producteur de l'Opep, prévoyait d'exporter un volume record d'environ 3,63 millions de barils par jour (bpj) en février.

De son côté, l'Energy Information Administration (EIA) américaine a dit s'attendre à ce que la production mondiale augmente encore jusqu'à la fin de l'an prochain, notamment avec la probable levée des sanctions occidentales contre l'Iran.

L'agence fédérale table sur un cours moyen du Brent de 40 dollars en 2016 et 50 dollars en 2017 et sur un prix du brut américain inférieur de deux dollars environ à celui du Brent cette année et de trois dollars l'an prochain.

"S'il ne se passe rien d'énorme et si la situation des économies émergentes ne s'améliore pas, le prix du pétrole ne semble pas en mesure de remonter avant la fin 2017", a estimé Kevin Book, analyste spécialisé du cabinet ClearView Energy Partners.

(Catherine Ngai; Marc Angrand pour le service français)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

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