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Marché : Le ministre allemand des Finances veut une étude sur la France

Marché : Wolfgang Schäuble veut une étude sur l'économie françaiseMarché : Wolfgang Schäuble veut une étude sur l'économie française

par Annika Breidthardt et Rene Wagner

BERLIN (Reuters) - Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a demandé au Conseil des experts économiques, les "sages", de réfléchir à des propositions de réformes économiques pour la France, craignant un décrochage de la deuxième économie de la zone euro dont l'Allemagne serait la première à pâtir.

Deux responsables s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, ont dit cette semaine à Reuters que Wolfgang Schäuble avait demandé aux "sages" de réfléchir à un rapport susceptible de donner des pistes de réformes pour la France.

La demande présentée par le ministère des Finances met en exergue la montée des inquiétudes à Berlin vis-à-vis d'un de ses partenaires privilégiés, qui risque de ne pas atteindre ses objectifs de déficits l'an prochain.

"Les inquiétudes s'accumulent en raison du manque d'action du gouvernement français sur la réforme du marché du travail", a dit Lars Feld, un des membres du comité des sages, à Reuters.

Aucune requête formelle n'a toutefois été formulée.

Le ministère allemand des Finances a refusé de faire le moindre commentaire sur des "discussions non officielles".

Depuis sa création, il y a 49 ans, dans le but de conseiller sur les questions économiques le gouvernement fédéral et le Parlement allemands, le conseil des experts économiques n'a jamais publié d'étude sur d'autres pays autres l'Allemagne.

RISQUE DE RÉCESSION

Au pouvoir depuis six mois, le président François Hollande est pressé de toute part de réformer une économie qui perd en compétitivité par rapport à son voisin allemand ou aux pays de l'Europe du Sud qui ont engagé des mesures drastiques en réaction à la crise de la zone euro.

Le rapport "Gallois" sur la compétitivité publié cette semaine a posé un diagnostic sévère sur l'état de l'économie française et recommandé une série de réformes, prônant notamment un allègement du coût du travail.

Le gouvernement français en a largement repris les préconisations dans un "pacte pour la croissance, la compétitivité et l'emploi" présenté mardi et dont la mesure phare consiste en 20 milliards d'euros de crédits d'impôt en faveur des entreprises.

Pour beaucoup d'économistes, le signal envoyé par les dirigeants français est le bon mais il ne va pas assez loin.

Contrairement à l'Italie ou l'Espagne, la France conserve pour l'instant un accès très favorable aux marchés financiers, mais de plus en plus de voix se demandent si Paris pourra durablement compter sur les taux avantageux que lui accordent ses créanciers.

L'économie française devrait connaître une légère récession au second semestre, selon la Banque de France, qui a annoncé vendredi prévoir un recul de 0,1% du PIB pour le quatrième trimestre comme elle l'anticipait déjà pour le troisième trimestre.

Ces prévisions se comparent à celles de l'Insee qui, dans sa dernière note de conjoncture en date de début octobre, prévoyait une croissance nulle de l'économie française au quatrième comme au troisième trimestres, avec pour conséquence un PIB 2012 en hausse de 0,2%.

Le gouvernement escompte pour sa part une hausse de 0,3% de celui-ci et le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, avait prédit fin octobre "une croissance très légèrement positive pour le troisième trimestre".

DOUTES

Les sages allemands ne sont pas obligés de suivre la recommandation de Wolfgang Schäuble. Selon l'une des sources, s'ils accédaient à la requête, il est plus que probable qu'ils rédigent l'étude de concert avec un institut français.

En tout état de cause, les experts allemands s'inquiètent de l'état de l'économie française. Dans un rapport publié mercredi, ils ont évoqué la stagnation française, de plus en plus dangereuse en raison de la tendance récessionniste observée dans l'ensemble de la zone euro.

Ils ont d'ailleurs émis des doutes sur l'efficacité des mesures d'économies annoncées à Paris, qui risquent de ne pas suffire à consolider le budget français.

"Le principal problème en ce moment, ce n'est plus la Grèce, l'Espagne ou la l'Italie, c'est devenu la France parce qu'elle n'a rien entrepris de nature à rétablir sa compétitivité, au contraire, elle va dans l'autre direction", a dit mercredi Lars Feld.

"Il faut à la France une réforme du marché du travail, c'est le pays de la zone euro qui travaille moins d'année en année, alors, qu'attendez vous comme résultat ? Les choses n'iront pas en s'améliorant à moins que des efforts soient déployés."

Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Joanny

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