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Marché : Le Brexit rajoute de l'incertitude sur la croissance mondiale

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par Jeremy Gaunt et John Mair

LONDRES/SYDNEY (Reuters) - L'impact sur l'économie mondiale du vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne se fera d'abord ressentir dans les enquêtes auprès des acteurs économiques avant de se traduire dans les données réelles, un décalage dans le temps susceptible d'accroître l'incertitude sur l'évolution de la croissance.

Depuis plusieurs mois, les grandes institutions internationales comme le FMI ont mis en garde contre les risques posés par un Brexit, d'autant que le référendum en Grande-Bretagne est intervenu alors que se manifestaient déjà des signes de ralentissement de la croissance mondiale.

Le Fonds monétaire international (FMI) a déjà abaissé sa prévision de croissance mondiale pour cette année, avec un "modeste 3,2%" alimenté essentiellement par les économies émergentes. La croissance des économies dite avancées comme la zone euro devrait être bien plus faible.

Le résultat du référendum britannique alimente désormais les inquiétudes des gouvernements et des observateurs.

"L'économie mondiale était fragile avant et elle l'est encore plus aujourd'hui", écrivent ainsi les économistes de Citigroup dans un rapport.

Si les marchés financiers ont immédiatement réagi à ce choc dont ils avaient fini par croire qu'il ne se concrétiserait pas, l'impact plus profond du Brexit sur les économies à travers le monde sera plus long à se manifester, le temps que mûrissent les doutes dans l'esprit des acteurs économiques.

"Nous constaterons l'impact dans un premier temps dans les études sur la confiance des consommateurs et auprès des entreprises. Il se manifestera plus tard dans les données réelles", prédit Sarah Hewin, économiste en chef pour l'Europe chez Standard Chartered Bank.

Selon elle, une attention particulière doit être portée sur les études auprès des directeurs d'achat (PMI), des enquêtes mensuelles qui mesurent les intentions des entreprises des secteurs manufacturier et de services.

"Un PMI plus faible devrait se refléter plus tard dans la production industrielle", dit-elle.

DES CONSÉQUENCES AU-DELÀ DE LA SEULE EUROPE

Les indices PMI qui seront publiés la semaine prochaine ne traduiront pas les conséquences du vote mais les incertitudes de la période qui a précédé le référendum. Les économistes devront attendre mi-juillet au plus tôt pour voir émerger les premiers effets du Brexit.

Il n'est pas certain que la décision britannique de sortir de l'Union européenne produise un choc aussi massif que ne le prédisent le FMI et d'autres institutions. Nombre d'économistes pensent néanmoins que ce sera bien le cas.

"Dans l'économie réelle, le PIB mondial va assurément être affecté, le PIB américain, le PIB japonais, le PIB partout!", avance Bob Takai, président de Sumitomo Corp Global Research à Tokyo.

Le facteur décisif pourrait être l'ampleur de la réaction de l'économie de la zone euro, qui commence à peine à décoller avec les milliards d'euros déversés par la Banque centrale européenne pour soutenir l'activité.

"Le moral et les effets de change pourraient retirer 0,6 point à la croissance du PIB d'ici 2017. La contagion politique pourrait même être plus importante", écrit ING Research dans une note.

L'un des premiers signes pourrait venir le 25 juillet avec la publication de l'enquête mensuelle de l'institut Ifo sur le climat des affaires en Allemagne. L'enquête Ifo sur le mois de juin publiée vendredi a mis en lumière la solidité de l'économie allemande mais elle a été réalisée avant le référendum britannique.

Pour beaucoup d'économistes, cette vigueur ne durera pas et les conséquences du Brexit se feront ressentir au-delà des frontières de l'Allemagne et même de l'Europe par effet de contagion.

"Comme l'Union européenne est le principal partenaire commercial de la Chine, un ralentissement de l'économie de l'UE freinera la croissance de la Chine", prédit Wu Jieyun, analyste chez China International Capital Corporation à Pékin. "En tant qu'économie de marché émergente, la Chine sera touchée par le climat d'aversion au risque."

(Avec Aaron Sheldrick et Tetsushi Kajimoto à Tokyo, Tom Westbrook à Sydney, Hidayat Setiaji et Gayatri Suroyo à Djakarta et Elias Glenn à Pékin; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Joanny)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

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