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Marché : La zone euro reste sous la menace de la déflation

Marché : La zone euro reste sous la menace de la déflationMarché : La zone euro reste sous la menace de la déflation

par Rahul Karunakar

(Reuters) - Un net rebond de l'activité économique au sein de la zone euro est peu probable dans les deux années à venir en raison de la faiblesse persistante de l'inflation et d'un chômage élevé, montre une enquête Reuters auprès d'économistes publiée jeudi.

La déflation au sein de la zone euro est d'ailleurs identifiée par ces économistes comme l'un des trois principaux risques pesant sur la reprise économique mondiale.

La poursuite de la consolidation budgétaire et le niveau élevé du chômage dans de nombreux pays de la zone euro se traduisent par des prévisions de production industrielle et de consommation faibles alimentant les anticipations d'une croissance sans élan et d'une inflation durablement basse.

La vigueur de l'euro, qui devrait se maintenir sur ses niveaux actuels pour le restant de l'année selon les économistes interrogés, freine aussi l'inflation ainsi que la croissance économique en pesant sur les exportations.

Après une contraction de 0,4% l'année dernière, l'économie de la zone euro devrait enregistrer une croissance de 1,0% cette année et de 1,5% en 2015 et 2016, selon les 70 économistes interrogés la semaine dernière.

La croissance de la zone euro ne serait ainsi que du tiers de celle du Royaume-Uni et resterait inférieur à celle de 1,7% anticipée pour les Etats-Unis où l'activité s'est pourtant fortement contractée au premier trimestre en partie en raison d'un hiver anormalement rigoureux.

"Il semble que le rythme de la croissance au sein de la zone euro plafonne voire même ralentisse", constate Jessica Hinds, économiste en charge de l'Europe chez Capital Economics.

La zone euro devrait au mieux enregistrer une croissance de 0,3% à 0,4% par trimestre jusqu'à la fin de cette année.

DIVERGENCES DES BANQUES CENTRALES

La Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre pourraient relever leurs principaux taux directeurs dès le premier semestre 2015 avec l'accélération de la reprise de leur économie et la hausse de l'inflation.

La Banque centrale européenne a en revanche annoncé début juin un nouvel assouplissement de sa politique monétaire, qui devrait rester très accommodante dans les années à venir, afin de lutter contre la faiblesse de l'inflation et de soutenir la reprise au sein de la zone euro.

Les mesures annoncées, consistant notamment en une baisse des taux directeurs à de nouveaux plus bas historiques et en de nouvelles facilités de refinancement à long terme pour les banques, ont entraîné une dépréciation momentanée de l'euro sans véritablement dissiper les craintes de déflation.

Les économistes interrogés anticipent une inflation de 0,7% en moyenne cette année, bien en-desssous de l'objectif de la BCE d'une hausse des prix inférieure mais proche de 2,0% l'an à moyen terme; Ce niveau ne devrait pas être atteint avant 2017, selon eux.

Bien que ces prévisions ne soient pas significativement différentes de celles de l'enquête du mois dernier, la proportion des économistes anticipant une inflation plus faible que celle contenue dans les propres projections de la BCE a augmenté.

"Je ne pense pas que des crédits à bas taux soient la solution aux difficultés de la zone euro", a déclaré Samuel Slama, économiste chez Fathom Financial Consulting.

"L'injection de liquidités dans le système n'est qu'un héritage de la crise et ne règle pas les problèmes."

L'Allemagne devrait rester la locomotive de la reprise européenne mais la croissance dans les autres pays coeur de la zone euro devrait rester mitigée et la France ne devrait pas parvenir à respecter ses objectifs d'assainissement budgétaire, pourtant déjà repoussés dans le temps. ()

Les perspectives pour les pays périphériques comme la Grèce, l'Irlande, l'Espagne et le Portugal sont toutefois plus encourageantes qu'il y a trois mois.

Mais le marché de l'emploi ne devrait pas connaître d'embellie au cours des trois prochaines années à l'échelle de la zone qui se caractérise par un chômage élevé.

Si les politiques des banques centrales se sont traduites par une baisse sensible du chômage aux Etats-Unie et au Royaume-Uni, la plupart des économies de la zone euro peinent à enregistrer des progrès notables sur ce front.

(Marc Joanny pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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