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Marché : La zone euro pourrait prolonger le plan d'aide à la Grèce

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par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Des responsables de la zone euro ont discuté jeudi d'une prolongation pouvant aller jusqu'à six mois du plan d'aide à la Grèce, a-t-on appris vendredi soir auprès de deux responsables au fait des négociations.

Il s'agit de donner davantage de temps aux négociations qui s'ouvriront avec le futur gouvernement grec issu des élections législatives du 25 janvier et porteront sur les conditions de sortie du plan.

Le plan de sauvetage actuel, qui a déjà été prolongé de deux mois, arrive à échéance fin février.

L'actuel gouvernement d'Antonis Samaras, en difficulté dans les sondages, espérait le remplacer par une ligne de crédit préventive, qui prendrait la forme d'un outil existant du Mécanisme européen de stabilité (MES) appelé l'ECCL ("Enhanced Conditions Credit Line"), à laquelle il n'aurait jamais à faire appel.

"Il faudra qu'il y ait une prolongation au-delà de février. Ce sera inévitable", a dit un responsable de la zone euro au fait des négociations. "Cela pourrait prendre encore six mois."

Cette prolongation devra être demandée par le futur gouvernement grec.

Face à l'envolée des coûts d'emprunt de la Grèce en pleine incertitude pré-électorale, Athènes semble avoir encore besoin d'un soutien de la zone euro et une ligne de crédit préventive pourrait ne pas suffire, expliquent les responsables.

De plus, la Banque centrale européenne (BCE) a récemment fait clairement savoir à la Grèce que son système bancaire n'aurait pas un accès inconditionnel à ses financements.

Aucune décision n'a été prise et il est probable que la question fasse encore l'objet de discussions lors de la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro le 26 janvier, au lendemain du vote grec.

"L'ECCL est destiné à un pays qui a en principe accès au marché, et l'ECCL est une police d'assurance visant à calmer tout doute qui pourrait demeurer sur le marché", a dit le deuxième responsable de la zone euro.

"Avec un peu de bonne volonté on pouvait dire vers la fin de l'année que cela s'appliquait à la Grèce. Maintenant, avec l'incertitude, le stress sur le système financier, les rendements à long terme allant au-delà de 10% - tout cela fait qu'il est beaucoup moins évident pour la Grèce d'être admissible à l'ECCL", a-t-il ajouté.

"L'ensemble de la situation grecque semble moins favorable qu'il y a six semaines. Ce qu'il leur faudrait c'est tout simplement d'un plan normal", a-t-il dit, ajoutant que le pays pourrait avoir besoin de cinq à six mois de plus.

RETRAITS MASSIFS DANS LES BANQUES

Il n'y a eu aucune discussion entre les responsables sur des montants d'aide dans le cadre d'un éventuel troisième plan de sauvetage ou tout autre détail en préparation de la réunion des ministres des Finances.

"Il s'agissait d'un échanges d'idées, les discussions ont porté sur les scénarios plutôt que sur des décisions concrètes", a fait savoir le premier responsable.

Autre source d'inquiétude: les retraits massifs des dépôts des banques grecques que les responsables ont évalué pour la première fois à environ 60 millions d'euros par jour.

Ces retraits massifs des déposants avant les élections ont incité deux grandes banques grecques, Eurobank et Alpha, à réclamer par précaution à la banque centrale du pays de pouvoir puiser en cas de nécessité dans son fonds d'urgence.

Selon des dirigeants de ces deux établissements, cette mesure est aussi liée à leur exposition à des crédits immobiliers libellés en franc suisse.

Les deux responsables de la zone euro ont souligné que ces retraits sapaient la source de financement envisagée pour la ligne de crédit grecque - les 10,9 milliards d'euros du Fonds national de sauvetage bancaire grec (HFSF) qui restent après le prêt pour la recapitalisation des banques grecques.

A la suite du bilan de santé et des tests de résistance de la BCE l'an dernier, les banques grecques ont été jugées saines et les ministres des Finances voulaient réutiliser une partie des 10 milliards du HFSF pour la nouvelle ligne de crédit préventive, laissant environ un milliard pour des situations d'urgence.

"Il semble maintenant qu'il soit plus prudent de laisser plus d'argent dans le fonds HFSF", dit le deuxième responsable.

Un porte-parole du ministère grec des Finances a refusé de commenter.

(Juliette Rouillon pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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