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Marché : La Slovénie n'a pas besoin d'une aide urgente, dit l'OCDE

Marché : Pour l'OCDE, la Slovénie a mal évalué les besoins de ses banquesMarché : Pour l'OCDE, la Slovénie a mal évalué les besoins de ses banques

par Michael Winfrey

LJUBLJANA (Reuters) - La situation économique et financière de la Slovénie ne nécessite pas une aide financière extérieure urgente, a déclaré mardi Yves Leterme, le secrétaire général adjoint de l'OCDE, après la publication par l'organisation d'une étude pourtant sévère sur la situation des banques slovènes.

Ce rapport explique entre autres que les autorités slovènes ont mal évalué les besoins de capitaux des banques en difficulté et préconise la fermeture des plus mal en point.

"Le gouvernement de ce pays a été en mesure de répondre à ses besoins financiers sans difficulté jusqu'à présent", a dit Yves Leterme à Ljubljana lors de la présentation du document.

"Cela s'est fait à un coût relativement élevé (mais) en ce qui nous concerne, il n'y a aucune raison d'anticiper un besoin immédiat d'aide financière extérieure", a-t-il ajouté.

L'OCDE prévoit une deuxième année consécutive de contraction, de 2,1%, de l'économie slovène cette année et constate que la dette publique a doublé depuis 2008 pour atteindre 47% du PIB. Faute de nouvelles réformes, ajoute-t-elle, le ratio d'endettement de Ljubljana pourrait atteindre 100% en 2025.

Elle juge que "d'autres réformes de grande envergure et dans les meilleurs délais sont nécessaires pour restaurer la confiance et éviter les risques de récession prolongée et de restrictions d'accès aux marchés de capitaux".

L'organisation préconise entre autres un relèvement progressif de l'âge de la retraite, une réduction des prestations familiales versées aux foyers les plus aisés, ainsi qu'une baisse des allocations-chômage et d'autres prestations sociales.

L'Organisation pour la coopération et le développement économiques recommande parallèlement de sauver les établissements financiers slovènes qui peuvent l'être et de liquider les autres en faisant contribuer les créanciers subordonnés au coût de leur démantèlement.

RECAPITALISER LES BANQUES VIABLES, DÉMANTELER LES AUTRES

Selon une évaluation réalisée l'an dernier, les banques slovènes, contrôlées par l'Etat pour la plupart, sont handicapées par sept milliards d'euros de créances douteuses, l'équivalent de 20% du produit intérieur brut (PIB) de ce pays de deux millions d'habitants.

Mais pour l'OCDE, cette évaluation est dépassée et repose sur une méthodologie peu fiable et manquant de transparence. Elle en conclut que "les besoins de capitaux sont incertains et pourraient en fait être nettement supérieurs", ce qui l'incite à parler de "grave crise bancaire, résultant d'une prise de risques excessifs, d'une mauvaise gouvernance et d'instruments de supervision peu efficaces".

Tout en saluant la création d'une "bad bank", une structure de défaisance appelée à reprendre les créances douteuses des banques publiques, le rapport ajoute que "le manque de transparence et la possibilité d'interférences politiques créent des risques".

Il appelle donc Ljubljana à procéder à de nouveaux tests de résistance ("stress tests") du secteur bancaire fondés sur une méthodologie plus exigeante, à en publier les résultats puis à recapitaliser les banques en difficulté mais viables, de préférence par le biais d'augmentations de capital.

L'OCDE ajoute cependant que, selon les estimations de marché, les fonds propres des banques publiques ont été "pratiquement annihilés". Elle préconise donc un démantèlement des établissements non-viables en faisant supporter une partie des pertes aux détenteurs de dette subordonnée et des titres de capital les moins bien notés.

A plus long terme, l'OCDE prône une privatisation des banques et critique l'intention du gouvernement de centre-gauche de conserver une minorité de blocage, source potentielle d'interférence politique selon elle.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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