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Marché : La Russie dégradée par S&P, qui craint l'impact des sanctions

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par Lidia Kelly et Oksana Kobzeva

MOSCOU (Reuters) - Standard & Poor's a annoncé vendredi avoir abaissé la note de la dette souveraine en devises étrangères de la Russie, ajoutant que d'autres déclassements n'étaient pas exclus si l'Occident durcissait encore les sanctions prises contre Moscou en réponse à la crise ukrainienne.

A BBB-, la note de la dette russe en devises n'est désormais plus qu'un échelon au-dessus de la catégorie spéculative ("junk").

Le ministre de l'Economie russe, Alexeï Oulioukaïev, a estimé que des considérations politiques avaient joué dans la décision de S&P.

L'agence avait annoncé il y a plus d'un mois, dans la foulée de l'annexion de la Crimée par la Russie, qu'elle pourrait abaisser la note du pays.

La sortie des capitaux de la Russie s'est accélérée depuis le début des tensions en Ukraine, une évolution qui pèse sur une croissance déjà bien ralentie et qui a contraint la banque centrale russe à soutenir le cours du rouble à coup de milliards de dollars.

D'après Standard & Poor's, avec l'escalade des tensions dans l'est de l'Ukraine, cette sortie de capitaux pourrait encore s'accélérer.

"La situation géopolitique tendue entre la Russie et l'Ukraine pourrait se traduire par de nouvelles et importantes sorties de capitaux, aussi bien russes qu'étrangers, de l'économie du pays, ce qui affaiblira encore des perspectives de croissance déjà dégradées", précise S&P dans un communiqué.

Le produit intérieur brut (PIB) russe a progressé de 0,8% au premier trimestre mais la croissance pourrait tomber à 0,5% seulement sur l'ensemble de cette année.

La fuite des capitaux de Russie a atteint 63,7 milliards de dollars (46,19 milliards d'euros) au premier trimestre, un total supérieur à celui de l'ensemble de l'exercice budgétaire 2013.

Vendredi, le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a accusé la Russie de vouloir déclencher une "Troisième Guerre mondiale" en occupant "militairement et politiquement" l'Ukraine et en provoquant un conflit qui s'étendra au reste de l'Europe.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a estimé jeudi que la Russie faisait preuve de duplicité dans son attitude à l'égard de la crise ukrainienne et que les Etats-Unis étaient de plus en plus proches d'une nouvelle phase de sanctions contre Moscou.

PREMIER DÉCLASSEMENT DE LA RUSSIE DEPUIS DÉCEMBRE 2008

La décision de Standard & Poor's d'abaisser la note de la Russie représente le premier déclassement du pays depuis décembre 2008.

Moody's et Fitch pourraient d'ici peu emboîter le pays à leur concurrente puisque l'une et l'autre ont placé leur note sous surveillance négative.

"La Russie ne va pas dans le bon sens, comme l'illustrent les récents développements de ses relations avec l'Ukraine et l'Occident", a commenté Timothy Ash, analyste chez Standard Bank.

Cette évolution, a-t-il ajouté "est mauvaise pour la croissance, mauvaise pour l'investissement, mauvaise pour les flux de capitaux et plus largement mauvaise pour les réformes politiques et économiques et pour les réformes institutionnelles".

Dans la foulée de la décision de Standard & Poor's, la banque centrale russe a, contre toute attente, relevé son principal taux directeur d'un demi-point, à 7,5%.

Début mars, elle avait déjà relevé ce taux de 1,5 point pour défendre le rouble, qui, vers 10h00 GMT, progressait de 0,26% face au dollar et de 0,42% face à l'euro.

Depuis le début de l'année, la devise russe s'est dépréciée de 8% face au billet vert. La banque centrale russe a d'ailleurs justifié son nouveau tour de vis monétaire par la crainte de voir la dépréciation de la devise du pays entraîner des pressions inflationnistes.

L'indice Micex de la Bourse de Moscou cédait 0,72% et l'indice RTS, libellé en dollars, perdait 1,17% en milieu de journée. Depuis le 1er janvier, ces deux indices sont respectivement en baisse de 14,2% et de 21,5%.

Parallèlement, sur le marché des CDS (credit default swaps), le coût d'une garantie contre un risque de défaut de la Russie sur sa dette a atteint son plus haut niveau depuis juin 2012 dans la foulée de la décision de S&P.

La Russie est faiblement endettée: le rapport de la dette au PIB avoisinait 11% seulement fin 2013, contre plus de 100% dans certains pays de la zone euro comme la Grèce et l'Italie, et plus de 90% en France.

(avec Denis Dyomkin et Jason Bush; Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)

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