Bourse > Actualités > Points de marchéffrfrfr > Marché : “la liquidité ne manquera pas en 2014” selon Pictet

Marché : “la liquidité ne manquera pas en 2014” selon Pictet

tradingsat

(CercleFinance.com) - Alors que les investisseurs guettent avec anxiété les réunions des grands établissements émetteurs, qu'il s'agisse de celle de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi dernier ou de la Réservé fédérale américaine la semaine prochaine, Pictet & Cie est notamment revenu ce matin sur les perspectives de la politique monétaire. Pas de panique, selon banque privée helvétique : “tapering” ou pas, les banques centrales fourniront de nouveau en 2014 plus de liquidités que la croissance n'en nécessite.

En effet, la dernière réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, la semaine dernière, a été accueilli avec morosité : alors que le bilan de l'établissement de Francfort se contracte déjà - ce qui en quelque sorte constitue une forme de “tapering” -, son président Mario Draghi a déçu en n'annonçant pas grand-chose de nouveau. Nombreux sont les intervenants qui escomptaient au moins lancement de nouveaux programmes de refinancement bancaire à long terme (des LTRO), comme tel avait le cas en 2012. Or rien n'est venu.

Autre sujet de débat : la réunion du comité de politique monétaire que la Fed organisera les 17 et 18 décembre. Or l'économie américaine accélère et le mandat de Ben Bernanke, initiateur fin 2008 des premiers QE, se termine. Les anticipations vont donc bon train quant à la date à laquelle la Fed réduira ses rachats d'actifs obligataires (les fameux QE, qui portent sur des emprunts d'Etat fédéraux et des créances hypothécaires titrisées) menés au rythme actuel de 85 milliards de dollars chaque mois. Ce qui ne va pas sans une certaine inquiétude, tant ces liquidité destinées à soutenir la croissance américaine ont aussi alimenté la hausse des marchés d'actions.

Dans le cadre d'une conférence animée ce matin à Paris, Christophe Donay, le responsable de l'allocation d'actifs et de la recherche économique de la banque privée helvétique Pictet & Cie, a relativisé ces craintes.

Certes, après cinq ans de monétisation de titres de dette qui ont alourdi le bilan de la Fed, la tendance devrait bientôt se renverser outre-Atlantique. Cette réduction des QE, soit le “tapering” que Pictet appelle la “grande démonétisation”, fait craindre à nombre d'investisseurs que la dynamique économique américaine n'en soit affectée.

Attention, nuance Pictet : tout d'abord, la durée de la démonétisation ne se chiffrera pas en mois, mais en années.

En outre, et en attendant, des QE amoindris ne signifient pas que la liquidité va se tarir. Au contraire : globalement, “les politiques monétaires resteront excédentaires” et une fois encore en 2014, estime Christophe Donay, les liquidités fournies au marchés demeureront supérieures aux besoins découlant de la seule croissance économique.

En effet, la Banque du Japon est résolument engagée dans des rachats d'actifs à grande échelle. Elle a commencé bien plus tard que la Fed et ne semble pas prête d'y mettre un terme.

A ce jeu, la Banque centrale européenne est la plus en retard. Si la BCE s'est réservé la possibilité de lancer des OMT, soit des rachats de dette publique de l'Eurozone, elle les a aussi soumis à de strictes conditions. A tel point que ce programme théorique n'est toujours pas entré en vigueur à ce jour.

Alors que les économies émergentes devraient se stabiliser et que celle des Etats-Unis accélère, la zone euro reste le “mauvais élève” de la classe mondiale en termes conjoncturels. La désinflation est de mise et la déflation menace.

Dans ce contexte, l'une des hypothèses de Pictet & Cie pour 2014 est que la BCE lancera, sous une forme ou sous une autre, des programmes similaires à ceux que la Fed commencera à réduire. Si la BCE ne s'y résolvait pas, elle commettrait au yeux de Pictet “une erreur de politique monétaire” dont les conséquences seraient lourdes.

Le cas échéant, ces éventuels “QE européens” constitueraient un signal positif de plus pour les actions européennes. Même si la poursuite de la “désynchronisation” des politiques monétaires mondiales présage, comme en 2013, de volatilité sur les marchés de changes.


Copyright (c) 2013 CercleFinance.com. Tous droits réservés.

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...