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Marché : La Grèce revient sur le marché obligataire

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par Alex Chambers et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - Après quatre années d'absence, la Grèce, pays à l'origine de la crise de la dette de la zone euro, s'apprête à faire son retour sur le marché obligataire avec son premier emprunt obligataire international depuis quatre ans, a annoncé mercredi le ministère des Finances.

La perspective de ce retour sur les marchés, évoquée auparavant par Reuters, a contribué à faire reculer encore le rendement des emprunts grecs à dix ans sur le marché secondaire, tombé mercredi en séance en dessous de 6% pour la première fois en quatre ans.

"La République hellénique annonce aujourd'hui qu'elle a mandaté des banques internationales pour l'émission imminente d'un emprunt à cinq ans libellé en euros (...)", a déclaré le ministère des Finances dans un communiqué.

L'opération a déjà suscité une demande d'un montant global de plus de 11 milliards d'euros, selon les indications disponibles mercredi soir.

La fourchette de rendement évoquée dans l'après-midi allait de 5% à 5,25% mais des professionnels ont déclaré que le rendement indicatif sur le marché gris (non officiel) se situait entre 4,85% et 4,9%.

"Les investisseurs sont désespérément en quête de rendement et il est très difficile de trouver quoi que ce soit qui paie plus de 3-4% sur le marché actuellement", a déclaré une source bancaire. "L'opération est l'un des rares moyens permettant d'obtenir du rendement avec une liquidité assurée."

Les livres d'ordre aux Etats-Unis devaient être clos en fin de séance mercredi mais la fourchette officielle ne devrait être annoncée que jeudi à l'ouverture du marché londonien.

"Nous souhaitons lever jusqu'à 2,5 milliards d'euros jeudi", a déclaré un responsable grec qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat. "Ce serait un grand succès si le coupon ressortait en dessous de 5,3%."

La Grèce, premier pays de la zone euro à avoir été contraint de recourir à un plan d'aide international en 2010 et qui ensuite eu besoin d'un deuxième programme de soutien, a bon espoir de voir cette opération couronnée de succès, a précisé un haut responsable du ministère des Finances du pays.

Cette émission sera une étape importante pour la Grèce qui, contrairement à d'autres pays aidés, comme l'Irlande ou le Portugal, est encore loin d'être tirée d'affaire, comme en a témoigné récemment l'hypothèse d'une troisième aide.

En dehors de l'émission régulière de notes à très court terme, la dernière fois qu'Athènes a émis des obligations sur le marché des capitaux remonte à 2010.

Depuis, le pays a été maintenu à flot par les 240 milliards d'euros d'aides reçus de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) et par les 15 milliards d'euros levés via les bons du Trésor.

Le gouvernement grec, qui va toucher la dernière tranche du plan d'aide international dans le courant du mois, a exprimé le souhait de ne pas solliciter davantage la zone euro. Mais les partenaires européens d'Athènes restent sceptiques sur sa capacité à s'autofinancer dès l'année prochaine.

RETOUR À LA CROISSANCE EN 2014

Selon le responsable du ministère des Finances déjà cité, l'émission programmée permettra de faire baisser le coût de financement moyen supporté par le pays.

Ces dernières semaines, le rendement des obligations souveraines grecques à 10 ans s'est rapproché des 6% alors qu'il évoluait à 40% au plus fort de la crise de la dette.

Un rendement de 7% est généralement considéré comme le seuil à partir duquel la situation devient critique pour un Etat.

La note de la Grèce auprès des trois principales agences de notation est encore très loin de la catégorie d'investissement, ce qui ne facilitera son retour plein et entier aux marchés.

La Grèce vient d'enchaîner six années de récession sur la période 2008-2013, mais certains signes laissent entrevoir un retour à la croissance, comme le troisième mois d'affilée de hausse de la production industrielle en février.

L'année 2014 devrait se solder par un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 0,6%, selon les prévisions officielles.

L'amélioration suggérée par les statistiques ne semble toutefois pas encore être ressentie par la population, qui a souffert des mesures d'austérité exigées des créanciers internationaux en échange de leur aide.

Les syndicats ont décrété une nouvelle grève générale mercredi pour protester contre ces mesures.

(Avec Hélène Durand à Londres, Benoit Van Overstraeten et Nicolas Delame pour le service français, édité par Véronique Tison et Marc Angrand)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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