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Marché : La Fed reste engagée à soutenir la croissance, dit Bernanke

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par Jonathan Spicer et Jason Lange

PHILADELPHIE (Reuters) - La Réserve fédérale américaine n'est pas moins engagée à mener une politique très accommodante depuis qu'elle a légèrement réduit le rythme de son programme d'achats d'obligations, a déclaré vendredi Ben Bernanke dans ce qui pourrait être son dernier discours en tant que président de la Fed.

Ben Bernanke, dont le second mandat prendra fin le 31 janvier, a donné une évaluation positive de l'économie américaine pour les trimestres à venir. Mais il a tempéré ses propos optimistes en répétant que la reprise globale "reste clairement inachevée" aux Etats-Unis.

La Fed a annoncé le mois dernier un ralentissement de son programme de rachats d'actifs - de 85 à 75 milliards de dollars par mois - tout en compensant cette mesure attendue de longue date en laissant entendre qu'elle maintiendrait ses taux directeurs à un bas niveau pendant une période plus longue qu'elle ne s'y était précédemment engagée.

Cette décision "n'indique pas une baisse de l'engagement (de la Fed) à maintenir une politique monétaire très accommodante aussi longtemps que nous en aurons besoin", a dit Ben Bernanke lors d'un forum organisé par l'American Economic Association dans la ville de Philadelphie.

"Cela reflétait plutôt les progrès que nous avons accomplis vers l'objectif d'amélioration substantielle du marché de l'emploi que nous nous sommes fixé lorsque nous avons entamé le programme actuel de rachats en septembre 2012", selon le texte de son discours préparé pour ce forum.

Pour contribuer au redressement de l'économie américaine après la profonde récession de 2007-2009, la Fed a maintenu ses taux d'intérêt près de zéro depuis fin 2008. Elle a également multiplié par quatre son bilan à environ 4.000 milliards de dollars (2.950 milliards d'euros) via la mise en oeuvre de trois cycles de programmes ambitieux de rachats d'actifs destinés à contenir le coût de crédit à plus long terme.

Ces injections massives de liquidités de la banque centrale ont déclenché le rebond de Wall Street à des records historiques et déclenché de fortes fluctuations sur le marché des changes.

Pour l'avenir, Ben Bernanke a indiqué que la banque centrale disposait d'instruments - y compris l'ajustement des taux sur les réserves excédentaires des banques et les opérations inverses de prises en pension - afin de revenir à une politique monétaire plus classique sans recourir à des reventes d'actifs.

"Il est possible, toutefois, que certains aspects spécifiques du cadre opérationnel de la Réserve fédérale changent", a-t-il déclaré dans son discours.

RISQUES INFLATIONNISTES

Tandis que les défenseurs du programme de rachats d'actifs mettent en avant le niveau élevé du chômage, ses opposants soulignent que son efficacité est sapée par les risques qu'elle engendre et notamment le risque d'une envolée de l'inflation.

Charles Plosser, président de la Fed de Philadelphie, a estimé que la banque centrale était confrontée à d'"énormes" défis maintenant qu'elle avait commencé à réduire ses achats et qu'elle devait avoir conscience de la hausse rapide des prix.

Le président de la Fed de Richmont, Jeffrey Lacker, également connu pour son opposition à une politique ultra-accommodante, a toutefois déclaré que le gonflement du bilan de la Fed ne l'empêcherait pas de mener une politique efficace.

"Je m'attends à ce que de nouvelles réductions de la cadence des achats soient envisagées au cours de prochaines réunions", a-t-il dit.

Seul un vif retournement à la baisse des indicateurs économiques américains justifierait l'interruption du processus de dénouement (du programme d'achats d'actifs de la Fed), a-t-il dit lors d'une conférence à Baltimore dans l'Etat du Maryland.

En ce qui concerne l'économie, Ben Bernanke s'est montré optimiste vendredi, tout en notant que le chômage restait élevé, à 7%, et que le nombre d'Américains en situation de chômage de longue durée restait "exceptionnellement élevé".

Toutefois, a-t-il poursuivi, "la combinaison d'une meilleure santé financière, d'un marché du logement plus équilibré, de contraintes budgétaires moins lourdes et, bien sûr, de la poursuite d'une politique monétaire accommodante est de bon augure pour la croissance économique dans les trimestres à venir", a-t-il dit.

"Bien sûr, si l'expérience des dernières années nous a appris quelque chose c'est bien que nous devons être prudents dans nos prévisions", a-t-il néanmoins ajouté.

Le mois dernier Ben Bernanke - qui sera remplacé par la vice-présidente de la Fed Janet Yellen - a annoncé que les achats d'actifs seraient probablement réduits à une cadence "mesurée" sur une bonne partie de l'année à condition que la situation de l'emploi continue de s'améliorer comme prévu, avec un arrêt complet du programme vers la fin de l'année 2014.

Avec Luciana Lopez à Baltimore et Ann Saphir à San Francisco; Juliette Rouillon pour le service français

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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