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Marché : La Fed admet des problèmes de communication sur sa politique

Marché : La Fed admet des problèmes de communication sur sa politiqueMarché : La Fed admet des problèmes de communication sur sa politique

par Sakari Suoninen et Alistair Scrutton

FRANCFORT/STOCKHOLM (Reuters) - La Réserve fédérale a eu une communication confuse sur sa stratégie de sortie de son programme d'assouplissement quantitatif (QE3), ont admis jeudi deux de ses représentants.

Jeremy Stein, gouverneur de la Fed, a expliqué que la décision annoncée le 18 septembre de maintenir les rachats d'actifs au rythme de 85 milliards de dollars par mois avait été "serrée", en notant pour sa part qu'il était favorable à un début de retrait du QE3.

"Mais qu'on commence en septembre ou un peu plus tard n'est pas en soi la question principale - la réduction sera de toute façon modeste", a-t-il dit lors d'une conférence à Francfort.

"Ce qui est beaucoup plus important, c'est de faire en sorte que cette transition difficile soit mise en oeuvre de la manière la plus transparente et la plus prévisible possible. A cet égard, je crois que l'on peut dire qu'il y a moyen de faire mieux."

Le statu quo de la Fed a pris à revers les marchés financiers qui anticipaient largement une réduction de ses rachats d'actifs et, par la même, le début de la fin de cinq années de politique monétaire ultra-généreuse.

La banque centrale a justifié sa décision par des indicateurs économiques décevants et le risque de nouvelles mesures d'austérité budgétaire en cas d'impasse dans les négociations en cours entre la Maison blanche et le Congrès.

Les investisseurs parient maintenant sur les réunions monétaires d'octobre et de décembre, encore que certains économistes se demandent si la Fed ne va pas attendre 2014 pour finalement entamer son "tapering".

SAUVER LA FACE

Jeffrey Lacker, le président de la Fed de Richmond, faucon réputé mais qui ne vote pas cette année au sein du comité de politique monétaire (Fomc), se demande si la banque centrale ne s'est pas enfermée dans un piège en ne décidant rien la semaine dernière.

"Ce serait difficile de commencer en octobre sans perdre la face, mais je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas", a-t-il dit lors d'une conférence bancaire à Stockholm.

Un troisième responsable, le président de la Fed de Minneapolis, Narayana Kocherlakota, a estimé que le Fomc ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même pour avoir aussi mal guidé les anticipations de marché.

"C'est un problème propre (à la Fed), car nous n'avons pas été suffisamment clairs sur ce que nous allions faire", a-t-il dit lors d'une intervention dans le Michigan.

Il a appelé les banquiers centraux à porter toute leur attention sur la baisse du chômage, à l'image de l'accent mis sur la lutte contre l'inflation en 1979 par Paul Volcker, alors président de la Fed.

Pour Narayana Kocherlakota, la banque centrale doit faire tout le nécessaire pour faire baisser le chômage, mais pas forcément en rachetant des obligations. Elle pourrait par exemple abaisser le taux d'intérêt appliqué aux dépôts des banques à la Fed afin de pousser celles-ci à prêter davantage aux entreprises, a-t-il suggéré.

Il a réaffirmé que les taux d'intérêt directeurs devraient rester proches de zéro tant que le taux de chômage ne sera pas revenu autour de 5,5%, tout en s'interrogeant sur la fiabilité de cet indicateur.

Le taux de chômage a reculé à 7,3% en août aux Etats-Unis, un niveau bien supérieur aux moyennes historiques, et sa baisse récente tient en partie au fait que certains Américains sans travail ont renoncé à demander une indemnisation. Beaucoup d'autres sont en situation de sous-emploi, ayant accepté du temps partiel subi.

Jeremy Stein, lors de son intervention à Francfort, a suggéré de lier les réductions de rachats d'actifs à des variations du taux de chômage, moyen selon lui de faire reculer l'incertitude et la volatilité qu'elle entraîne sur les marchés.

"Par exemple, pour chaque baisse de 10 points de base du taux de chômage les rachats mensuels d'actifs seraient réduits d'un montant donné", a-t-il dit.

Cette suggestion fait écho à une proposition déjà exprimée par James Bullard, le président de la Fed de St Louis, signe que cette idée gagne peut-être du terrain au Fomc.

Avec Pedro da Costa à Washington et Ann Saphir à Houghton (Michigan), Véronique Tison pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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