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Marché : La crise pas finie, la réforme patine en France, avertit la Buba

Marché : La crise pas finie, la réforme patine en France, avertit la BubaMarché : La crise pas finie, la réforme patine en France, avertit la Buba

par Eva Kuehnen et Paul Carrel

FRANCFORT (Reuters) - La crise de la zone euro n'est pas finie et les gouvernements des différents Etats doivent s'attaquer à la racine du problème en mettant en oeuvre des réformes, a estimé mardi le président de la Bundesbank, s'inquiétant notamment de la situation en France.

"La crise n'est pas finie en dépit du calme récent observé sur les marchés financiers", a prévenu Jens Weidmann lors de la présentation du rapport annuel de la Bundesbank.

Il a fait état d'incertitudes entourant le processus de réformes en Italie et à Chypre, avant d'ajouter : "En France, le cours des réformes semble piétiner."

Jens Weidmann s'est ainsi fait l'écho de propos tenus le mois dernier par Jörg Asmussen, autre membre allemand du directoire de la BCE, qui a appelé Paris à prendre des mesures "concrètes et quantifiables" pour réduire son déficit budgétaire.

La banque centrale allemande, qui ne cache pas son désaccord avec les mesures prises par la Banque centrale européenne pour aider le secteur bancaire de la zone euro, a augmenté de 6,7 milliards d'euros ses provisions pour risque en 2012, les portant à 14,4 milliards.

Jens Weidmann, qui fait partie du conseil des gouverneurs de la BCE, n'est pas non plus favorable au programme OMT de rachat d'obligations souveraines en quantité illimitée que la BCE n'a pas eu à appliquer jusqu'ici.

Tout en jugeant que l'économie allemande est "structurellement en forme", il a estimé que "seule une partie de la confiance perdue à la suite de la crise a été retrouvée pour le moment".

"A court terme, nous sommes confrontés dans la zone euro à des risques d'inflation de moins en moins importants", a-t-il fait valoir en plaidant pour que la BCE ne laisse planer aucun doute sur l'orientation de "stabilité" à moyen terme de sa politique monétaire.

L'économie allemande s'est contractée de 0,6% au dernier trimestre 2012, après avoir été relativement épargnée par la crise de la zone euro. La majorité des économistes jugent cependant que la première économie européenne retrouvera une croissance modeste début 2013, échappant ainsi à la récession.

La BCE a discuté la semaine dernière d'une baisse de ses taux d'intérêt, mais les a laissés inchangés et a évoqué des signaux économiques positifs.

Le président de la Bundesbank a par ailleurs écarté l'idée que la BCE puisse quitter la "troïka" de bailleurs de fonds constituée avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international, comme l'ont suggéré la semaine dernière les journaux Die Welt et Süddeutsche Zeitung.

Véronique Tison et Julien Dury pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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