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Marché : La Bundesbank éconduit la France sur la croissance

Marché : La Bundesbank presse Paris de donner le bon exemple budgétaireMarché : La Bundesbank presse Paris de donner le bon exemple budgétaire

PARIS (Reuters) - Le président de la Bundesbank presse la France de tenir ses engagements en matière de réduction des déficits publics et d'agir pour créer des conditions favorables à la croissance, sans attendre qu'elle arrive de l'extérieur.

Après le gouvernement allemand la semaine passée, Jens Weidmann oppose une fin de non-recevoir à l'appel lancé par François Hollande à Berlin pour que l'Allemagne contribue à la relance de la croissance en Europe.

Son avertissement est lancé dans une interview publiée mercredi par Le Monde à la veille de l'annonce des chiffres de la croissance française pour le deuxième trimestre, attendue à +0,1% par les économistes interrogés par Reuters.

Venant après la stagnation constatée au premier trimestre, un tel chiffre mettrait à mal la prévision d'un PIB en hausse de 1% retenue par le gouvernement français pour 2014 et, partant, son objectif de ramener le déficit public à 3,8% du PIB cette année avant 3,0% en 2015.

Le Premier ministre Manuel Valls a préparé le terrain à de mauvaises nouvelles sur ces deux fronts en déclarant son intention de continuer à réduire les déficits à un rythme "compatible" avec la croissance.

S'agissant de l'appel lancé à l'Allemagne, Jens Weidmann, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, se déclare "sceptique quant à l'idée que l'on puisse réclamer plus de croissance durable depuis l'extérieur".

"Ce n'est ni aux gouvernements voisins, ni à la Banque centrale européenne, mais à chaque gouvernement de créer chez lui un environnement favorable à l'innovation des entreprises et à l'emploi", dit-il.

"LE BON EXEMPLE"

A ces fins, il estime "important" que la France continue dans la voie du pacte de responsabilité et de solidarité et exerce en Europe "son leadership en donnant le bon exemple, notamment en matière budgétaire".

Il minimise en outre les craintes de déflation en zone euro agitées par l'exécutif français et réfute toute idée d'améliorer la compétitivité des économies de ses pays membres par un affaiblissement de la monnaie unique, dont le niveau élevé inquiète aussi Paris.

Pour lui, l'Europe n'est "pas dans un scénario déflationniste auto-entretenu, avec des stratégies de report des achats de la part des consommateurs".

"La reprise est fragile mais le taux d'inflation et la croissance devraient repartir progressivement", ajoute-t-il.

L'Insee a fait état mercredi matin d'une baisse de 0,3% des prix à la consommation en France en juillet, du fait essentiellement de facteurs saisonniers, comme les soldes d'été.

Sur un an, le rythme d'inflation française reste à 0,5%, comme en juin, un plus bas depuis novembre 2009.

S'agissant du niveau de la monnaie unique, Jens Weidmann répond également au gouvernement français en déclarant que tenter "d'augmenter la compétitivité de nos économies par un affaiblissement de l'euro ne devrait pas être le fondement de la monnaie unique".

Il répète le credo allemand selon lequel "une Europe forte et un euro fort vont de pair".

A propos de la politique de la BCE, il réitère la position allemande, estimant que la Banque centrale européenne doit attendre de voir l'effet des mesures annoncées en juin avant de discuter de la pertinence de nouvelles actions.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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