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Marché : La BoE fait un geste envers les banques pour l'après-Brexit

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par David Milliken et Huw Jones

LONDRES (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) a pris des mesures pour faire en sorte que les banques puissent continuer à prêter et que les assureurs ne liquident pas leurs obligations de sociétés dans la période "difficile" susceptible de faire suite à la décision d'une majorité de Britanniques de quitter l'Union européenne.

La BoE a ainsi décidé de renoncer à son initiative de mars de durcir les conditions de constitution des fonds propres imposées aux banques pour se protéger des retournements de cycle, libérant ainsi jusqu'à 150 milliards de livres (177 milliards d'euros) pour le crédit.

Ce "matelas de fonds propres contra-cyclique" (CCB) sera ainsi ramené de 0,5% des engagements des banques en Grande-Bretagne à 0% jusqu'en juin 2017 au moins, réduisant les exigences de fonds propres de 5,7 milliards de livres.

La BoE accordera en outre un délai aux assureurs pour s'adapter aux nouvelles exigences de l'Union européenne afin d'éviter qu'ils ne cèdent les obligations d'entreprise qu'ils détiennent dans le but de s'exonérer d'une éventuelle surcharge en fonds propres dans un contexte de baisse des taux.

Pour le gouverneur Mark Carney, c'est un changement de grande ampleur qui aidera l'économie britannique à supporter le choc du Brexit.

"Cela veut dire que les trois quarts des banques britanniques, représentant 90% de l'encours de crédit, auront sur le champ plus de latitude d'apporter du crédit aux ménages et aux entreprises britanniques", a-t-il dit à la presse.

De fait, Mark Carney s'est voulu rassurant sur la solidité du système financier britannique. "Le coeur de ce système est très solide, nous pourrions observer de la volatilité, nous pourrions voir les choses beaucoup bouger, mais le système sera présent pour qui veut acheter une maison ou pour un entrepreneur avec un projet viable", a-t-il dit.

Le sterling a perdu plus de 10% contre le dollar et les actions des banques britanniques ont cédé 20% de leur valeur en réaction au résultat pro-Brexit du référendum, poussant le Premier ministre David Cameron à annoncer sa démission. Les rendements des emprunts d'Etat britannique (gilts) à 20 et 30 ans ont brièvement touché des plus bas records.

Au vu de l'avenir incertain du ministre des Finances George Osborne, Mark Carney et ses collègues de la BoE se retrouvent investis d'une plus grande responsabilité pour ce qui est de piloter l'économie britannique dans la tourmente de l'après-23 juin.

Celle-ci semble déjà laisser des traces dans l'économie locale. La confiance des entreprises britanniques a chuté depuis lors et la croissance du secteur des services a nettement ralenti le mois dernier, à son rythme le plus lent en trois ans.

La BoE a notamment signalé que les risques qu'elle avait identifiés avant le référendum du 23 juin commençaient à se concrétiser, notamment sur le marché immobilier.

Mark Carney estime que la baisse prononcée du sterling devrait faciliter la gestion de l'important déficit de la balance des paiements courants du pays. Il s'inquiète en effet d'une baisse de la demande des investisseurs pour des actifs britanniques, ce qui rendrait, précisément, plus difficile cette gestion.

Il observe aussi que les difficultés du secteur de l'immobilier commercial font qu'il est plus difficile pour les entreprises de présenter leurs actifs immobiliers comme garantie lors d'une demande de prêt.

Les annonces de la banque centrale sur le capital des banques, faisant suite à deux réunions de son Comité de politique financière depuis le référendum, sont à rapprocher des propos tenus par le gouverneur Carney la semaine dernière, lorsqu'il avait dit que la BoE devrait sans doute prendre des mesures cet été pour stimuler l'économie après le choc du référendum.

"Il (Carney) n'attend pas qu'il arrive quelque chose de pénible; il agit pour le cas où ça se produirait", dit James Athey, d'Aberdeen Asset Management.

(Avec Andy Bruce, Jemima Kelly et James Davey,; Bertrand Boucey et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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