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Marché : La BCE face aux signes de reprise et à la menace grecque

Marché : La BCE face aux signes de reprise et à la menace grecqueMarché : La BCE face aux signes de reprise et à la menace grecque

par John O'Donnell FRANCFORT (Reuters) - Les gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) devraient constater mercredi au cours de leur réunion de politique monétaire une amélioration de la conjoncture économique au sein de la zone euro, malgré l'ombre persistante de la Grèce.

Alors que les prix semblent freiner leur chute, le président de l'institution de Francfort Mario Draghi pourrait d'ores et déjà proclamer la réussite du vaste programme de rachats d'actifs, essentiellement de la dette publique, lancé le 9 mars.

Cette politique d'assouplissement quantitatif (QE) est destinée à favoriser le crédit et à soutenir la croissance en injectant 60 milliards d'euros de liquidités par mois dans le système financier. Elle contribue en outre à la faiblesse de l'euro, tombé à un creux de 12 ans face au dollar, ce qui soutient les exportations.

La BCE a annoncé lundi qu'elle avait acquis pour 61,681 milliards d'euros de titres publics à la date du 10 avril, même si le rythme de ces achats a ralenti la semaine dernière.

Parallèlement à l'effondrement des cours du pétrole, le lancement de cette politique, censée perdurer jusqu'en septembre 2016, a coïncidé avec la publication d'une série d'indicateurs économiques laissant entrevoir une accélération de l'activité dans la zone euro.

"La crise de l'euro n'est pas terminée. Mais l'union européenne est dans une conjonction favorable, avec un euro et des cours du pétrole faibles qui aident l'économie", dit Martin Lück, économiste chez UBS. "Le QE peut contribuer à redresser l'économie de la zone euro mais il est encore prématuré de juger de sa réussite."

SOUPLESSE

Le Conseil des gouverneurs de la BCE devrait, sauf énorme surprise, maintenir les taux directeurs à des niveaux historiquement bas.

Mario Draghi s'exprimera au cours d'une conférence de presse mercredi avant de s'envoler pour Washington afin d'assister à une réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux du G20 en marge de la réunion de printemps du Fonds monétaire international (FMI).

Des investisseurs espèrent qu'il promettra notamment une forme de souplesse dans la mise en oeuvre du programme d'assouplissement quantitatif afin de garantir qu'il atteindra ses objectifs, alors que certains évoquent déjà une réduction de ce QE à la lumière des indicateurs économiques favorables publiés récemment.

"La BCE peut être assez satisfaite des développements récents", pense Jörg Krämer, économiste chez Commerzbank. "Mais (les gouverneurs) ne voudront pas exclure d'autres mesures, telles qu'une prolongation du programme (d'assouplissement quantitatif) au-delà de septembre 2016."

Les difficiles négociations entre la Grèce et ses partenaires européens au sujet de sa dette continuent toutefois de faire planer une menace sur son maintien au sein de la zone euro et donc plus largement sur la viabilité de l'union monétaire.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE pourrait une nouvelle fois relever le plafond des liquidités d'urgence mises à la disposition des banques grecques, confrontées à des retraits massifs des épargnants en raison de la crise.

(Avec Marc Jones; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

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