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Marché : L'Opep échoue à s'accorder sur un plafond chiffré de production

Marché : L'Opep fixe son plafond de production à 31,5 millions de bpjMarché : L'Opep fixe son plafond de production à 31,5 millions de bpj

par Rania El Gamal, Alex Lawler et Reem Shamseddine

VIENNE (Reuters) - Les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ne sont pas parvenus à s'accorder sur un plafond de production, en raison notamment du retour attendu de l'Iran sur le marché mondial avec la levée des sanctions occidentales.

Le communiqué final publié à l'issue d'une réunion tenue vendredi à Vienne ne mentionne aucun plafond de production chiffré, ce qui revient à laisser à chacun des Etats membres la liberté de maintenir sa production à son niveau actuel malgré la situation excédentaire du marché mondial.

Le secrétaire général de l'Opep, Abdullah al Badri, a déclaré que le cartel n'avait pas pu s'accorder sur un chiffre faute de savoir comment se traduirait le retour de l'Iran sur le marché l'an prochain avec la levée prévue des sanctions occidentales, conséquence de l'accord conclu en juillet sur le programme nucléaire de Téhéran.

La plupart des ministres ont quitté la réunion sans faire de commentaire.

Le ministre iranien, Bijan Zangeneh, avait déclaré auparavant que son pays ne serait disposé à discuter de nouvelles mesures qu'une fois sa production revenue à son niveau maximal et les sanctions occidentales levées.

Son homologue saoudien, Ali al Naïmi, avait quant à lui dit espérer que la croissance de la demande mondiale suffise à absorber la hausse de la production iranienne attendue en 2016. "Tout le monde est bienvenu sur le marché", avait-il assuré.

L'Iran a dit à plusieurs reprises vouloir augmenter ses pompages d'au moins un million de barils par jour (bpj) une fois les sanctions levées.

Une telle hausse, si elle n'était pas compensée par des réductions de production ailleurs, ne ferait qu'exacerber le déséquilibre entre l'offre et la demande mondiale puisque la planète consomme actuellement jusqu'à deux millions de bpj de moins qu'elle n'en extrait.

LE BARIL DE NOUVEAU PROCHE DES 40 DOLLARS

L'Opep, qui produit un tiers environ du pétrole consommé dans le monde, avait maintenu lors de sa précédente réunion son plafond de production à 30 millions de bpj.

Les informations en provenance de Vienne ont provoqué un nouvel accès de faiblesse des cours du brut et à 18h15 GMT, le baril de Brent cédait 1,46% à 43,20 dollars le baril tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) abandonnait 2,58% à 40,02 dollars.

Les pays les plus pauvres de l'Opep ont tenté jusqu'au dernier moment de convaincre les plus riches, emmenés par l'Arabie saoudite, de réduire les pompages pour tenter de soutenir les prix.

Mais Ryad et ses alliés du Golfe ont choisi de s'en tenir à leur stratégie de défense des parts de marché, censée faire baisser les cours au point de décourager les producteurs dont les coûts sont les plus élevés, à commencer par ceux de pétrole de schiste aux Etats-Unis.

Les responsables saoudiens avaient dit qu'ils n'étaient prêts à envisager une baisse de la production qu'à la condition que l'Irak et l'Iran, tous deux membres de l'Opep, acceptent de coopérer, et que des pays extérieurs à l'organisation, comme la Russie, se joignent à elle.

Mais Moscou a réaffirmé cette semaine ne pas croire à l'efficacité d'une politique concertée; quant à l'Irak et l'Iran, ils n'ont manifesté aucun signe de leur volonté de réduire leur production.

COOPÉRATION ENTRE OPEP ET NON-OPEP PEU PROBABLE

Si la baisse des cours depuis 18 mois autorise Ryad à se targuer d'une victoire au moins partielle contre le pétrole de schiste américain, la production de la Russie, l'autre grand producteur extérieur à l'Opep, reste supérieure aux attentes, contribuant à la croissance constante des stocks mondiaux.

Cette situation n'est pas sans conséquences néfastes pour l'Arabie saoudite, confrontée à une chute de ses recettes pétrolières telle que le gouvernement a évoqué la possibilité d'instaurer une TVA et de réduire les subventions publiques à l'énergie.

L'Opep a renoncé il y a plusieurs années déjà aux quotas de production par pays et la plupart de ses membres produisent autant qu'ils le veulent.

Le ministre russe de l'Energie, Alexander Novak, a déclaré jeudi que l'Opep devrait aligner son plafond de production avec sa production réelle.

Un ajustement du plafond pourrait contribuer à rapprocher les positions de l'Opep de celles des pays non-Opep. La dernière collaboration entre les deux blocs remonte à près de quinze ans : ils avaient limité la production et soutenu les cours à la suite de la crise financière de 1998.

Le prix du baril a baissé de plus de moitié en 18 mois, passant de 115 dollars à environ 45 dollars. Et le relèvement des taux d'intérêt américains, attendu pour la mi-décembre, pourrait accentuer cette baisse en faisant monter le dollar.

(avec Vladimir Soldatkin à Vienne, Shadia Nusralla et Marianna Parraga à Houston, Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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