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Marché : L'Italie en récession lance de nouvelles réformes

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par Isla Binnie et Gavin Jones

ROME (Reuters) - L'Italie a subi coup sur coup vendredi la confirmation de sa rechute en récession et l'annonce de la première baisse des prix à la consommation depuis 55 ans, deux nouveaux signes de faiblesse économique qui soulignent l'urgence des réformes initiées par le président du Conseil, Matteo Renzi.

Ce dernier a promis de relancer la troisième économie de la zone euro après plus de dix ans de stagnation. Le nouveau paquet de réformes dévoilé vendredi porte notamment sur la simplification du système judiciaire, connu pour sa lenteur, le coût élevé des procédures et l'imprévisibilité de ses décisions.

Vendredi, il a présenté cette réforme comme une "révolution", assurant qu'elle permettrait de réduire de moitié le nombre des dossiers en attente de jugement. Le texte prévoit entre autres de raccourcir les vacances judiciaires, de faciliter les règlements amiables et de renforcer les procédures accélérées.

Un rapport publié cette année par la Banque mondiale a ainsi classé l'Italie au 103e sur 189 pays en matière d'application du droit des contrats, notant qu'il fallait en moyenne 1.185 jours et 37 procédures à une entreprise pour faire reconnaître ses droits.

Le Conseil des ministres a également approuvé un décret-loi visant à accélérer les grands projets d'infrastructure, comme les lignes ferroviaires à grande vitesse Naples-Bari et Palerme-Catane.

Matteo Renzi a en revanche reporté d'une semaine la présentation de son projet de réforme du système éducatif et repoussé à octobre, en même temps que le projet de budget 2015, celle d'un projet visant à favoriser la consolidation du secteur des services aux collectivités.

Il a réaffirmé que Rome tiendrait ses engagements en matière de maîtrise des déficits mais il a ajouté souhaiter la tenue le 6 octobre d'un sommet extraordinaire de l'Union européenne consacré aux moyens de favoriser la croissance.

LES PRIX BAISSENT, L'INVESTISSEMENT AUSSI

Le produit intérieur brut (PIB) italien s'est contracté de 0,2% au deuxième trimestre, en raison notamment d'une chute des investissements qui a précipité le retour du pays en récession, ont montré les statistiques officielles publiées vendredi.

"Depuis 20 ans, sinon plus, notre pays vit au-dessus de ses moyens, il a besoin d'un coup de fouet", a déclaré Giorgio Squinzi, le président de la Cofindustria, la principale organisation patronale d'Italie, lors d'une conférence à Rimini.

"Les gens qui nous gouvernent doivent prendre des décisions, même si elles sont douloureuses, pour nous permettre de renouer avec la croissance", a-t-il ajouté.

Outre les chiffres de la croissance, l'institut Istat a annoncé que les prix à la consommation avaient reculé de 0,1% en août en rythme annuel, du jamais vu depuis le début de la série statistique en 1959, attisant ainsi les craintes de voir la Péninsule s'enfoncer dans la déflation, une spirale néfaste pour la demande intérieure.

L'Italie était sortie de la récession au quatrième trimestre de l'an dernier avec une croissance de 0,1% mais elle avait renoué avec la contraction dès les trois premiers mois de cette année.

En rythme annuel, le PIB a baissé de 0,2% sur avril-juin, a précisé l'Istat tout en soulignant que la consommation des ménages avait apporté une contribution positive à l'évolution du PIB au deuxième trimestre, de 0,2 point, après 11 mois consécutif d'évolution négative en rythme annuel.

Cette bonne tenue de la consommation n'a toutefois pas suffi à compenser une chute de 2,1% de l'investissement. De même, la progression de 1,9% des exportations a été compensée par une augmentation de 2% des importations.

L'une des priorités affichées du gouvernement est la lutte contre le chômage qui a atteint 12,6% en juillet selon les chiffres publiés vendredi. Chez les jeunes, le taux de chômage, qui avait inscrit un plus haut historique en juin, a légèrement reculé le mois dernier mais reste à 42,9%.

"Nous perdons encore 1.000 emplois par jour", a déclaré Luigi Angeletti, le secrétaire général du syndicat UIL. "L'économie réelle a besoin d'un gouvernement qui agisse vraiment au lieu de prétendre qu'il agit."

L'Istat prévoit pour l'instant une stagnation du PIB au troisième trimestre et une poursuite de la baisse des prix pendant plusieurs mois avant une remontée à la fin de l'année.

(avec Paolo Biondi à Rimini,; Nicolas Delame et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)

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