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Marché : L'Insee confirme son scénario de croissance modérée

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par Myriam Rivet

PARIS (Reuters) - L'Insee a confirmé jeudi son scénario de croissance modérée de l'économie française au premier semestre, grâce notamment à un rebond marqué de la consommation des ménages, qui s'accompagnerait d'une poursuite de la hausse des créations d'emplois et d'une légère diminution du chômage.

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'institut prévoit une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,4% au premier comme au deuxième trimestre, des évolutions inchangées par rapport à ses prévisions de décembre.

Mais "maintenant qu'on a également des premières indications sur les indicateurs quantitatifs de début d'année, il y a de quoi être franchement plus optimiste sur le scénario 2016", a déclaré Vladimir Passeron, chef du département conjoncture.

A ce rythme, l'acquis de croissance pour l'ensemble de 2016, à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait complètement au deuxième semestre, s'établirait à 1,1% au 30 juin (contre 1,0% prévu en décembre).

Cette prévision crédibilise l'objectif de 1,5% sur l'année que vient de confirmer le gouvernement alors que, face au ralentissement de l'économie mondiale, les institutions internationales (FMI, OCDE, Commission européenne), ont revu en baisse, entre 1,2% et 1,3%, leurs anticipations pour la France.

"A mi-année, si nos prévisions se réalisent, on a déjà une croissance pour 2016 équivalente à ce qu'on a eu sur l'ensemble de l'année 2015, donc effectivement (...) la reprise est enclenchée", malgré une conjoncture mondiale maussade, a estimé Vladimir Passeron.

L'Insee voit ainsi une légère accélération de la croissance au premier semestre par rapport au rythme de 0,3% enregistré sur chacun des deux derniers trimestres de 2015.

Elle serait entretenue par un rebond plus marqué que prévu de la consommation des ménages à la faveur notamment d'une météo hivernale moins clémente que celle de fin d'année et d'un rétablissement progressif de leurs dépenses dans les services (hébergement, restauration et transports) affectées par les attentats de novembre à Paris et Saint-Denis.

Portée par la nette progression du pouvoir d'achat (+0,8% sur le semestre) dans un contexte d'inflation quasi nulle, la consommation devrait aussi bénéficier du passage en haute définition de la diffusion des chaînes de la TNT et des retombées de l'Euro 2016, qui débute le 10 juin en France.

L'INVESTISSEMENT DES MÉNAGES RESTE À LA PEINE

La reprise de l'investissement des entreprises est également appelée à se poursuivre.

Malgré un léger ralentissement par rapport à la fin 2015 (+1,3%), il devrait se maintenir un rythme soutenu (+0,7% au premier trimestre et +0,8% au deuxième), sous l'effet de la mesure d'incitation fiscale de suramortissement - qui va être prolongée par le gouvernement - et de la baisse des coûts de financement.

Le redressement continu des marges des entreprises contribue également à cette évolution.

Entretenu l'an dernier par la baisse des cours du pétrole, le crédit d'impôt compétitivité emploi et les retombées du pacte de responsabilité, leur taux profitera cette année des nouvelles mesures d'allègement du coût du travail prévues dans le plan d'urgence pour l'emploi pour s'établir à 32,5% mi-2016, au plus haut depuis 2008.

Mais l'investissement des ménages en logements, que l'Insee voyait se stabiliser, devrait poursuivre son repli au premier semestre.

L'Insee voit par ailleurs une contribution positive du commerce au PIB début 2016, avec la livraison prévue de grands contrats (des Rafale et un porte-hélicoptères Mistral à l'Egypte, un paquebot construit aux chantiers navals STX).

Outre ces éléments ponctuels, l'institut juge que, à plus long terme, les exportateurs français sont bien placés pour bénéficier de la levée des sanctions contre l'Iran.

Il relève que la France pâtit moins que l'Allemagne du ralentissement de la Chine, car ses exportations, aéronautique et agroalimentaire en premier lieu, sont plus compatibles avec la transition en cours du modèle économique chinois vers la demande.

Globalement, la légère accélération de l'activité, combinée à l'impact des différentes mesures de soutien à l'emploi, devrait entretenir une augmentation modérée des créations d'emplois (+63.000 postes à fin juin), supérieure à la hausse spontanée de la population active.

Le taux de chômage, relativement stable depuis mi-2014, pourrait reculer de 0,1 point pour s'établir à 9,9% en France métropolitaine (10,2% avec l'Outre-mer) à fin juin, retrouvant ainsi son niveau de début 2014.

(Edité par Yann Le Guernigou)

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