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Marché : L'inflation restera faible dans la zone euro

Marché : L'inflation restera faible dans la zone euroMarché : L'inflation restera faible dans la zone euro

par Sumanta Dey

(Reuters) - La menace de déflation restera réelle dans la zone euro au cours des deux prochaines années, alimentée par la vigueur de la monnaie et par une activité économique qui restera dans l'ensemble anémique, selon des économistes interrogés par Reuters.

La Banque centrale européenne (BCE) aura d'autant plus de mal à inverser la tendance que ses propres taux d'intérêt sont déjà à ou proches de zéro.

Le taux d'inflation dans la zone euro n'était que de 0,5% en mars, son niveau le plus faible depuis novembre 2009, alors que la BCE a un objectif d'un peu moins de 2%.

Ce taux bas s'inscrit dans une tendance mondiale à la désinflation mais n'en préoccupe pas moins les observateurs, y compris le Fonds monétaire international, qui craignent une spirale de baisse des prix - la déflation - comme celle qui a plombé le Japon pendant près d'une génération.

Les 61 économistes interrogés du 9 au 15 avril tablent en moyenne sur un taux d'inflation moyen de 0,9% au deuxième trimestre 2014 comme sur l'ensemble de l'année, qui augmenterait ensuite à 1,3% en 2015. La BCE ne voit pas l'inflation atteindre son objectif avant 2016.

"La BCE est probablement un peu complaisante avec la vigueur de l'euro et son effet désinflationniste", estime Jonathan Loynes chez Capital Economics. "Elle s'attend toujours à ce que l'inflation remonte vers son objectif à la fin de l'année prochaine et en 2016, mais la réalité est que certains pays périphériques sont en déflation."

L'inflation en variation annuelle est négative en Grèce et même en Espagne, une évolution d'autant plus inquiétante que ces économies sont en phase de reprise.

Dans le même temps, l'euro, en hausse de 4% depuis le début de l'année, ne montre aucun signe de relâchement en dépit de la perspective de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire de la part de la BCE.

INACTION DE LA BCE

La banque centrale a communiqué qu'elle envisageait sérieusement des rachats d'actifs sur le modèle de ceux effectués aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Japon.

Mais les économistes doutent qu'elle aille jusque-là et, si c'était le cas, se demandent comment cet assouplissement quantitatif serait conduit.

Ils ne croient pas non plus à une nouvelle baisse de taux, seuls huit d'entre eux en envisageant une avant l'été.

L'enquête donne une prévision de croissance moyenne de 1,1% cette année dans la zone euro puis de 1,4% en 2015, sans changement par rapport au précédent sondage.

En Allemagne, principale économie de la zone, la croissance qui avait été de seulement 0,4% en 2013 atteindrait 1,9% cette année puis 2,0% en 2015.

Sauf grave escalade en Ukraine, les économistes anticipent pour le seul deuxième trimestre une hausse de 0,4% du produit intérieur brut, qui accélérerait à 0,5% au troisième trimestre.

En France, les économistes prévoient 0,8% de croissance cette année puis 1,2% en 2015, ce qui ne devrait pas suffire à ramener le déficit public sous 3% du PIB. (voir)

Pour l'Italie, troisième économie de la zone, leur pronostic est de seulement 0,6% pour cette année, davantage que lors de la dernière enquête en janvier (+0,4%) mais moins que les 0,8% promis par le nouveau gouvernement de Matteo Renzi. Pour 2015, leur estimation moyenne est de 1%.

L'Espagne confirmerait sa sortie de récession avec une croissance de 0,8% en 2014 - un peu mieux que ce qui était attendu en janvier - et de 1,3% en 2015, tout comme le Portugal où les économistes tablent sur une croissance de 1,2% cette année après la contraction de 1,4% du PIB en 2013.

En Grèce, le rétablissement s'annonce plus difficile. Les près de 35 économistes interrogés sur ce pays ne prévoient en moyenne qu'une croissance de 0,3% en 2013, moins que les 0,5% que prévoit Athènes.

En six années de récession, le PIB de la Grèce s'est contracté d'environ un quart et le taux de chômage y atteint un record de près de 28%.

(Avec le bureau Enquêtes à Bengalore, Véronique Tison pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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