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Marché : L'industrie condamnée à détruire des emplois ?

Marché : L'industrie condamnée à détruire des emplois ?Marché : L'industrie condamnée à détruire des emplois ?

PARIS (Reuters) - La poursuite des destructions d'emplois dans le secteur privé en France au troisième trimestre, à un rythme ralenti par rapport aux trimestres précédents, est essentiellement imputable à l'industrie, prise au piège de la déflation.

Plus lisible que les chiffres du chômage, l'évolution de l'emploi salarié dans le secteur marchand non agricole fait apparaître 17.000 destructions de postes sur la période juillet-septembre dont 16.500 dans l'industrie, selon de premières estimations publiées jeudi par l'Insee.

Les 5.300 créations d'emplois dans le secteur tertiaire, principalement au titre de l'intérim - auquel recourt toutefois largement l'industrie -, compensent à peine les 5.800 destructions dans le secteur de la construction.

Sur les trois premiers mois de 2013, l'industrie a ainsi détruit 47.300 postes permanents contre 17.700 sur la période correspondante de 2012 : le rythme s'est accéléré alors qu'aucun décrochage majeur de la production n'est intervenu.

"Le mouvement de restructuration et les enjeux de restauration de la productivité s'intensifient", relèvent les analystes de Xerfi qui soulignent que l'industrie est confrontée à un environnement déflationniste.

L'indice des prix à la production dans l'industrie est orienté à la baisse depuis avril 2011 et sa variation en rythme annuel s'est inscrite en territoire négatif pour le deuxième mois consécutif en septembre, tombant à -0,8%.

Confrontés à la concurrence des produits émergents sur les productions standardisées et peu sophistiquées mais aussi à celle des Etats-Unis, du Japon et des autres pays européens sur les produits à plus haute technologie et à plus forte valeur ajoutée, les industriels français doivent s'aligner.

"Quelle que soit l'arme utilisée - déflation salariale, guerre des changes, choix énergétiques radicaux comme l'exploitation des gaz de schiste -, le résultat est le même : les coûts de production baissent, les prix fléchissent et exercent en retour des pressions à la baisse sur les prix des industriels français", expliquent les analystes de Xerfi.

Avec des marges parmi les plus faibles d'Europe, les industriels français ont entamé une course à la réduction de leurs coûts.

Si l'emploi en fait les frais, le gel des projets d'investissement constitue une autre variable d'ajustement.

Les entreprises du secteur de l'industrie manufacturière ont revu en baisse leurs prévisions d'investissement pour cette année et attendent une nouvelle baisse en 2014, selon une enquête trimestrielle publiée la semaine dernière par l'Insee.

Certes, les dépenses des entreprises en produits manufacturés, comme les automobiles, ont renoué avec une franche croissance progressant de 0,9% après une contraction de 0,3% au trimestre précédent selon les premiers résultats des comptes nationaux trimestriels publiés par l'Insee. .

Mais, comme le souligne Denis Ferrand, de COE-Rexecode, les conditions d'une reprise de l'investissement ne sont pas réunies, "car il n'y a aucune évolution qui soit porteuse de l'amélioration des marges".

Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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